L’autre jour un citoyen israélien, en pleurs, a frappé à la porte du consulat ; il devait repartir en Israël, son passeport était endommagé et on ne le laissait pas prendre l’avion. Il est père de dix enfants.

Étant en conflit de travail avec le ministère israélien des Finances, nous avons dû, le cœur gros, refuser de l’aider.

Nous avons coupé tout contact avec l’ONU ou toute organisation internationale, avec tous les ministères des Affaires étrangères dans le monde ; nous ne nous parlons plus en public et ne préparons plus de visites officielles, même le Pape a dû annuler la sienne.

En effet, les employés du ministère israélien des Affaires étrangères et les diplomates israéliens à l’étranger ont décidé depuis le 4 mars courant de renforcer leur mouvement de grève.

Pourquoi portons-nous atteinte à l’image d’Israël ?

Justement parce que nous aimons notre pays et notre travail, mais après 7 longs mois de négociations, le ministère des Finances a fait échouer le processus de médiation mené par le Dr. Adler, l’ancien juge en chef de la Cour du travail.

Si je proposais à quelqu’un qui finit sa maîtrise en Sciences Politiques, quelqu’un qui parle couramment 7 langues, de devenir diplomate, de partir tous les 2 ou 4 ans à l’étranger pour 4 ou 5 ans pour défendre et promouvoir les intérêts essentiels de l’État d’Israël, je suis sûr qu’il accepterait sans hésiter.

Mais si je lui expliquais que son ou sa conjoint(e) ne pourra pas avoir de carrière, que ses enfants devront souvent changer d’école et d’environnement culturel et qu’il ne verra que sporadiquement sa famille en Israël, est-ce qu’il accepterait si facilement ?

Si je continuais et lui racontais qu’après dix ans de carrière, à son retour en Israël, il ne gagnerait que 7,000 Shekels brut et qu’il sera le seul soutien de famille, qu’à l’étranger nous sommes en danger quotidien, cible des organisations terroristes et que nos salaires n’ont pas été indexés au niveau de la vie depuis 12 ans, il me regarderait de travers.

Alors pourquoi ai-je choisi cette carrière ?

Par sionisme, tous les jours je suis en contact avec les formidables membres de la communauté juive de Montréal, tous les jours j’aide des compagnies israéliennes à ouvrir de nouveaux marchés, tous les jours je combats le BDS dans les universités et explique nos positions dans les médias et auprès de politiciens.

Nous les diplomates, sommes le « dôme de fer » civil de l’État d’Israël, alors pourquoi gagnons-nous deux fois moins que nos collègues du ministère de la Défense ?

Je crois en mon pays et en ses citoyens et je continuerai à le défendre par vents et marées, mais en rentrant en Israël, quand j’irais à l’épicerie du coin, mon sionisme ne paiera pas ma facture.

J’ai 8 enfants, trois sont loin de nous en Israël; notre fils est rentré cette semaine à l’armée, nous n’étions pas là pour l’accompagner, car nous sommes loin de lui, c’est le prix à payer pour défendre notre chère patrie, mais le ministère des Finances s’évertue à nous ignorer.

C’est pourquoi, nous n’avions pas le choix et nous devions prendre des mesures radicales pour faire connaître notre situation.

La diplomatie est importante pour chaque État au monde mais plus encore pour un pays comme Israël, soumis à tant de défis cruciaux sur la scène internationale.

Espérons que nos actions auront le mérite de faire prendre conscience des conditions de travail difficiles auxquelles nous sommes soumis, aussi bien à l’échelle internationale qu’en Israël.