Le régime de la peur qui règne depuis 6 ans en Israël vient de resigner pour un mandat supplémentaire. Quand la peur triomphe, l’espoir est au tapis.

La terreur vient une fois de plus de décider du sort des élections démocratiques en Israël. C’est avec la peur au ventre que mes compatriotes se sont rendus aux urnes, le résultat en est tellement triste.

Le peuple refuse de croire, d’espérer. il se renferme, se renfrogne et c’est tout le ciel de notre pays qui continue de s’assombrir.

Ces élections n’auront donc pas réussi à traiter les problèmes de fond, des profonds malaises de notre société, nous sommes restés à la surface, nos leaders n’ont fait que survivre, une fois de plus.

Ce ne sont pas les disparités économiques alarmantes ni les intolérables prix de l’immobilier ou encore moins nos déplorables relations avec notre premier allié les USA qui vient de trancher de notre destinée. C’est l’affolement, la trouille, l’angoisse et la terreur.

Netanyahu est parti en campagne sans même daigner écrire et publier sa plate-forme politique ne se reposant que sur ses menaces qu’il diffusait à tour de bras à chaque occasion qui lui était donnée. Sa campagne d’intimidation massive a fonctionné, il a été réélu.

L’Iran qui veut nous rayer de la carte, Dash qui se rapproche en Syrie, le Hezbollah, le Hamas dont il n’a pas été capable de mettre à pied pendant 50 jours de conflit cet été. Bibi doit sa victoire à nos ennemis. Les terroristes viennent de couronner la paresse et l’indolence du pire dirigeant qu’Israël n’ai jamais connu. Car Bibi ne fait concrètement rien, ni pour arrêter l’Iran, ni pour contrer efficacement les groupes terroristes postés à nos frontières.

Bibi ne propose aucune solution au conflit, il a viré encore plus à droite pour s’assurer les votes du camp nationaliste en promettant de ne jamais permettre l’établissement d’un État palestinien. Le point mort. Il continue à miner tous les espoirs de paix, apporte ce précieux combustible dont le Hamas est tellement friand et ne fait qu’attendre de sa part l’attisement des haines et des clivages.

Des barrières, des tribunaux, des prisons, voilà ce que notre bibi national nous construit. Il s’obstine par tous les moyens à ruiner toute chances de dialogue et pourparlers et les Israéliens ont peur, ils sont aveuglés par les menaces gonflées et exacerbées au possible par la droite à tel point qu’il ne se rendent pas compte eux même que c’est cette même droite qui attise et entretient cette haine. C’est le point mort. C’est la situation qui est la plus dangereuse, c’est quand nous cessons de croire.

Le peuple devient nationaliste et xénophobe, le ton se muscle, les langues se délient. Les libéraux se font minoritaires et les racistes paradent fièrement en route vers la prochaine Knesset.

Pour la première fois après dix ans en Israël, j’ai mal à mon pays, je me sens touché, esseulé, j’ai l’impression que l’Israël que j’ai connu est en train de disparaître. Nous sommes en train de vivre un tournant et j’ai bien peur qu’il soit difficile d’inverser la vapeur, cette machine est bien trop huilée et en permanence alimentée par des propos et des déclarations de plus en plus haineux.

Je ne reconnais plus Israël et je pense que nous faisons fausse route. Nous ne pouvons pas devenir un pays nationaliste. On ne peut pas se planquer derrière notre drapeau et notre hymne et se croire à l’abri de tous les maux.

Arrêtons de nous leurrer.

Israël n’est pas un état-nation classique, Israël est le peuple éternel, le témoin sur terre de la création de ce monde, nous avons reçu en gage un pays, et aucun de nos ennemis n’aura réussi à l’atteindre. Nous faisons aujourd’hui leur travail en nous effritant de l’intérieur.

Ce pays n’a pas le droit de devenir nationaliste, ce pays n’a pas le droit de se réfugier derrière ses symboles et son armée. Cette tentation au repli aura mené l’Europe des années 30 aux pires des dérives, et j’ai bien peur que cela soit en train de nous arriver.

Nous devons nous réveiller, nous sommes ici pour faire régner la lumière parmi les autres peuples et pour vivre dans le paix et dans la dignité, sinon, nous n’avons pas de raison d’être.