La solubilité de l’Islam dans la démocratie est un sujet de débats qui parcourt l’Europe en divisant frontalement partisans & adversaires.

A l’instar de ce qu’il n’existe pas une intelligence mais des intelligences, il n’existe pas une démocratie mais des démocraties.

L’utilisation du mot « démocratie » ne correspond qu’à un usage d’ordre général, voire générique.

De quelle démocratie s’agit-il ? De la démocratie judiciaire, de la démocratie parlementaire, de la démocratie politique, de la démocratie économique, de la démocratie électorale ou encore de la démocratie financière ? Et la liste est loin d’être exhaustive.

C’est dire si la question est faussée jusque dans sa formulation et qu’elle nécessite une approche thématique et des réponses détaillées.

En toutes hypothèses, la problématique de cette solubilité de l’Islam dans les démocraties est incongrue au regard du respect dû aux cadres librement consentis par les peuples composant l’Europe.

Soluble ou non dans les démocraties, l’Islam n’a pas à se dissoudre. Il a à respecter – comme chacun des cultes présents en Europe – l’environnement social et politique général comme l’environnement social et politique général doit respecter l’Islam.

L’un des piliers des démocraties est en effet le caractère euclidien des religions et de l’appareil public.

La religion n’a pas à s’immiscer dans le politique ni le politique à s’immiscer dans la religion. L’Islam ne saurait constituer à ce titre une exception.

Certes, des partis politiques européens à vocations religieuses existent (social-chrétiens, chrétien-démocrates, etc). Si leurs philosophies politiques se sourcent dans leurs religions, ils n’expriment jamais des propositions d’ordre public à caractère religieux.

Certes, des chefs d’Etats européens sont des chefs religieux (République fédérale d’Allemagne, monarchies parlementaires, etc). Pour autant, les autres confessions sont respectées sur un plan d’égalité et la religion du chef de l’Etat ne constitue un cadre politique quelconque.

Ces règles de Droit posées, il existe au moins deux difficultés relatives à l’Islam.

La première concerne la théorie musulmane de la religion révélée. Cette conception attribue l’exclusivité de la religion révélée à l’Islam. Elle retire tout caractère de révélation aux autres cultes monothéistes. C’est ainsi qu’un croyant chrétien ou juif est considéré en Islam comme un impie tant qui’l n’a pas embrassé la foi musulmane.

Le seconde concerne l’apostasie. L’apostasie est le renoncement public à une foi religieuse. Toute apostasie à l’Islam est officiellement punie de mort.

Au delà de toutes solubilités inutiles et virtuelles, la résolution de ces deux difficultés semble nécessaire et impérieuse.