Plusieurs événements récents mettent en lumière l’échec de l’orientation des dirigeants israéliens actuels.

Pour faire simple, il s’agirait de “gérer” l’occupation et de profiter du contexte international pour développer les implantations d’une part et d’autre part, les relations avec des pays sunnites de la région ainsi que les contacts avec l’Afrique, sans parler de la Chine et de l’Inde.

Le report annoncé à la mi-septembre du sommet israélo-africain de Lomé (Togo) est un coup dur pour la diplomatie israélienne. Il démontre, et ce n’est pas la première fois, la non pertinence de la conception selon laquelle il est possible de dépasser l’alignement systématique derrière la cause palestinienne de nombreux pays africains (et arabes), et ce même sans avancée notable des négociations israélo-palestiniennes.

Autre “défaite cinglante”, deux semaines plus tard, l’adhésion de la Palestine, malgré l’opposition acharnée d’Israël, à Interpol – l’organisation internationale de coopération policière – par 75 votes sur 133. Ce vote traduit tout d’abord une érosion de la position israélienne à l’international puisque l’an dernier il manquait des voix à la Palestine, alors que cette fois elle est largement passée, même s’il ne s’agit pas d’un vote triomphal.

Ce qui est non moins important à nos yeux, c’est que cela met à mal l’assertion israélienne selon laquelle nombre de pays de la communauté internationale, notamment arabes, africains et asiatiques, soutiendraient Israël, du moins en secret, mais n’oseraient pas l’afficher publiquement. Or, le vote à Interpol se déroulait à bulletins secrets…

Cette lecture erronée de la situation internationale se retrouve au plan intérieur, s’agissant de la position de la population palestinienne vis-à-vis de l’occupation avec laquelle elle s’accommoderait au final tant bien que mal. Les trois Israéliens tués à Har Adar et le blessé grave témoignent des limites de cette approche.

Il faut savoir par ailleurs que dans les deux semaines qui ont précédé cet attentat, 48 Palestiniens ont été blessés au cours de divers incidents ; 21 habitations ont été détruites ; 50 réservoirs d’eau ont été confisqués, ainsi que du bétail et des excavateurs ; un ordre d’évacuation a été transmis à la totalité du village de Khan al-Ahmar, à l’est de Jérusalem.

L’armée a pénétré deux fois à Gaza ; 10 échanges de tirs ont été décomptés. Au total, 152 Palestiniens ont été arrêtés.

Ne parlons pas des 400 oliviers dégradés ; des contrôles certes à visée sécuritaire mais souvent humiliants ; du bouclage des Territoires pendant les fêtes juives. Plus de 10 jours en continu à l’occasion de Soukkoth, ce qui n’a pas été le cas les années précédentes, la fermeture intervenant pour le début et la fin de la fête.

La majorité des Israéliens ignorent cette réalité, en rien exceptionnelle et qui se répète de semaine en semaine ; elle ne perçoit pas le bouillonnement qui ne demande qu’à éclater. Significatif est le calendrier des faits rapportés, tant en matière diplomatique que sécuritaire, deux semaines environ à compter du 12 septembre 2017…

Espérons que l’année à venir connaîtra une inflexion de cette course folle et que toutes les parties prenantes finiront par comprendre qu’il ne peut y avoir d’occupation qui soit douce et acceptée par ceux qui la subissent sans perspective d’en voir la fin.