Cette semaine nous avons commencé à fêter Hanoukka, la fête des lumières, fête beaucoup plus importante que certains le croient car elle commémore deux événements primordiaux de la religion juive.

Un événement politique

Au deuxième siècle avant l’ère chrétienne, des résistants juifs vainquirent le roi Antiochus qui avait tenté de faire disparaitre le judaïsme : c’est la première guerre de religion.

Au regard de l’actualité, nous devons nous souvenir de cette histoire.

Ainsi la faute de l’empereur Antiochus était de vouloir supprimer les religions locales et imposer la sienne. Daesh ne fait pas mieux ; ses armées ne souhaitent que détruire toute forme de religion contraire à ses principes.

Grâce à l’histoire, nous savons déjà ce qui adviendrait d’une telle situation et pourtant les grands penseurs actuels des religions (à part le Pape François) se taisent ou parlent si peu qu’ils sont inaudibles. Sont-ils tellement plongés dans des discussions stériles sur des lois anciennes de 2000 ans qu’ils ne voient pas la réalité en face ? Sont-ils si égoïstes que c’est seulement si leur peuple est attaqué, qu’ils daigneront parler au monde ?

Depuis un certain temps, le « bien-vivre » est à la mode. On nous dit que pour bien vivre ensemble, nous devons nous connaître, nous rencontrer mais que voit-on dans la réalité ? Pas de connaissance, pas de rencontre et surtout de la haine ou plutôt de la peur car chacun est effrayé en pensant que son voisin peut lui prendre un peu de son bien et lorsque le voisin n’est pas de la même couleur ou n’a pas la même religion alors on s’enferme dans sa communauté en pensant que l’autre est mauvais.

Le texte nous rappelle qu’un prêtre, Mattathias, sonna le tocsin de la révolte. Il rassembla une armée et déclara la guerre à Antiochus. Comme à cette époque, certains veulent se révolter contre Daesh, d’autres préfèrent s’éloigner de la zone de conflit pour pouvoir continuer à pratiquer leur religion ou simplement pour mieux préparer le combat afin de reprendre le pouvoir. Vous allez me dire que parmi ces « réfugiés », il y a des traitres à la cause mais, il y a toujours eu des traitres. Mattathias a commencé la révolte en tuant un juif surpris en train d’apporter un sacrifice aux idoles d’Antiochus.

En n’aidant pas les peuples qui se révoltent, nous insultons nos textes et nous ne voyons qu’un tout petit bout de la fête de Hanoukka : l’évènement religieux, même si ce dernier nous donne une leçon politique.

L’évènement religieux

Il célèbre le miracle d’une mèche qui a brûlé pendant huit jours avec une quantité d’huile juste suffisante pour un seul. Ce miracle a une forte charge symbolique car comment mieux représenter l’incroyable survie d’un peuple balloté dans l’histoire que par l’image d’une flamme destinée à s’éteindre et qui survit au-delà de toutes les probabilités. Ce miracle, d’autres peuples ont le droit de le vivre et notre rôle à tous est de les y aider.

L’événement religieux nous enseigne une doctrine politique. Ainsi, comme l’écrit le Grand rabbin de Bruxelles, Albert Guigui : « Les lumières de Hanoukka, même minuscules, nous rappellent combien le devoir d’allumer une bougie est grand, puis une autre dans une progression constante, afin que l’obscurité cède la place à la lumière. Mais, pour remporter cette victoire, il est indispensable d’avoir la détermination et le courage de Mattathias et de ses fils et de ne pas s’effrayer de situations apparemment sans issue »

Mes chers amis de toute religion, allumons ensemble cette bougie afin de sortir des ténèbres qui nous envahissent jour après jour ; aidons ceux qui fuient l’obscurité sans avoir peur d’eux et vous verrez que le monde trouvera lui-même l’énergie suffisante pour laisser la bougie allumée.

Bonne fête à tous,

Eric Gozlan