C’est lors de l’allumage de la sixième bougie de Hanoukka que les juifs de Tunisie célèbrent le roch hodech el bnat, c’est à dire la fête des filles. En effet, l’histoire de Judith prend place lors de roch hodech teveth.

La ville de Bethulie, alors assiégée par l’armée d’Holopherne, général de nabuchodonosor, allait succomber quand Judith, qui était ne jeune veuve, se résolut, sur l’inspiration de dieu, à sauver son peuple. Elle se rendit au camp de l’ennemi, captiva Holopherne par sa beauté et accepta de s’asseoir à sa table. Quand elle vit Holopherne accablé par l’ivresse, Judith lui trancha la tête et rentra à Bethuli pendant la nuit, la tête du colosse entre les mains.

Le lendemain, les juifs suspendirent à un mur la tête d’Holopherne, et leurs ennemis, pris de peur levèrent le siège après avoir subi une terrible défaite.

Holopherne avait édicté des restrictions dont les jeunes filles avaient pâti, et le sort fit que c’est grâce au courage d’une jeune fille juive qui eut l’audace de pénétrer dans la tente du tyran que leur furent rendues leurs libertés.

Les juifs de Tunisie célèbrent avec allégresse cet évènement dont on ne trouve cependant pas le récit dans la bible, mais dans les écrits apocryphes seulement.

Des gâteaux de toutes sortes sont fabriqués: yoyos, manicotis, makrouds, bricks au miel et le sommet, la ferka aux dattes. Bien plus tard sous l’influence de la colonisation française on y a ajouta la pièce montée.

Les jeunes filles reçoivent à cette occasion des cadeaux, et c’est pour les jeunes gens l’occasion d’offrir à leurs fiancées des bijoux.
Cette fête, qui avait force de loi en Tunisie, est celle de la joie, de la gaieté, et la femme retrouve à cette occasion la place qui lui revient, selon la tradition juive…

Ce texte est dédié à mes petites filles Tehila et Adi