Le Professeur Gérard Nahon, figure immense du judaïsme français nous a quittés. Chercheur infatigable et pédagogue éclairé, il a consacré sa vie à l’étude de l’histoire du judaïsme et à son enseignement, cet acte de transmission fondateur et fécond dont les textes sacrés nous font une ardente obligation.

Nous avons eu, rabbins de France, le privilège de bénéficier de ses leçons à l’Ecole Rabbinique de France. Ce maître nous a emmenés sur les chemins d’une connaissance rigoureuse, en nous aidant à la compréhension des rites, en aiguillant notre curiosité, et en nous transmettant sa passion de l’histoire et la profondeur de sa réflexion, toujours illuminées par sa foi.

Il appliquait, littéralement, les enseignements des Sages d’Israël en veillant à encourager ses élèves et à les aider à « grandir » dans le sens noble du terme. Le Professeur Nahon était la bonté personnifiée, il portait bien son prénom hébraïque Abraham ; comme le premier Patriarche, il était l’homme du Hessed, de la bonté.

Qui ne l’a vu dans son séminaire de l’EPHE disserter sur des procès de l’inquisition ou sur la vie des communautés d’Amsterdam, de Bayonne ou de Bordeaux n’a pas vu un grand savant dans son univers et dans toute sa modestie.

Le professeur Nahon aura marqué des générations de sa culture, de sa sagesse et de sa bienveillance. Ce grand savant, modeste et généreux, dont la science a été saluée par de nombreuses distinctions, ce grand du judaïsme, ce chef de famille aimant, va manquer à notre communauté.

Je voudrais saluer la mémoire du maître qui nous a fait aimer l’Histoire, celui qui a su donner à l’histoire du judaïsme, en particulier séfarade, ses lettres de noblesse.

Il était une référence, celui dont j’attendais l’avis et les conseils, et qui, avec sa chère épouse, incarnait la bonté et la sagesse…sans oublier l’humour !

Il y a quelques jours encore, lors de ma dernière visite, alors que nous dissertions de son dernier ouvrage, il était tel que toujours, curieux du monde et aimant la culture.

Il est parti, comme il avait vécu, paisiblement, mais nous ne l’oublierons pas.

Barouhk Dayan Haemet
Que sa mémoire soit bénie

Haïm Korsia
Grand Rabbin de France
Membre de l’Institut