Information, désinformation, ré-information… Voici des termes que l’on utilise souvent et qui représentent le fondement même de la diplomatie publique. Expliquer le point de vue d’Israël sur un ou plusieurs sujets…

C’est le domaine dans lequel j’évolue à présent, après des années de journalisme. C’est pour moi une mission ‘sacrée’ qui me permet de me participer à la défense de mon pays, mes vieilles artères ne me permettant pas d’aller sur le terrain aux côtés de nos valeureux soldats.

La diplomatie publique est une guerre de tous les instants et nécessite d’être objectif et impartial. Car, il ne s’agit pas de faire de la propagande qui, à tout le moins, serait purement et simplement rejeté par ceux à qui on s’adresse. Non, il faut expliquer les faits, les prouver et laisser « l’autre » réfléchir à ce que l’on vient de lui apprendre.

Il m’a été donné récemment de visionner une interview sur LCI de Mme Michèle Sibony, vice-présidente de l’Union Juive Française pour la paix. Pour que les lecteurs comprennent bien de quoi je parle, voici le lien auquel cette intervention peut être visionnée :

J’ai hésité à réagir aux propos de cette dame et à la finale je suis arrivé à la conclusion que je me devais de donner un point de vue différent et de rétablir certains faits. Je ne vais pas ici reprendre tous les points de l’interview mais tenter de donner une réponse globale et une approche différente.

En préambule, je voudrai préciser que ceci n’est pas une attaque personnelle contre cette dame à qui je reconnais le droit d’avoir une position différente de la mienne. Je lui reconnais aussi le droit d’exprimer son ressentiment et d’attaquer les décisions prises par un gouvernement démocratiquement élu. C’est un droit fondamental et par chance, Mme Sibony vit en France, ce qui lui permet d’avoir une liberté d’expression qui lui serait refusée dans bien des pays du monde. Il est aussi à noter que cette personne s’exprime tout à fait correctement, ce qui laisse à penser qu’elle est douée d’une grande culture et de l’ouverture d’esprit qui est sensée aller avec.

Ceci étant dit je voudrai préciser à Mme Sibony qu’Israël ne colonise pas la Bande de Gaza qui a été évacuée jusqu’au dernier centimètre en 2005. Pour information, vous trouverez aisément la définition du Petit Robert pour le mot coloniser : « effectuer une colonisation, occuper et administrer une nation étrangère ». Israël n’occupe pas la Bande de Gaza, pas plus qu’il ne l’administre. Quand à se demander si Gaza est une nation au sens de la définition internationale, je vous laisse réfléchir sur ce point.

Ceci étant posé, vous parlez de répression, de blocus etc… et vous demandez instamment dans l’interview que l’on fasse la chronologie des faits. Sauf que vous ne remontez qu’à une période très récente. Je vais donc faire pour vous ce voyage dans le temps, mais très brièvement.

En 2006, le Hamas a gagné les élections et Ismael Hanyeh a été nommé Premier ministre. En 2007, suite à des divergences de vue avec l’Autorité Palestinienne, le Hamas a expulsé tous les membres du Fatah et de facto déclaré la Bande de Gaza, zone autonome. Depuis cette période, le « gouvernement » Hamas gère la population au plan civil, religieux, juridique et militaire.

Au cours de toutes ces années, le Hamas n’a eu de cesse de détourner les aides internationales pour ses intérêts terroristes. Depuis cette période, des centaines de tunnels, de bunkers et de caches d’armes ont été construites dans le sous-sol de Gaza. Quand on sait que pour construire un tunnel de longueur moyenne il faut l’équivalent en matériaux nécessaires à la construction d’une clinique, on a compris quel était le choix du Hamas. Je vous laisse calculer les millions d’euros dépensés pour fabriquer des infrastructures terroristes ou des armes… millions qui auraient certainement servis à la population civile.

Autre petit exemple : Le Hamas a souvent attaqué et fait exploser les livraisons d’essence qui transitaient via Israël dans son territoire. Pour quelle raison ? Ainsi le prix de l’essence augmente pour cause de pénurie et le Hamas se met plus d’argent dans les poches…

Enfin, pourquoi ne demandez vous pas à l’Egypte d’ouvrir ces frontières avec Gaza ? Pour Israël devrait être responsable de cette population alors que le Hamas veut rayer Israël de la carte. En quoi serions-nous concernés plus que les Egyptiens, les Jordaniens et j’en passe. Pourquoi ne dénoncez-vous pas cela ?

Chère Madame Sibony, le but de l’ONG pour laquelle je travaille est de présenter la réalité d’Israël sous différents aspects. Je répète bien le mot réalité. Le lavage de cerveau ne fait pas partie de notre langage et de toute façon, je doute qu’il aurait eu un quelconque effet sur une personne de votre intelligence. J’aimerai donc vous inviter en Israël, Mme Sibony, vous et le comité directeur de votre association.

Ce sera pour vous l’occasion de voir ce dont personne ne parle en France ou ce que ne vous désirez pas écouter.

Par exemple, nous pourrions visiter l’hôpital Shaaré Tsedek de Jérusalem où des enfants palestiniens sont soignés dans le service de dialyse. Ces enfants et leurs parents doivent se rendre 3 fois par semaine pendant 4 heures pour les soins. Il viennent de Gaza, de Hebron, de Ramallah etc… La quasi totalité des infirmières sont juives et ont le devoir de parler arabe pour pouvoir communiquer avec les familles et les enfants. De là, nous irons à l’hôpital Wolfson de Holon, pour visiter les enfants de Gaza souffrant de malformations cardiaques. Ils sont opérés gratuitement par l’hôpital et les frais de prise en charge de la famille sont payés par une association israélienne, Save a Child Heart.

Je vous emmènerai aussi dans la zone industrielle de Barkan, près d’Ariel. Certes, c’est ce que vous appelez une colonie. Mais si vous dépassez ce point juridique sur la légalité de ce territoire, vous pourrez rencontrer des centaines d’ouvriers palestiniens qui travaillent aux côtés de « colons ». Ici, point d’agressivité ni de haine. Chacun travaille pour nourrir sa famille. Les salaires sont les mêmes, la protection sociale aussi.

Nous pourrions aussi aller nous promener à Nazareth où vous pourriez rencontrer le père Gabriel Naddaf qui vous parlerait de l’oppression des Chrétiens par la population musulmane. Pour lui, la seule protection contre ce qu’il appelle un génocide vient d’Israël.

Mais il ne faudrait surtout pas oublier de passer par les villes côtières d’Askelon et d’Ashdod afin que vous puissiez constater de leur état d’esprit face aux tirs incessants de missiles depuis la Bande de Gaza.

De là et comme ce n’est pas très loin, nous demanderons à l’armée de vous donner une information détaillée de la situation et du passage de la population de Gaza en Israël via le point de passe d’Erez. Ensuite, nous descendrons plus au sud pour le point de passage de Keren Shalom. Là, vous pourrez compter le nombre de camions qui sont transférés quotidiennement dans la Bande de Gaza chargés de produits pour la population. Ce passage, que vous le sachiez, n’a été fermé que très rarement, et chaque jour ce sont des centaines de véhicules qui passent pour approvisionner les gazaouis.

Et je passe la fourniture d’électricité et eau que les pays voisins pourraient facilement fournir à Gaza. Mais personne ne veut se charger de cette mission nécessaire à la survie de la population… à part Israël.

Enfin, et si vous avez encore un peu de temps, vous rencontrerez les officiels israéliens qui vous expliqueront leur point de vue.

Vous nous excuserez si nous ne vous faisons pas visiter les territoires palestiniens mais cela n’est pas de notre ressort. Ceci étant, je suis persuadé que si vous en émettez le souhait, des dizaines d’organisations pro-palestiniennes se feront un plaisir de vous faire la même proposition que nous.

Chère Madame Sibony, ma proposition est sérieuse et s’adresse d’ailleurs à ceux qui, comme vous, semblent fonder leur jugement sur des informations en monochrome. Je ne souhaite pas vous convaincre… juste vous faire prendre conscience qu’il faut avoir vu pour pouvoir dire « je sais ». Comme disait le talentueux Montaigne : Instruire c’est former le jugement.

Soyez Mme Sibony, la bienvenue en Israël !