Insurrection de la préfecture de Paris…Le premier ministre Manuel Vals a célébré au cours d’une prise d’arme, le soixante dixième anniversaire de l’insurrection de la police parisienne qui déclencha, le début du soulèvement des parisiens. C’était le 19 août 1944. Paris sera libéré le 25 août, par la deuxième DB de Leclerc et la 4ème division d’infanterie US.

Deux ans et un mois auparavant, le 17 juillet 1942, les mêmes policiers quadrillaient à l’aube les rues de Paris. Encadrés par leurs supérieurs, ils réveillaient des gens apeurés, des familles entières. Leurs pas lourds dans les escaliers et les coups violents sur les portes, ajoutaient à la terreur des juifs étrangers qui allaient êtres expulsés avec brutalité de leurs misérables logis. Le pays des droits de l’homme allait commettre l’irréparable.

La France sera le seul pays occupé d’Europe occidentale qui aura autant collaboré à la chasse aux juifs.

A Paris les raflés vont subir un calvaire, toujours gardés par cette police parisienne aidée par des renforts de GMR, parqués plusieurs jours sans eau ni nourriture, sans hygiène, dans le Vélodrome d’hiver. La suite tout le monde la connaît : 13152 raflés, dont 4115 enfants, moins de cent personnes survécurent et aucun enfant.

Pareil à un collabo qui cachait des juifs en voyant la défaite arriver. La police de Paris s’est lavé de son passé collabo en déclenchant le soulèvement de Paris. Elle a ajouté la fourragère à son uniforme au titre de son insurrection

Pourtant, ce n’est pas que la police parisienne qui agit ainsi, le 17 juillet 1942 et le Veld’Hiv dissimule une rafle à l’échelon européen. L’opération « Vent de Printemps » imaginée par les nazis devait permettre d’arrêter 110.000 juifs, en France, Pays Bas et Belgique.

La France entrée dans la collaboration active prendra les choses en main. Le nouveau secrétaire de la police française, brillant arriviste montra toute son efficacité et prouva à ses supérieurs leur bon choix. René Bousquet alla au de là des demandes de la Gestapo en raflant les enfants en bas âge, humainement, il ne fallait pas les séparer des parents.

Les 18 et 19 juillet ce sont les juifs de la Marne qui sont raflés.

Pouvait-il en être autrement en 1942 ? Oui, il suffisait d’obéir sans zèle, certains l’ont fait tournant le dos aux fugitifs qui s’échappaient. Mais la grande majorité a agi avec force et détermination, avec férocité et brutalité. Insensible aux détresses, insensible à l’innocence des enfants livrés à la terreur dans les bras des mamans. C’étaient les mêmes hommes qui devinrent ces résistants des dernières heures.

Lorrain et fier de l’être, dans notre région les allemands ont longtemps été appelés les BOCHES. C’est une aversion naturelle qui se transmettait de génération à génération depuis 1870.

A Nancy, l’ordre de rafle parvient le 18 juillet 1942 au service des étrangers de la préfecture de police, les arrestations doivent avoir lieu le lendemain. Le responsable de ce service Edouard Vigneron, convoque aussitôt tous les policiers qu’il peut joindre. Il leur ordonne de faire fuir tous les juifs concernés. Cette tache leur est d’autant aisée que c’est eux qui ont enregistré les familles et fourni les cartes de séjour.

La police part aussitôt en chasse et prévient les intéressés qu’ils connaissent bien souvent pour les avoirs reçu dans le service. Ils n’hésitent pas à les accompagner à la Gare et leur faire remettre des tickets et des laisser passé pour la zone libre. Des policiers ont même abrité chez eux des juifs, le temps qu’ils trouvent un refuge sûr.

Le lendemain la rafle est un fiasco, seuls quelques familles sont prisent, celles qui n’ont pas cru les policiers et pensé à une provocation. Les policiers lorrains ont sauvé 350 juifs sur les 385 concernés, seuls 32 seront arrêtés.

Edouard Vigneron, chef du service des étrangers de la préfecture de Nancy, Charles Bouy, François Pinot et Charles Thouron ont reçu la Médaille de Juste parmi les nations de Yad Vashem.

A l’inverse René Bousquet sera traduit à la libération devant la haute cours de justice. La république le fait passer en justice en 1949, il est alors l’avant dernier inculpé comparaissant devant cette juridiction. Les temps ont changé, c’est la guerre froide et la France veut éviter de réveiller son passé. Inculpé pour : Atteinte aux intérêts de la défense nationale ! Il est acquitté, mais est condamné à cinq ans d’indignité nationale : Il en fut « immédiatement relevé pour avoir participé de façon active et soutenue à la résistance contre l’occupant ».

Bousquet de par ses fonctions avait-il des dossiers compromettant sur des personnalités politique ou économique en sa possession ? En 1957, le Conseil d’État consentit à lui rendre sa Légion d’honneur, et l’ancien secrétaire général à la Police de Vichy fut même amnistié le 17 janvier 1958.

Sa carrière financière l’amènera à siéger au conseil d’administration d’Indo Suez dont il fut contraint de démissionner après les révélations du Canard Enchaîné et les preuves fournies par Serge Klarsfeld.

Bousquet fut le moteur de ces déportations, les policiers français ses petites mains.

L’affaire de la rafle de Nancy montre que les petites mains quand elles bougeaient, pouvaient annihiler les plans des responsables.

La fourragère rouge portée sur la tenue d’apparat des policiers de la préfecture de Paris, est rouge du sang de leurs victimes juives de 1942 !!!!