Instabilité
Binyamin Netanyahou sait qu’il ne gagnera pas les prochaines élections. Dans les sondages, son parti, le Likoud, est descendu en dessous de 20 sièges (pour 32 sortants), et le bloc de droite se situe aux environs de 50 mandats. Ce qui ne veut pas dire que l’opposition a gagné.
D’ores et déjà, on sait qu’elle aura beaucoup de mal à atteindre les 61 voix à la Knesset nécessaires pour former une majorité. Mais jusqu’à une date récente, les sondages la créditaient de 57 à 59 sièges, lui permettant d’envisager la formation d’un gouvernement minoritaire bénéficiant du soutien ou de l’abstention d’un ou plusieurs partis arabes (qui emporteraient une douzaine de sièges). Ce n’est plus le cas. Du fait que les sondages ne lui accordent plus qu’une cinquantaine de sièges et qu’en son sein, des dirigeants comme Avigdor Liberman ont déclaré qu’il ne siègeraient pas dans un gouvernement dépendant des partis arabes.
Il reste encore des incertitudes sur les scores qui permettront ou non au parti de droite d’Ofir Winter et à la liste « entre les deux blocs » des réservistes et de l’économiste Yaron Zelekha de franchir le seuil d’éligibilité (3,25 %). Mais dans l’état actuel des estimations, la probabilité grandit de l’impossibilité de former un gouvernement.
C’est d’ailleurs dans cette perspective que se situe Binyamin Netanyahou. Á la suite des négociations qui dureront jusqu’à la fin de l’année civile, la Knesset serait dissoute automatiquement et des élections auraient lieu en mars-avril. Compte-tenu des négociations post-électorales, le gouvernement actuel resterait en place comme gouvernement de transition jusqu’en juin 2027.
Binyamin Netanyahou estime qu’il serait en meilleure position pour emporter les prochaines élections. On ne voit pas comment. Il y a une autre hypothèse. Celle où Binyamin Netanyahou, pendant la période qui suivra le 27 octobre, engagerait des négociations avec le président de l’État pour aboutir à un accord (une forme de « plaider coupable »), une amnistie signifiant la fin à son procès. Dans cette hypothèse, il mettrait dans la balance son engagement à quitter la vie politique. En tout état de cause, en l’absence d’un verdict clair des électeurs, le pays entrerait dans une période d’instabilité.
Une instabilité politique qui s’ajouterait à l’instabilité militaire, à l’instabilité diplomatique et à une instabilité économique qui n’est peut-être pas aussi lointaine qu’on veut bien le penser. L’instabilité, cet autre nom de la crise d’un système.
