Non, nous ne sommes pas en train de nous embarquer dans le targum d’une fable inconnue de Jean de La Fontaine.

Ce commentaire allégorique m’a cependant été inspiré par une grande réunion qui s’est tenue il y a quelques temps sur les bords du lac Léman, à Genève.

A l’instant où vous lirez ces lignes, il est toutefois possible que le Canari, le Crocodile ou l’Aigle aient connu entre temps des fortunes diverses.

L’événement motivant mon propos a réuni d’un côté les 5 grandes puissances du Conseil de Sécurité de l’ONU + l’Allemagne, de l’autre, l’Iran.

L’objet de leurs « âpres » discussions n’était autre que le controversé programme nucléaire iranien, soupçonné de masquer le développement d’armes atomiques.

Le « pseudo » accord qui a finalement été annoncé au monde met en scène plusieurs protagonistes qui à mon sens peuvent se réduire à trois acteurs clés : Le canari, le crocodile et l’aigle.

Le Canari : Il y a plus de 11 ans, j’ai lu un article particulièrement pertinent à propos du danger de l’antisémitisme et de ses ramifications mortelles. Le journaliste Jeff Jacoby parlait presque prophétiquement lorsqu’il écrivait :

Il est souvent dit que les Juifs sont en quelque sorte le canari de la         « mine de la civilisation ». Quand ils deviennent l’objet de haines et de persécutions sauvages, cela signifie que l’air est devenu malsain, empoisonné, et que « l’explosion » est imminente. Si les européens ne se réveillent pas promptement pour agir contre ceux qui haïssent les Juifs, il n’est qu’une question de temps avant que ces derniers se lèvent pour se retourner contre eux.

L’idée que les Juifs représentent le canari dans la mine de charbon de notre civilisation est on ne peut plus simple, mais proprement terrifiante. En effet, à une certaine époque, dans les mines de charbon, les mineurs emportaient avec eux des cages avec des canaris. Ces cages étaient placées au plus prés des mineurs taillant la roche. Tout en poursuivant leur travail, ceux-ci gardaient un œil vigilant sur les petits oiseaux. Si du gaz s’échappait subitement de la zone forée, le canari était le premier à en ressentir les effets et mourrait. Les mineurs en étaient aussitôt alertés et évacuaient la mine sans tarder, sous peine de mourir dans une explosion de grisou.

En 2002, les Juifs ont été appelés « les canaris de la mine de la civilisation » parce que leur perception affinée des bouleversements du monde constituait un réel avertissement adressé à tous. Ce qui pouvait les affecter en ces jours-là risquait fort d’atteindre également la civilisation occidentale à un moment ou un autre.

Aujourd’hui, plus que jamais auparavant, nous voyons se former une large coalition d’ennemis hostiles aux Juifs, issus de tous les horizons et de beaucoup de pays, de telle sorte qu’il serait une grave erreur de faire fi de ces signes avant-coureurs, car les ennemis des Juifs ne visent pas la seule destruction d’Israël. C’est la grâce de Dieu seule qui a permis au canari de survivre jusqu’ici (Jérémie 31:35-37), mais les occidentaux ne semblent pas tenir compte des grondements inquiétants provenant de la mine. Ils ont perdu de vue le canari, le mettant lui-même en danger de se faire dévorer par le crocodile.

Le Crocodile: Pour bien comprendre la leçon à propos du crocodile, il nous faut revenir quelques années en arrière, en Europe, en 1938. Le 30 septembre, le Premier ministre britannique, Neville Chamberlain, était envoyé à la rencontre d’Hitler à Munich pour conclure ce qu’il est commun d’appeler les Accords de Munich. Ce traité permit alors à l’Allemagne nazie de se renforcer, se réarmer et s’organiser au nez et à la barbe des Alliés qui ont eu la folie de s’imaginer pouvoir conclure avec Hitler par la seule diplomatie. L’histoire leur a donné tort et, dans ce cas précis, l’apaisement prôné a été synonyme de faiblesse et même de couardise.

C’est Winston Churchill qui affirmait : « Celui qui cherche l’apaisement est comme celui qui nourrit un crocodile dans l’espoir qu’il (le crocodile) le mangera plus tard ». Le sens est clair. Qui donc est assez fou pour nourrir un crocodile en prétendant que cela est sans danger, voire pire, tout en s’imaginant, en même temps, pouvoir de cette façon dompter cet animal féroce ?

Il y a 70 ans, le crocodile était l’Allemagne nazie d’Hitler. Aujourd’hui, le crocodile est iranien et a pour guide suprême l’Ayatollah Khaménei. Ce qui s’est produit à Genève n’est autre que la pire manière de nourrir le crocodile. L’allègement des sanctions contre l’Iran par les Occidentaux, sans réelles contreparties, constitue une très grave erreur et pourrait conduire à très court terme à une tragédie au Moyen-Orient. Le délai négocié de 6 mois, avant toute renégociation, aura permis entre temps à la théocratie iranienne d’atteindre ses ambitions nucléaires militaires. Les dispositions qui ont été discutées ne sont en définitive que des propositions au conditionnel nullement assorties d’engagements de quelque sortes.

Si bien que pour l’heure, l’Iran ne s’est engagé sur RIEN et peut continuer à enrichir son uranium comme auparavant. Et nous savons qu’ils ne se priveront pas de le faire. En fin de compte, peu importe le temps nécessaire que l’Iran se donne pour y parvenir, ils continueront leur programme nucléaire et, si nécessaire, feront valoir en toute bonne foi les clauses négociées avec des pays qui très naïvement ont laissé faire. Nous sommes maintenant en février 2014 et l’Iran a déjà  prouvé ne plus être intéressé par les accords de Genève. Leur pseudo intérêt n’était donc qu’un mensonge pour gagner du temps.

Pendant ce temps, pas à pas, ils se rapprochent du point de non retour pour obtenir la « bombe ». Israël le sait. La France semble aussi en être consciente (ce qui n’est pas habituel de le dire). Même l’Arabie Saoudite voit le crocodile se préparer à un horizon pas si lointain, si bien que de nouvelles alliances se forgent et pourraient surprendre plus d’un.

Soyons clairs. Le crocodile en veut au canari, mais celui-ci ne saurait satisfaire son appétit vorace. Nous savons que la bête en veut davantage, ce qui nous amène à parler de l’aigle.

L’Aigle: Je possède à mon bureau une magnifique peinture représentant un aigle dominant un drapeau américain. Je peux le voir tous les jours et il me rappelle combien j’apprécie vivre dans ce que je considère encore comme l’un des plus grands pays du monde L’aigle est un symbole de puissance, d’endurance, de majesté. Il est à présent l’oiseau, l’emblème national des Etats-Unis, depuis son introduction et son adoption par le Congrès en juin 1872.

Il est aussi visible sur le blason du Président des Etats-Unis. Je dois reconnaître que le pygargue à tête blanche (l’espèce d’aigle en question) représente un symbole parfait de l’Amérique et de ses valeurs, du moins jusqu’à récemment.

Malheureusement, je crains de devoir affirmer que l’Amérique n’est plus la superpuissance numéro un dans le monde. Je ne saurais dire qui l’a remplacée à ce jour, mais nous ne sommes certainement plus les chefs de file d’un monde en quête de modèle et de valeurs. Et cela, l’Iran le sait parfaitement.

L’aigle américain semble avoir du plomb dans l’aile, affichant ses faiblesses sans rapport avec son image. Si on me le demandait, je dirais que l’oiseau emblématique des Etats-Unis ressemble de plus en plus à un canard boiteux et de moins en moins à l’aigle, fierté de la nation. Quoiqu’il en soit, je crois sans l’ombre d’un doute que Dieu demeure au contrôle de la situation. Même si bien des choses dans ce monde m’attristent – et elles attristent l’Eternel également – quelque part, je sais que le plan de Dieu s’accomplit.

Par rapport à la situation actuelle, je comprends – et je prie qu’il en soit de même pour vous – qu’il ne faut pas nourrir le crocodile, pas même de tenter ainsi de le dompter. Franchement ! Nous ne devrions pas même faire confiance à un crocodile !

A moins bien sûr que vous ne considériez les animaux dans le contexte du royaume millénaire et messianique de Dieu, qui est encore à venir. Dans ce cadre, animaux domestiques et sauvages vivront en harmonie avec l’humanité. Mais d’ici là, il est de notre responsabilité de faire tout ce qui est en notre pouvoir pour amener les ennemis irréductibles des Juifs à reconnaître celui qui seul peut les sauver pour entrer dans son royaume, Yéchoua’ le Messie.