6 août 1945. «Little Boy» s’abat sur Hiroshima, la «large cité». Désolation, ruines et souffrances… Totalement rasée par les forces américaines, Hiroshima ne compte plus ses milliers de victimes.

Trois jours plus tard, le 9 août 1945, le Président des Etats-Unis Harry Truman réitère l’ordre visant à frapper Nagasaki qui finit par connaître, elle aussi, le sort atroce d’Hiroshima. Après la cruelle et indicible tragédie humaine qui frappe de plein fouet le pays du Soleil Levant, les victimes ayant survécu à l’explosion des deux bombes atomiques –Hibakusha– ne verront leur statut de victimes reconnu au Japon qu’à partir de 2005.

Le 6 août 1945, il n’y a guère de doute : l’humanité assiste impuissante à un tournant historique. Or, l’emblématique figure biblique, le Patriarche Abraham, s’inquiète profondément de chaque âme innocente : « Loin de Toi (Eternel) d’agir ainsi, de frapper l’innocent avec le coupable, les traitant tous deux de même façon! Loin de toi! Celui qui juge toute la terre serait-il un juge inique? » (Genèse 18: 25).

A l’opposé, l’Amérique des Droits de l’homme, au 20e siècle, décide d’effacer le visage de l’homme, Tselem Elohim (image de l’Eternel)!

Le tabou relatif à l’utilisation de l’arme suprême, danger pour le monde entier, vient de tomber. Si certes, le 2 septembre 1945 marque la capitulation du  Japon broyé et humilié, les grandes nations saisissent l’occasion historique pour renforcer leur arsenal nucléaire et, par voie de conséquence, maintenir le difficile équilibre du rapport de forces entre puissances hostiles.

Pourtant, Hiroshima, alors proclamée Cité de la Paix en 1949, devient avec Nagasaki le symbole d’une volonté pacifique de dénucléarisation de la Planète.

Cet espoir, expression d’une noble et juste aspiration visant à mettre un terme absolu  à la course effrénée à la bombe atomique, demeure un vain souhait.

Pour preuve, l’actualité rappelle la menace constante d’une éventuelle guerre atomique dans laquelle des millions d’hommes, de femmes et d’enfants brûleraient sans fin.

Les exemples de menaces de conflit atomique dans l’histoire moderne ne manquent point. Le Pakistan menaçant l’Inde ou l’épisode de la Baie des Cochons (1962) témoignent qu’une guerre atomique, véritable épée de Damoclès sur le monde, reste toujours d’actualité.

Aujourd’hui, comment ne pas être préoccupé par l’intention des Ayatollâhs iraniens de développer l’industrie nucléaire à des fins militaires? L’Iran n’affirme-t-il point clairement et explicitement sa véritable politique d’éradiquer Israël de la carte mondiale ? Comment rester confiant face aux Américains et aux Européens qui, une fois de plus frappés de cécité morale, ne cessent d’accuser Israël de vouloir faire annuler l’Accord de Vienne présenté par Obama à l’approbation du Congrès ?

Après le bombardement des villes d’Hiroshima et Nagasaki, les présidents américains ont ouvert la voie à la course à l’armement nucléaire et échoué à plusieurs reprises sur la question de la dénucléarisation : une première fois, lorsqu’ils s’efforcèrent de freiner l’Inde dans sa course à l’arme atomique, une seconde fois en Corée du Nord, promettant de mettre fin à leur programme nucléaire en échange de pétrole et de transfert technologique. L’Histoire démontre que ces deux pays, l’Inde et la Corée du Nord, faisant fi des pourparlers avec le monde libre, se dotent de la bombe atomique.

Le Président Barak Obama, prix Nobel de la Paix, héritier d’une part de l’histoire d’Hiroshima et d’autre part des  échecs répétés de ses prédécesseurs, détient-il le droit moral de dicter à Israël – peuple riche d’une tradition quatre fois millénaire – le sens de l’Histoire ? Comment s’arroge-t-il le droit de pointer Israël en affirmant que toute annulation de l’accord avec l’Iran entraînerait une guerre des forces américaines dont Israël supporterait la responsabilité ? La victime se retrouve, d’une certaine manière, sur le banc des accusés !

Yeroushalayim et Hiroshima, liées par l’allitération de leur nom, illuminent de  leur flamme commune les consciences voilées de l’occident. La flamme de la Paix à Hiroshima comme celle du Souvenir à Yad Vashem enseignent aux générations futures qu’une Shoah atomique reste encore et toujours possible.

Israël, en ce jour de commémoration, s’associe sincèrement au Japon frappé à jamais dans sa chair et dans son âme. L’indicible rencontre l’indicible !

Israël, héritier fidèle de la parole abrahamique, invite chaque homme et femme de ce monde  à prier en chœur et de tout cœur à la perpétuation de la flamme du Souvenir à Yad VaShem et à l’extinction de celle d’Hiroshima, témoignant de la disparition de tout arsenal atomique sur la Planète. Ainsi, la parole du Prophète Isaïe s’accomplira pour le bonheur du genre humain :

«Un peuple ne tirera plus l’épée contre un autre peuple, et on n’apprendra plus à faire la guerre» (Isaïe 2: 4)

Shalom au Japon, à Israël et au monde !