La majorité de la population mondiale est humaniste, cartésienne et responsable. Si les prises de position du public sont fondamentalement anti-israéliennes, c’est qu’ils ne connaissent pas la vérité. C’est ma conviction.

C’est aussi la conviction de Ben Dror Yemini, journaliste israélien qui a écrit pendant plus de 4 ans, une étude devenue en moins de deux semaines un best-seller en Israël : L’Industrie du Mensonge. Lorsque le mensonge s’invite à table, la discorde apparaît, les convives cessent de discuter pour accuser l’autre ou se défendre de l’autre. La volonté de remettre la vérité au milieu de la table m’a inspiré afin de traduire ce livre en Français, et, en attendant sa parution, je veux donner sur ce site, un aperçu de cette étude monumentale dans une série d’articles qui seront publiés dans les semaines à venir.

Les sceptiques et mes amis proches m’ont regardé d’un air peu crédule. L’argument le plus courant a toujours été le même, qu’il vienne de la part d’Israéliens ou de Français, de Juifs ou de Chrétiens ou même encore d’amis musulmans lorsque nous pouvions parler librement. Ils m’ont tous questionné avec les mêmes termes : « Est-ce que tu crois que cela importe le monde ? Est-ce que tu crois sincèrement que cela pourra apporter un changement quelconque ? ».

Leur réponse était évidemment négative car pour eux, quoique l’on dise et quoique l’on fasse, quelle que soit la vérité, qu’elle soit cachée ou évidente, sue ou ignorée, et elle est en général totalement ignorée, le monde regardera ce conflit avec des a priori fondamentalement et essentiellement erronés. Car les citoyens du monde sont désinformés.

Non pas mal informés, mais désinformés. Ils reçoivent de tous les fronts et comme information basique, des informations fausses et non pas des informations manquantes. Nous sommes en face d’une véritable industrie mensongère. Les médias nous donnent aujourd’hui ce que les gouvernements, ou le « bon ton » culturel, demande à être publié à la place des informations telles qu’elles devraient être.

Les écoles de journalisme enseignent que le reporter d’aujourd’hui, ne pouvant concurrencer avec la vitesse de la médiatisation des foules, doit exprimer son opinion sur les événements qui sont déjà disponibles sur la toile. Le rôle historique du « reporter » a dû se bâtir une nouvelle demeure. Ainsi, paradoxalement, plus les informations sont abordables et moins elles sont connues car le superficiel devient le refuge du public. Il faut savoir être au début de la liste fastidieuse que nous renvoi Google afin d’être lu, et souvent la quantité remplace la qualité pour permettre au mensonge de devenir réalité. Une époque ténébreuse de l’humanité nous a enseigné il y a presque un centenaire que si un mensonge est répété assez souvent il devient une réalité.

Cette désinformation frappe particulièrement un pays et une culture : Israël et le peuple juif. Cette nation, comme ce village d’Armorique, continue encore et toujours de résister aux forces qui veulent l’éradiquer et réussis envers et contre tout à survivre au cours des années et des siècles, traversant des périodes difficiles telle que celle de la deuxième guerre mondiale. Cette tentative de génocide, si fulgurante qu’elle fut, marque les esprits d’aujourd’hui parce qu’elle est encore fraîche dans les mémoires. Mais elle n’a malheureusement pas été la plus meurtrière pour le peuple Juif.

Pourtant, ce peuple a apporté à la civilisation beaucoup plus de réussites que de guerres ou de malheurs. Si nous devons comparer la nation juive à la nation européenne pour ne citer qu’elle, Charlemagne a inventé l’école lorsque le peuple juif finissait déjà d’écrire le Talmud.

Le repos sabbatique qui est au centre d’un débat humaniste fondamental a été donné au monde par le peuple juif. Je ne peux compter les scientifiques, les médecins ou les politiciens, les penseurs et les philosophes ou même les révolutionnaires qui sont venus de ce peuple. Je ne veux étaler les délégations humanitaires de l’armée de l’État hébreu sauvant des milliers de vies à chaque catastrophe humanitaire. Je passe aussi les statistiques de l’État d’Israël tant sur la médecine que la technologie, des prix Nobel ou de l’économie qui en font, 60 ans seulement après sa création, un État regardé, décrypté et enseigné par des nations comme les Américains ou les Chinois.

Mais le plus effarant est encore le fait que l’histoire du peuple juif, longue de plus de trois mille ans, a évolué sur une et une seule région géographique. Cette longue histoire, comble de l’ironie, est la seule à être documentée et discutée par le livre le plus vendu au monde. Les seules guerres de conquêtes menées par les juifs, selon les anales existantes toutes littératures et toutes époques confondues, ont été celles de Josué après la sortie d’Égypte.

Nous sommes loin des Français, qui, sous Napoléon, ne se contentaient pas de régner sur toute l’Europe, des Allemands qui ont essayé par deux fois de conquérir le monde ou encore des Britanniques qui se pavoisaient sous un soleil qui refusait de se coucher sur leur empire. Cette histoire de va-t-en-guerre n’est pas spécifique à l’Europe contemporaine. Il y a aussi les Perses, les Grecs et les Romains, les Vikings ou les Mongoles ou encore ces Chinoiseries qui ne trempaient pas non plus leurs épées dans l’eau pour grandir et conquérir. Les juifs n’ont jamais eu de périodes folles où ils voulaient régner sur le monde.

Pourtant, les juifs sont les seuls à avoir été constamment accusés de vouloir s’emparer du monde et Israël aujourd’hui, est le seul pays à être accusé de colonialisme alors qu’il fait face à un terrorisme qui essaye de le rayer de la carte. Ce terrorisme international, à présent connu et reconnu dans le monde entier, devient comme par magie lorsqu’il frappe l’État Hébreu, un « militantisme ». Et cela, lorsqu’il s’attaque à la seule démocratie du Moyen-Orient sous prétexte d’un conflit territorial avec une population qui a commencé à revendiquer des droits nationaux en 1964.

Pour user de l’indignation de Zola face à la mascarade qui sévissait contre Dreyfus, qu’une nation ait pu être condamnée de cette sorte, c’est un prodige d’iniquité. Je défie les honnêtes gens de le lire, sans que leur cœur bondisse d’indignation et crie leur révolte, en pensant à l’expiation démesurée à laquelle elle doit faire face, lorsqu’elle est reléguée au Diable.

Cette série ne parlera pas du bien-fondé des revendications palestiniennes. Je laisse ce débat à d’autres. Admettons qu’une nation palestinienne se soit levée pendant les dernières décennies et admettons que cette population ait un droit historique, humaniste ou autre pour revendiquer cette terre. La question la plus pertinente, connaissant un tant soit peu l’histoire du monde, est ridicule tant nous avons besoin de la poser : « Comment et pourquoi ce droit est-il dénié aux Juifs ? »

Une des réponses, et celle que nous allons aborder, est une campagne infâme de diffamation et de mensonges fomentée par des irresponsables, exhortée par des antisémites et diffusée par des idiots utiles. Ce fer de lance militant à l’encontre de la vérité permet de créer une atmosphère propice aux idées préconçues, aux a priori et aux approximations qui font de ce conflit l’une des escroqueries les plus grandes de l’ère contemporaine. Encore selon Zola, nous assistons à un spectacle infâme, une idéologie perdue de crimes dont on proclame l’innocence, tandis qu’on frappe l’honneur même, une nation se battant pour sa survie ! Quand une société en est là, elle tombe en décomposition.

Ce spectacle comprend des actes, des scènes et des tableaux qui créent seuls et ensemble, l’une des impostures historiques les plus importantes de ce dernier siècle. Nous analyserons « la Nakba » palestinienne et du transfert, la réécriture de l’histoire et le double langage, ce fameux droit du retour ou encore l’apartheid dont souffriraient les minorités vivant en Israël.

Cette industrie du mensonge est systématique et a des rouages et des automatismes bien établis. Ce sont ces rouages qui vont être étudiés sur cette plateforme, en se fondant sur le livre de Ben Dror Yemini qui va voir le jour sous peu dans sa version française : L’Industrie des Mensonges.