לתקן עולם במלכות שדי [1[

Les mots ‘’Israël’’ et ‘’Humanitaire’’, sont pour beaucoup comme les pôles contraires d’un aimant. Les questions des refugies palestiniens sur les territoires de la Palestine Mandataire, et dans les pays frontaliers, le rôle de l’armée Israélienne et les condamnations successives justifiées ou non amènent l’opinion publique internationale à penser que l’Etat Juif ne peut tendre sa main aux pays dans le besoin. La réalité est toute autre.

Une action humanitaire inscrite dans l’histoire

Alors qu’un violent tremblement de terre frappe l’île grecque de Céphalonie en 1953, la marine israélienne, en manœuvre au large est la première à dépêcher des hommes sur place[2]. Ce fait historique, peu connu, même en Israël, marque pourtant le début de l’action humanitaire du jeune état.

Le pays, depuis, poursuit cette longue tradition, en accueillant des populations fuyant les guerres. Du sauvetage de Boat People Vietnamiens à la fin de la guerre du Vietnam, Israël a pour tradition d’accueillir des populations non juives, comme ce fût le cas pour les Kosovars, ou les Soudanais du Darfour.

L’on peut aussi inclure le traitement des blessés Syriens, pris en charge dans des postes médicaux avancés situés sur le plateau du Golan. Fort de son expérience, la mise en place lors de catastrophes naturelles, d’hôpitaux de campagne les plus modernes, est souvent citée en exemple. Depuis quelques années, des équipes civiles accompagnent les unités militaires spécialisées, amenant les ONG israéliennes à se professionnaliser et à s’organiser.

L’agence Israélienne de Coopération et de Développement (MASHAV) a des activités élargies qui s’intègre dans le retour diplomatique d’Israël en Afrique[3] depuis 2016.

Pour autre exemple, IsraAID met en place des missions d’urgence en se basant sur un personnel de volontaires professionnalisés pouvant être rapidement déployés. Son directeur des opérations vient de recevoir le Prix Mondial de l’Humanitaire de la Fondation Mohammed Ali.

Israël a par ailleurs une longue tradition de volontariat faisant partie du cursus obligatoire dès le collège et qui s’inscrit dans une démarche patriotique[4].

L’action humanitaire israélienne est profondément imprégnée de la conception juive de la ‘’réparation du monde’’, le Tikkun Olam dont il est question dans la Mishnah[5]. Lu lors des offices dans la prière Aleinu, sa dimension moderne, emprunt des concepts chrétiens de la charité et d’amour universel, est synonyme d’action et de justice sociale. C’est dans cette dynamique que la Fondation NALA opère en Ethiopie depuis bientôt dix ans.

Créée par le Professeur Zvi Bentwich[6], directeur du centre de recherche des maladies tropicales et émergeantes de l’Université Ben Gurion, ce dernier est à Israël ce que le Professeur Montagnier est à la France en matière de lutte contre le SIDA.

Les premières études en Israël furent réalisées à la même période que l’alyah des juifs d’Ethiopie[7] où il s’avéra que le fléau touchait un pourcentage de la population des Beta Israel[8] drastiquement supérieur à celle de la population israélienne[9].

Les recherches du Professeur Z. Bentwich démontrèrent qu’une prévalence de maladies parasitaires au sein de la population éthiopienne favorisait la contamination au VIH[10]. Il détermina alors la nécessité de mettre en place des programmes de déparasitage, directement en Ethiopie.

Peu couteux, faciles à organiser, ces programmes de contrôle, qui ciblent d’abord les écoliers, puis les adultes au travers des associations parents professeurs, ont prouvé leur efficacité.[11]

Mon parcours d’expatrié en Guinée Conakry, au contact des populations en situation précaire ainsi que de nombreux membres d’ONG internationales, m’a incité à me porter volontaire pour diriger un de ces programmes. NALA a pour mission, d’appuyer les autorités régionales dans l’éradication des maladies tropicales négligées (à l‘exemple de la bilharziose[12] qui touche selon l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) près de 260 Millions de personnes) qui ont des effets dévastateurs sur le développement des pays émergeants.

L’ONG est aujourd’hui dirigée par Michal Bruck, consultante auprès de différentes agences du système des Nations Unies. Elle participa à plusieurs opérations d’urgence lors de la Guerre au Kosovo ou dernièrement en Afrique de l’Ouest lors de l’épidémie du Ebola.

La mission de NALA

Présent en Ethiopie depuis 2008 et grâce à l’expérience acquise à Mékélé[13], la deuxième agglomération du pays, un programme a été mis en œuvre à Adoua, ville symbole[14], située au nord de l’Ethiopie.

Contrairement à d’autres projets humanitaires, la mission de NALA est plurielle. Grâce à une équipe locale de professionnels, l’ONG assiste à la construction de latrine dans les écoles et aide au bon déroulement des distributions de médicaments.

A l’aide d’une quarantaine de volontaires, tous les étudiants de l’école normale du Tigray[15], ces futurs instituteurs vont se rendre dans une vingtaine d’établissements scolaires, et donner des cours éducation en passant par des thèmes liés à la santé à plus 10 000 écoliers.

Accompagnés d’un suivi constant et d’évaluations, sous la forme d’examens médicaux, les résultats de ces recherches sont les seuls permettant de démontrer le succès de notre action.

Afin de favoriser l’autonomie des équipes, il existe une étroite coopération avec le partenaire éthiopien, OSSA Tigray, dirigée par le Dr. Yirga Gebregziabher. Passionné d’histoire, cet homme de foi, est un exemple de la relation particulière entre Israël et l’Ethiopie.

OSSA longtemps spécialiste de la lutte contre le SIDA et la réinsertion sociale des malades, permet a l’ONG israélienne de bénéficier d’une expérience terrain et de contacts clefs. Cette collaboration permet aujourd’hui à la Fondation NALA de conseiller les autorités sanitaires au niveau fédéral, afin de mettre en place et d‘améliorer l’efficacité de ses programmes sur toute l’étendue du territoire éthiopien.

Réflexion

Les ONG israéliennes participent à des missions humanitaires du Kurdistan irakien aux confins du Pacifique : ce sont aujourd’hui les meilleurs ambassadeurs. A l’heure où l’image d’Israël est malmenée, il est temps de présenter ce pays autrement.

Tenter de convaincre avec des images de jeunes soldats arborant fièrement un drapeau, va à l’encontre du discours tenu par une jeunesse pacifiste, dans l’Europe du 21e siècle. Cette représentation ne peut être perçue que négativement.

Souffrant d’une sous exposition médiatique, ces ONG méritent un réel soutien. D’une part, la presse juive francophone devrait leur faire plus de place, et d’autre part les centres communautaires pourraient organiser des levés de fond.

Cette aide pourrait aussi se matérialiser par la création de partenariats avec les mouvements de jeunesse, toutes religions confondues, et l’envoi de volontaires. Une jeunesse main dans la main, œuvrant pour la réparation de ce monde.

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Pour en savoir plus :

La Fondation NALA : www.nalafoundation.org

IsraAID : www.israaid.co.il

[1] ‘’Réparer le monde dans le royaume du Tout-puissant’’.

[2] 60 Years Ago This Month: The Israeli Navy Lay the Foundations for a Long Tradition of Humanitarian Aid, Huffington Post, David Saranga, 22 Août 2013.

[3] A partir de 1967, suite à la guerre des six jours, et sous pression de la Ligue Arabe, les pays de l’Union Africaine, vont rompre leurs relations diplomatiques avec Israël, qui avait accompagné les indépendances de ces états.

[4] La police, les pompiers, et les services d’urgences ambulatoires fonctionnent sur un important réseau de volontaires.

[5] Premier ouvrage de littérature rabbinique.

[6] The Israeli who fights AIDS in Africa, Abigail Klein Leichman, 19 Juillet 2011

[7] Opération Moïse du 20 Novembre 1984 au 4 Janvier 1985.

[8] Nom donné aux Juifs d’Ethiopie, plus connus par le nom péjorativement connoté, donné en Ethiopie, les ‘’falashas’’, c’est à dire : ‘’les sans terres’’.

[9] Thirty years of HIV in Israel: current epidemiology and future challenges, Dr Zohar Mor, BMJ, 6 Juillet 2013.

[10] Immune activation is a dominant factor in the pathogenesis of African AIDS. Immunol Today, Bentwich Z, Kalinkovich A & Weisman Z; 16: 187–191, 1995.

[11] Helminth Control in School Age Children, Second E., Organisation Mondiale de la Santé 2011.

[12] Scientifiquement connu sous le nom de schistosomiases, la bilharziose est une maladie parasitaire, que l’on retrouve dans les populations pauvres, vivant près de cours d’eaux, sources principales de la maladie.

[13] La bilharziose a officiellement été éradiquée de la ville en 2014.

[14] Le 1er Mars 1896, les troupes italiennes sont défaites par l’armée de l’empereur Ménélik, mettant fin à l’expansion coloniale de ce pays d’Europe.

[15] Région du Nord de l’Éthiopie, qui fut frappée par le conflit fratricide avec l ‘Érythrée.