Le chef de l’Etat français Emmanuel Macron a exposé sa diplomatie devant les ambassadeurs. En ce qui concerne le Moyen-Orient, Paris affiche son soutien au maintien de l’accord nucléaire avec l’Iran et l’équilibre des relations entre l’Etat d’Israël et l’Autorité palestinienne.

La position française à l’égard de l’Iran contredit celle des Etats-Unis d’Amérique (USA), qui ont rompu les accords et repris les sanctions financières et commerciales à l’encontre de Téhéran. Alors que les USA ne croient plus en la sincérité du régime iranien en matière de développement nucléaire militaire, la France et l’Union européenne (UE) réclament un renforcement des contrôles sur le nucléaire militaire iranien. Ils tentent de maintenir et de développer le niveau des relations financières et commerciales avec l’Iran mises à mal par la position américaine.

Cette différence d’analyse et de traitement illustre la guerre économique et commerciale entre les USA et l’UE et la guerre financière entre le dollar américain et l’euro.

La position française et européenne subit une série de limites d’expertises.

S’agissant de l’Iran, la nature autocratique et théologique de son régime ne permet pas l’expression démocratique de sa population sur de tels sujets.

La volonté affichée par ses dirigeants avec une récurrence quotidienne sur la scène intérieure iranienne et sur la scène internationale de détruire Israël contrevient à la règle de Droit international public qui prohibe ce genre de propos comme la résolution militaire des contentieux entre Etats.

Sa présence agressive et militaire directe à proximité immédiate de l’Etat hébreu en Syrie, l’équipement et le financement de milices terroristes au Liban et à Gaza encercle la démocratie israélienne dont il convient de rappeler qu’elle subit agressions et encerclements depuis 1948.

En acceptant de renforcer et de modifier les mesures de contrôles sur le dispositif nucléaire iranien, le président français tend à valider la position américaine en admettant les imperfections de l’accord en l’état.

La France et l’UE accusent les USA de ne pas respecter leur signature sur l’accord nucléaire et les USA accusent l’Iran de ne pas respecter les termes de l’accord.

S’agissant du conflit israélo-palestinien, les désaccords entre la France et les USA sont tout aussi patents.

A l’intérieur du même processus de paix, les USA soutiennent Israël et la France soutient l’Autorité palestinienne (AP).

Les « reports » des déplacements diplomatiques français en Israël du Premier Ministre et celui du président d’une part, les mesures de rétorsions financières et diplomatiques de Washington à l’encontre de l’AP d’autre part en constituent une des percées les plus visibles.

Sur le terrain, la différence des régimes qui régissent les peuples (parlementarisme religieux en Iran et dans l’AP, démocratie parlementaire en Israël) expliquent bien des tergiversations et des empêchements à régler les difficultés en cours depuis 70 ans.

En légitime défense depuis 1948, Israël a réalisé la paix avec l’Egypte, l’AP et la Jordanie par la novation généreuse et inédite de Droit international public (DIP) consistant à offrir des territoires acquis à la suite d’agressions en échange de la paix.

Les effets de ces accords pour positifs qu’ils soient se sont pourtant avérés restreints à des accords de non belligérance.

Quelles que soient les aspirations à la paix, l’antisémitisme affiché des dirigeants religieux iraniens et du président de l’AP, les insultes et les offenses proférées régulièrement contre les dirigeants démocratiques américains et israéliens ne permettent pas la réalisation fiable et constant du dialogue pourtant indispensable.

Ce jeux diplomatique, commercial et financier tend à équilibrer l’agresseur et l’agressé, le respect et le viol du DIP, la démocratie et la dictature.

Il est différent de soutenir une démocratie aspirant à la paix et de soutenir une dictature appelant à la guerre. Il est impossible de ne pas considérer ce paramètre. La diplomatie française semble, à cet égard, souffrir d’une contradiction de fond.