Au départ je voulais parler de Bernard-Henry Lévy, et la vision très différente que les gens peuvent avoir de lui en Israël et dans les pays francophones où il est assez unanimement détesté par ceux qui le connaissent, non qu’il soit juif, mais juste qu’il soit très prétentieux et suffisant.

Je vais plutôt parler un peu de ce qui m’a amené à animer un blog en Israël.

Issu d’une famille juive qui a traversé la guerre sous les bombes nazies et qui pour survivre se cachait dans les caves tout en portant l’étoile jaune. Donc, j’ai été élevé avec la peur au ventre de l’antisémitisme et du retour du nazisme, dans un pays qui a activement collaboré à l’effort de guerre allemand et qui a été libéré qu’ils le veuillent ou non par les Soviétiques.

C’est un sujet que je connais de l’intérieur, contrairement à beaucoup de gens que j’ai côtoyés qui en parlaient comme s’ils en faisaient une étude botanique. Ces gens qui en parlent de l’antisémitisme étaient anti antisémites, parce que c’était dans l’air du temps.

Je dois dire qu’à titre personnel je n’ai jamais souffert d’antisémitisme autant en Hongrie où j’ai vécu ma prime jeunesse, ou en Suisse où je vis depuis.

Je dois rajouter que j’ai beaucoup plus entendu des paroles anti-communistes que des paroles antisémites. Aussi étonnant que cela puisse paraître, mon grand père et ma grand-mère se sont installés en Allemagne fédérale où ils ont paisiblement fini leurs jours comme des citoyens allemands lambdas.

Mon grand-père était très religieux, d’ailleurs il parlait couramment le yiddish et l’allemand de ses ancêtres et il a participé à toutes les activités de la communauté juive de sa grande ville.

On ne m’a jamais élevé dans une religion quelle qu’elle soit, certainement par la peur de ce qui est arrivé aux juifs. Alors, j’ai appris à très bien connaître la religion catholique ayant étudié pendant 3 années dans un internat catholique. Ce qui fait qu’aujourd’hui c’est la religion que je connais le mieux.

Et ce qui va m’amener à une première réflexion certainement très atypique pour un pays qui semble très religieux vu depuis l’extérieur comme Israël. Je me suis rendu compte que finalement les religions, au lieu d’être des « liens » avec Dieu, sont surtout des vecteurs de dissensions et de guerres.

Dès le moment que l’on déclare que son Dieu personnel est le seul valable, on est très vite mal partis ! Etant épris de justice et de paix, j’ai beaucoup de peine à avoir les yeux de Chimène pour Israël.

Entre parenthèses, mon père est allé vivre en Israël en 1948, mais était retourné en Hongrie, pour des raisons mal élucidées, mais qui n’avaient rien à voir avec la politique. Il y a gardé des amis, mais n’y est plus retourné depuis longtemps.

Comme vous pouvez le constater dans ce premier texte, je n’ai pas l’intention de tenir un blog obséquieux, mais de poser les questions qui dérangent si on me laisse libre cours à mes réflexions.

Gabor Fonyodi