Il est trois heures trente du matin, pour être plus précis je devrais dire qu’il est 3h 30 en pleine nuit.  L’insomnie a ses règles et l’ennui est son supplice. Je ressasse des vieux souvenirs que durant la journée je n’ai ni le temps ni l’envie d’évoquer et le plus souvent je m’efforce même de les oublier.

Cette fois l’objet de mes tourments est ma présence en Israël, je me dis : mais qu’est-ce que je fous ici, ai-je vraiment ma place ?

J’ai l’impression d’être un ‘sans papier’  dans mon propre pays. Je déambule, je titube, les rues n’ont pas de souvenirs dans ma mémoire, je suis qu’un étranger. Après de longues heures à m’épuiser, à compter des moutons, à égorger des moutons, à me couvrir puis à me découvrir, à gigoter, à transpirer, à rêver à des choses merveilleuses, à y croire puis à ne plus y croire, je finis par me retrancher sur de la musique.

Je me souviens d’un type rencontré par hasard à la radio. Il parlait d’une voix douce de notre patrie commune, du peuple juif et de son inéluctable retour a Sion. Il parlait des nations qui finiront par ouvrir les yeux, il parlait de Dieu, il parlait d’évidence.

Il parlait de Jérusalem comme une mère aimante, sage et affectueuse, fraternelle de toutes les autres villes du monde.

Il ne m’a fallu que deux clics pour entendre à nouveau sa voix. Sur un rap mélodieux je l’écoutais chanter des phrases comme d’autres rassurent d’un regard bienveillant. Il disait des mots qui touchent le cœur et le cœur se fêle et s’emballe au triple galop.

Il nous invite à être heureux, panse nos plaies, nous console, nous affirme que nous ne serons plus jamais seuls puisque nous avons Israël notre terre.

J’écoute SHMOOLIK & SAADYA – Retour A Sion #RAS.

Ils portent l’amour et un message de paix comme d’autres brandissent un glaive. Ecouter cette chanson sur un champ de bataille et il est fort probable que les guerriers vous tendront des fleurs, faites jouer SHMOOLIK & SAADYA – Retour A Sion sur la lune et quelque chose prendra vie.  Et pourtant ils sont forts et sûrs d’eux. D’une certitude si évidente qu’ils ne font que sourire. Ils ne craignent rien, ils n’ont peur de rien puisqu’ils ont Hachem à leur coté et la paix en point de mire.

La musique s’arrête les mots se font silence, je suis calme, apaisé,  je souris. Je pense même pouvoir me rendormir comme dorment probablement les justes. Je sais désormais avec certitude qu’avec un peu d’imagination, on peut très bien vivre toute sa vie en une nuit en une seule chanson.

J’avais un doute, je craignais de me laisser aller à la haine, l’humiliation, la violence et pourtant ce soir-là grâce à SHMOOLIK & SAADYA je  n’ai jamais ressenti autant d’humanité.

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Article écrit par Eric Zerbib et publié sur Shmoolik pour Jerusalaime