La section « Hayé Sara » que nous allons lire cette semaine traite en autres de l’acquisition par Abraham d’une sépulture pour son épouse Sarah.

Nous apprenons que Sarah est morte à Kyriat-Arba dans le pays de Canaan. Chap. 23, V. 2 : « Sarah mourut à Kiryat-Arba qui est Hévron, dans le pays de Canaan »

Abraham achète le champ d’Efron pour y construire un caveau. Chap. 23, V.16 à 19 : « Abraham écouta Efron et Abraham pesa à Efron le prix qu’il avait dit aux oreilles des enfants de Heth, quatre cents shekels en argent, en monnaie qui a cours partout. Et le champ d’Efron, situé à Makhpéla en face de Mamré, le champ et le caveau s’y trouvant et tous les arbres qui étaient dans le champ, dans toutes ses limites alentour, fut dévolu à Abraham à titre d’acquisition, aux yeux des enfants de Het, parmi tous ceux qui étaient venus à la porte de sa ville. »

La semaine dernière, l’UNESCO a voté une résolution déclarant musulmans le tombeau des patriarches et la tombe de Rachel, ce qui fait que notre section est en pleine actualité.

Cette polémique sur la judaïcité du tombeau des patriarches et les discussions que j’en ai eues avec des amis juifs et musulmans m’a incité à regarder de plus près quelles sont les frontières d’Israël dans la Bible, et c’est cette réflexion que je souhaite partager avec vous cette semaine.

 Les frontières d’Eretz Israël diffèrent selon les commentateurs bibliques

Nombres, chap. 34, V. 1 à 12   « Hachem parla à Moïse en disant : « ordonne aux enfants d’Israël, et dis-leur : quand vous viendrez dans le pays de Canaan, voici la terre qui vous tombera en héritage, le pays de Canaan selon ses limites.

La limite méridionale sera pour vous, à partir du désert de Tsin à la lisière de d’Edom, et votre frontière méridionale sera à l’extrémité de la mer de Sel, à l’est. La frontière s’infléchira pour vous au sud de Maalé-Akrabim, et passera vers Atsmon. La frontière s’infléchira de l’Atsmon vers le torrent d’Egypte, et ses extrémités seront la Mer. La frontière occidentale : ce sera pour vous la grande Mer et le territoire ; ce sera pour vous la frontière occidentale.

Ce sera pour vous la frontière nord : de la Grande Mer, vous obliquerez vers le Mont Hor. Du Mont Hor, vous obliquerez aux abords de Hamat, et les extrémités seront à Hatsar-Enan ; ce sera pour vous la frontière nord.

Vous vous tournerez pour la frontière orientale de Hatsar-Enam à Chefam. La frontière descendra de Cefan à Rivla, à l’est de l’Aïn ; la frontière descendra et longera le littoral de la Mer Kineret, à l’est. La frontière descendra vers le Jourdain, et ses extrémités seront la Mer de Sel ; ceci sera pour vous la Terre, selon ses limites autour. »

Ces douze versets méritent une explication sur le vocabulaire employé pour qu’ils soient compris de tous.

Mer de Sel : la mer morte

S’infléchira : la frontière quitte la ligne qu’elle suivait pour inclure une région

Vers le torrent d’Egypte : D’après Rachi, il s’agit du Nil. Selon d’autres sages, il ne peut s’agir du Nil proprement dit, car, si c’était réellement ce fleuve, la Thora qui qualifie ici ce cours d’eau de נחל, « torrent », le désignerait par היאור, « le fleuve », comme dans la Genèse et l’Exode. Pour Ibn Ezra, il s’agit d’un torrent qui se jette dans le Nil.

La Mer : la Mer Méditerranée

La Grande Mer et le territoire : Pour Rachi, cela nous apprend que les îles de la mer font aussi partie du pays

Comme vous pouvez vous en rendre compte, le traçé des frontières n’est pas très clair, ainsi les frontières d’Eretz israël diffèrent selon les commentateurs bibliques , surtout pour la frontière nord.

Le Rav Feintein nous indique que : « les frontières définies ici délimitent la Terre d’Israël à partir de la conquête de Josué et jusqu’à la destruction du Premier Temple. A l’époque du Deuxième Temple en revanche, le territoire sous domination juive était moins étendu (Michna Cheviit 6,1 ; Halla 4,8).

Le Grand Israël

C’est seulement à la venue du Messie que ces terres seront comprises dans le territoire d’Eretz Israël »

Certains diront que les frontières d’Israël sont les frontières du grand Israël qui vont jusqu’à l’Euphrate comme il est indiqué dans le Deutéronome chap. 1, V. 6 à   « Hachem, notre Dieu, nous a parlé à Horev, en disant : « Vous avez suffisamment séjourné près de cette montagne. Tournez-vous, mettez-vous en route et allez à la montagne de l’Armoréen et vers tous ses voisins, dans la Arava, dans la montagne et dans la plaine, dans le sud et au bord de la mer, la terre du Cananéen et le Liban, jusqu’au grand fleuve, le fleuve de l’Euphrate. Vois ! J’ai livré le Pays devant vous ! Venez et prenez possession de la Terre que Hachem a juré à vos pères, à Abraham, à Isaac et à Jacob, de leur donner à eux ainsi qu’à leur descendance après eux. » »

Lisons ce qu’écrivent certains de nos sages qui ne font pas de politique.

Pour le Rav Feinstein : « Parmi les régions énumérées dans ce passage se trouvent les terres d’Amnon, de Moab, de Seir et certains territoires situés au nord, aussi loin que l’Euphrate. Toutefois, aucune de ces terres ne se situe à l’intérieur des frontières définies dans le Livre des nombres (34, 1 à 12). Ces régions font parties des terres promises à Abraham (Genèse 15, 18 et 19). Elles auraient fait partie d’Eretz Israël, si les enfants d’Israël s’étaient immédiatement rendus dans le pays, comme Dieu leur avait ordonné. Cependant, après la faute des explorateurs, cette partie du serment fait à Abraham leur a été retirée et c’est seulement à la venue du Messie que ces terres seront comprises dans le territoire d’Eretz Israël »

Le Rav S. R. Hirsch cité par le Rav Munk a la même opinion. Ainsi pour lui : A une lecture attentive, on s’aperçoit que le Pays, selon ces indications est beaucoup plus grand que celui qu’ils ont reçu en réalité. Ainsi, nous trouvons ici la totalité de la Transjordanie jusqu’aux rivages de l’Euphrate, alors qu’en réalité ce n’est qu’une partie de la Transjordanie qui a été annexée au Pays d’Israël. Selon nos traditions, ce changement de dispositions aurait eu lieu après la faute des explorateurs, que Moïse ne mentionne qu’à la fin du deuxième chapitre du Deutéronome. »

Chabbat chalom