Texte intégral du discours de Netanyahu du 19e anniversaire de Rabin.

Yitzhak Rabin a déclaré peu avant son assassinat : « Jérusalem est nôtre, elle est nôtre et le restera pour toujours ».

L’assassinat du Premier ministre Yitzhak Rabin est un point faible dans l’histoire de notre peuple, un acte ignoble et méprisable qui menaçait de nous entraîner dans les abîmes de l’autodestruction.

C’est une tragédie personnelle qui touche un individu ; c’est une tragédie familiale ; et c’est une tragédie nationale. C’est également un danger pour la démocratie israélienne, et nous devons rester vigilants en tout temps.

Les désaccords et les divergences d’opinion, même lorsqu’ils sont importants et pointus, ont toujours existé et existeront toujours.

Il n’y a pas de démocratie sans véritable débat, qui peut être ardent et profond à certains moments, mais à une condition : que les limites de l’argumentation soient maintenues, que la liberté d’expression ne soit pas bafouée et que personne ne se dresse jamais contre son compatriote pour le tuer.

Même quand il y a désaccord, et je dirais surtout quand il y a désaccord, l’unité du peuple autour de notions fondamentales – cette unité est un atout sans pareil. Nous avons pu témoigner de cette unité l’été dernier, pendant les jours de combat contre nos ennemis.

Nous avons vu combien elle est importante et combien de force elle nous donne, et nous avons besoin de cette même unité maintenant afin de relever les défis, nationaux et étrangers, avec détermination et succès.

S’il y a une idée autour de laquelle nous sommes tous unis depuis des centaines et des milliers d’années, c’est Jérusalem.

Jérusalem est différente de la plupart des capitales du monde : elle n’est pas seulement une capitale, elle est notre cœur et âme et le fondement de notre existence en tant que nation souveraine.

Dix jours avant son assassinat, lors d’une célébration des 3 000 ans de Jérusalem comme capitale d’Israël, Yitzhak Rabin a déclaré : « En Israël, il existe un sujet sur lequel nous ne sommes pas en désaccord – l’entité de Jérusalem et sa pérennité et le renforcement de la capitale d’Israël.

Il n’y a pas deux Jérusalem ; il n’y a qu’une Jérusalem. En ce qui nous concerne, Jérusalem n’est pas un sujet de compromis et il n’y a pas de paix sans Jérusalem. Rabin a souligné plus tard, « Jérusalem était nôtre, elle est nôtre et restera nôtre à jamais ».

Chers invités, au cours des derniers mois, et surtout au cours des derniers jours, nous avons assisté à une campagne d’incitation sauvage contre l’Etat d’Israël, dirigée par Abu Mazen et ses acolytes du Hamas.

Les terroristes du Hamas mènent des attentats terroristes et Abu Mazen leur envoie des lettres de condoléances. Eh bien, je tiens à exprimer mes condoléances depuis ce podium à la famille de l’officier Jedan Assad de la police des frontières, et je souhaite un prompt rétablissement aux blessés.

Ce front de haine est dirigé contre nous tous. Il veut nous écraser tous. Face à ce front, des gens essaient de trouver le coupable parmi nous. Au lieu de cela, nous devons être solidaires et dire clairement et sans excuses : la Jérusalem unifiée est notre capitale et le restera. Nous sommes dans une bataille pour Jérusalem.

Ce peut être une longue bataille. Je suis certain que nous serons victorieux. Pour certaines personnes, la question de la souveraineté d’Israël à Jérusalem est un instrument de lutte politique. Notre présence à Jérusalem, la capitale du peuple juif depuis 3 000 ans, est appelée une provocation. Ils veulent tout simplement nous déraciner d’ici.

Ils essaient de réécrire l’histoire, de nier notre courageuse affinité pour Jérusalem et prétendent que nous désirons changer le statu quo sur le mont du Temple, répandons des mensonges et voulons nous en prendre à la mosquée Al-Aqsa, la détruire, ou modifier les dispositions de prière pour les musulmans sur le mont.

Il n’y a pas plus grand mensonge que cela. C’est une calomnie d’extrémistes et elle doit être considérée dans le contexte de ce qui se passe aujourd’hui au Moyen-Orient.

Différentes parties de la région contaminées par le terrorisme, ou qui aspirent à créer un califat islamique sous une forme ou une autre, sont les premières à attiser les flammes de l’incitation. Ce qui est le plus absurde, c’est qu’ils se plaignent au sujet d’Israël.

Le seul pays qui, par principe, protège méthodiquement les lieux de culte de toutes les religions – ils se plaignent de nous ? Je veux dire, qui protège et qui détruit ?

Nous l’avons vu dans le passé en Afghanistan lorsque les talibans ont détruit des lieux saints et nous le voyons aujourd’hui en Syrie et en Irak, où des fanatiques de l’EIIL détruisent des mosquées en masse. Dans ces pays, tout lieu saint pour d’autres religions ou même différentes sectes connaît le même sort – la destruction.

Il se trouve que la violence sans bornes marche main dans la main avec l’intolérance religieuse. Nous ne laisserons pas les extrémistes et les fanatiques enflammer Jérusalem. Nous répondrons à toute tentative visant à porter atteinte à l’ordre et la stabilité de la capitale d’Israël avec une poigne de fer. Jérusalem restera une ville unifiée pour tous ses résidents.

Aucun pays dans le monde n’est prêt à échanger sa capitale. Yitzhak Rabin a dit la même chose quand il a établi son gouvernement il y a 22 ans. « Le gouvernement est résolu, » a-t-il affirmé, « sur le fait que Jérusalem n’est pas sujet à débat.

Les années à venir seront marquées par une expansion de la construction dans la Grande Jérusalem. Tous les Juifs, aussi bien religieux que laïcs, jurent : ‘Si je t’oublie, ô Jérusalem, que ma [main] droite m’oublie ! ». Que ces mots de Yitzhak Rabin nous servent de phare et que sa mémoire soit bénie.