Jusqu’ici épargnés, certains jeunes juifs ultra-orthodoxes sont désormais obligés à faire leur service militaire. Le parlement israélien a adopté ce mercredi une loi visant à mettre un terme au système qui avait permis à des milliers d’étudiants religieux d’échapper à l’armée.

La loi a été votée par une large majorité de parlementaires. Un seul a voté contre : le député Yoni Chetboun, qui n’a pas suivi la consigne de son parti, pourtant auteur du projet de loi.

Au cours du vote, l’opposition a préféré boycotter.

Au sein des partis conservateurs, les critiques se multiplient pour dénoncer cette loi. « L’Etat d’Israël a perdu le droit de se qualifier d’Etat juif et démocratique », a regretté Moshé Gafni, membre du parti Judaïsme de la Torah. « Le monde ultra-orthodoxe n’oubliera pas et ne pardonnera pas à Netanyahu et à ses complices ce qu’ils nous ont fait », a-t-il ajouté.

Le gouvernement de son côté soutient que l’adoption de cette loi va permettre aux juifs ultra-orthodoxes de mieux s’intégrer dans la société israélienne.

A peine la loi adoptée, la contestation auprès de la justice a commencé. Une association proche des ultra-orthodoxes, qui qualifie cette loi “d’illégale et inégalitaire », a déposé un recours pour son retrait.

Le service militaire est obligatoire  pour les citoyens israéliens. Il dure trois ans pour les hommes et deux ans pour les femmes.

Depuis la création de l’Etat d’Israël en 1948, les étudiants de la Torah âgés entre 18 et 26 ans étaient exemptés de service dans l’armée.

Cette nouvelle loi, qui doit entrer en vigueur dans trois ans, punit les jeunes qui refuseraient d’effectuer le service militaire. En mars dernier, plusieurs centaines de milliers des juifs ultra-orthodoxes ont manifesté pour dénoncer le projet de loi, qualifié de « persécution religieuse ».

Alpha Oumar Diallo