Le président des Etats-Unis d’Amérique (USA) Donald Trump décide en mai 2018 de ne plus certifier au Congrès -comme il doit le faire tous les trimestres- le traité relatif au développement nucléaire de l’Iran. Ce traité procède du contrôle du développement de l’énergie nucléaire iranienne afin de la cantonner au domaine civil et de lui interdire le domaine militaire.

Les contrôles des inspecteurs nucléaires internationaux sur les sites iraniens s’avèrent libres, restreints, ou interdits selon la volonté des dignitaires religieux qui dirigent la république islamique d’Iran.

Les autres Etats signataires du traité s’inquiètent des conséquences de la décision du président Trump.

Sur le plan nucléaire, ils disent craindre le développement désormais non-contrôlé de l’énergie nucléaire iranienne à des fins militaires. Ces craintes semblent pour l’instant infondées compte tenu du maintien de l’Iran et de ces Etats dans l’accord international.

Sur le plan commercial, les sanctions restreignant les échanges avec l’Iran avaient disparu lors de l’agrément iranien de l’accord. Le retrait américain s’accompagne du retour des sanctions américaines contre tout commerce avec Téhéran. Les autres Etats signataires s‘inquiètent des conséquences financières de cet arrêt sur leurs économies.

Le problème de fond sépare les USA des puissances les plus importantes de l’Union-Européenne l’UE).

Les USA ne créditent l’Iran d’aucune sincérité, conservent le souvenir du sac de leur ambassade à Téhéran avec prise d’otages lors de la révolution islamique iranienne de 1979. Ils reprochent à Téhéran les menaces publiques et constantes de destruction d’Israël comme les intentions diplomatiques hostiles à l’encontre des Etats sunnites voisins. Ils considèrent par conséquent comme obsolètes et inopérantes les mesures de contrôle du développement nucléaire de l’Iran.

Les Etats cosignataires pensent aux antipodes des USA. Ils accordent à l’Iran le bénéfice du doute. Ils considèrent l’accord comme indispensable aux contrôles nucléaires. Autrement identifié : plus d’accord, plus de contrôles.

La réalité repose sur trois éléments principaux.

D’une part, un régime iranien théocratique dans lequel l’intégralité des pouvoirs constitutionnels, politiques, exécutifs, législatifs, judiciaires, militaires, de police, commerciaux, économiques et financiers appartiennent à une mega-structure dirigée par les dignitaires de l’Islam chiite.

D’autre part, une politique étrangère iranienne activée sur une diplomatie hostile aux Etats voisins et au monde musulman sunnite, favorable à la Russie, négociante avec la Turquie et réclamant de façon obsessionnelle l’élimination de l' »entité sioniste ».

Enfin, et pour faire court, la république islamique d’Iran ne respecte pas les droits fondamentaux attachés à la personne humaine, procède à des pendaisons et autres lynchages et persécute notamment les adeptes de la confession bahaië.
Ces derniers éléments ne sont qu’apparemment éloignés du sujet nucléaire. Ils semblent au contraire déterminer les choix opérés autour de cet accord nucléaire.