Hommage à la mémoire d’Eitam et Naam Helkin, victimes du terrorisme en octobre 2015, à l’Université de Tel-Aviv

Une soirée d’étude a eu lieu le 8 mai à l’Université de Tel-Aviv à la mémoire d’Eitam Henkin, doctorant de l’Université et de sa femme Naama, tous deux assassinés dans un attentat en Samarie en octobre dernier.

L’évènement, organisé par le Centre Goren-Goldstein de recherche sur la Diaspora et le Département d’histoire juive, s’est déroulé en présence des parents d’Eitam, Hana Helkin et le rabbin Yehuda Herzel Helkin, et portait sur le Hafetz Haïm, premier ouvrage du rabbin Israël Meir Kagan traitant des lois rabbiniques sur la médisance, son sujet de doctorat.

« Les Départements dans lesquels Eitam étudiait ont décidé de perpétuer sa mémoire et son action à l’Université, » explique Simha Goldin, directeur du Centre Goldstein-Goren, lui-même père du Lieutenant Adar Goldin, tombé pendant l’opération Bordure protectrice en août 2014.

« Le choix de Hafetz Chaim [en français: désireux de vivre] nous permet de nous remémorer la manière dont ils vivaient. La génération d’Eitam se caractérise par sa capacité à faire plus d’une chose à la fois, à vivre dans plusieurs sociétés en même temps. J’avais moi-même essayé de le faire avec mon épouse en créant un village commun aux laïcs et aux religieux, aux universitaires et non-universitaires en Galilée. La nouvelle génération fait ça beaucoup mieux ».

« Une atteinte au monde de l’esprit »

Le Prof. David Assaf, directeur du Département d’histoire juive et directeur de thèse d’Eitam a souligné que le souvenir « non seulement ne disparait pas avec le temps, mais s’approfondit, de même que le sentiment de manque ». Relevant que « le meurtre d’Eitam et Naama a marqué le début d’un nouvel Intifada qui n’est pas encore achevé », il a insisté sur « le caractère exemplaire de cette famille ».

Le Prof. Benjamin Brown, du Département de pensée juive de l’Université hébraïque de Jérusalem, qui a présenté l’œuvre du Hafetz Haim (devenu le nom éponyme du Rabbin Meir Kagan) a rappelé le potentiel de chercheur d’Eitam, âgé de 30 ans lors de l’attentat, son sens critique et sa conscience historique. Regrettant de se trouver à une soirée dédiée à sa mémoire au lieu d’assister à sa soutenance de thèse, il a souligné que ces attentats sont non seulement une atteinte au corps, « mais aussi au monde de l’esprit ».

Hana Henkin a remercié le Dr. Goldin de ses efforts pour perpétuer la mémoire de son fils. « Eitam a trouvé à l’Université de Tel-Aviv un foyer et des personnalités incomparables tant sur le plan intellectuel qu’humain ».

Rappelant le débat après le meurtre de son fils qui a opposé ceux qui le voyaient en premier lieu comme un historien et ceux qui voulaient le considérer d’abord comme un homme de foi, elle a affirmé qu’il voulait surtout réunir tous les publics : « Eitam pensait que tout homme de Torah devait être aussi un peu historien. Il était surtout contre tout biais intellectuel au service d’une idéologie ».

La soirée a également comporté des interventions du Rabbin Yehuda Herzel Henkin, et du Dr. Ben-Tsiyon Klibansky, de l’Ecole des Sciences du judaïsme de l’UTA et la lecture de poèmes de Naama Henkin par Merva Henkin, belle-sœur d’Eitam et Naama.

Le couple, tué au cours d’une fusillade sur son véhicule, a laissé derrière lui 4 enfants, Matan, 9 ans, Nitzan, 7 ans, Eliezer, 4 ans et Itamar, 9 mois, qui étaient avec eux au moment de l’attentat et n’ont pas été blessés.

Eitam ET Naama Helkin

Eitam ET Naama Helkin

Cet article a été publié par le site Les amis français de l’Université de Tel Aviv.