Il y a encore peu, de nombreux voyants étaient au vert concernant l’État d’Israël, et ses amis – juifs et non-juifs – de par le monde se réjouissaient d’une embellie dans un ciel souvent sombre pour ce petit pays. En effet, il célébrait ses 70 ans d’existence et toutes ses réalisations dont un timbre de 5 shekels, émis pour la circonstance, essayait de résumer l’essentiel (ci-contre).

Les États-Unis venaient de se retirer de l’accord sur le nucléaire avec l’Iran. Jérusalem accueillait pour la première fois une grande compétition cycliste internationale, le Tour d’Italie, au total trois étapes en Israël. L’Eurovision voyait triompher la chanson et la chanteuse israélienne malgré toutes sortes de manœuvres malveillantes et d’intimidation. Enfin, l’ambassade des États-Unis était déplacée de Tel Aviv à Jérusalem. Ajoutons à cela que Tsahal avait mené des actions aériennes contre des bases iraniennes en Syrie, démantelant en une heure et demie ce que la coalition occidentale n’avait pu réduire en huit ans.

Oui, tout cela c’était hier, c’était il y a une éternité. Les centaines de milliers de drapeaux israéliens – petits et grands –continuent de claquer au vent, mais le soufflé est retombé. La fête est finie. L’antisionisme se déchaîne à travers le monde ; le boycott commercial, culturel, artistique, sportif, etc. ne s’est jamais aussi bien porté malgré les lois qui sont censées l’interdire, y compris dans notre pays où on a pu voir cette semaine une grande enseigne (Carrefour) contrainte de retirer de la vente des produits en provenance d’Israël sous la menace d’être à son tour boycottée par sa clientèle musulmane.

C’était à Chambourcy, dans le département des Yvelines. J’espère que les zélateurs de la cause palestinienne n’ont pas utilisé un GPS équipé de Waze pour se rendre dans leur supermarché, car alors ils auraient – à l’insu de leur plein gré, comme aurait dit l’ami Richard Virenque – fait appel à la technologie israélienne ! – Plusieurs pays ont déjà fait savoir qu’ils ne se rendraient pas à l’Eurovision 2019 en Israël. L’Argentine vient d’annuler un match de football amical qui devait se tenir à Jérusalem cette semaine.

Nombre d’artistes qui devaient se produire cet été en Israël, y ont renoncé par crainte de représailles ou suite à des menaces de mort. – Le Giro, Tour d’Italie, s’est bien élancé de Jérusalem le 4 juin pour sa première étape contre la montre ; les deux étapes suivantes (Haïfa-Tel Aviv, Beer-Shéva-Eilat) se sont également déroulées normalement. Mais il est bon de savoir que les deux seuls coureurs israéliens de la course ainsi que des membres de leur équipe, lorsqu’ils ont mis le pied en Italie dès la quatrième étape, ont été conspués, insultés par des militants qui brandissaient des banderoles hostiles et des drapeaux palestiniens.

Plus graves encore sont les deux événements suivants. Suite à l’annulation par les seuls États-Unis de l’accord avec l’Iran portant sur l’équipement nucléaire de ce dernier, on constate que la solidarité occidentale se fissure et que les autres signataires, chacun de son côté, tente (et semble y réussir) de maintenir des liens économiques avec le gros producteur de pétrole que représente ce pays, et aussi l’immense marché industriel potentiel pour y installer ses usines en tous genres.

Et bien sûr, l’Iran a tout lieu de se réjouir de ce qu’il pourra continuer de narguer ses partenaires occidentaux en intensifiant sa production d’uranium enrichi et en continuant d’armer le Hezbollah et le Hamas, tout en proclamant son désir de détruire l’État d’Israël. Benjamin Netanyahu a tenté une tournée en Europe pour essayer de convaincre ses homologues français, allemand, britannique, de la dangerosité de l’Iran, apparemment en vain. Israël est décidément bien seul face à ses voisins qui voudraient l’effacer de la carte du monde.

Autre point inquiétant qui pourtant a été source de joie pour nombre d’entre nous : le déplacement de l’ambassade des États-Unis à Jérusalem. C’est une décision historique qu’avait prise en décembre dernier le président Trump.

Une cérémonie a effectivement eu lieu le 14 mais dernier, anniversaire civil de la création de l’État d’Israël en 1948. Mais, depuis lors, on a appris que seulement quelques employés de l’ambassade ont été mutés à Jérusalem, le gros des troupes, y compris l’ambassadeur, restant pour le moment à Tel Aviv. Et surtout, on a appris hier, 6 juin, que Donald Trump a signé en catimini une nouvelle dérogation à la loi dite Jerusalem Embassy Act votée il y a plus de vingt ans (1995) par le Congrès.

Cette loi pressait instamment le gouvernement fédéral de reconnaître Jérusalem comme la capitale d’Israël et d’y transférer l’ambassade américaine. Ce qui signifie que, malgré tout l’éclat donné au transfert du 14 mai dernier, les États-Unis ne déplaceront pas leur ambassade à Jérusalem dans un proche avenir.

Que de déceptions après tant d’espoirs ! Vous me direz : ce n’est pas la première fois que de telles choses se produisent. C’est sans doute pour cela que deux maîtres-mots de l’hébreu sont תקווה et סבלנות (tikva et savlanouth), espoir et patience. Pour autant, même s’il serait contraire à la vision juive de l’histoire de désespérer, on ne peut s’empêcher de constater que la route sera longue encore jusqu’à ce que le « jeune » État d’Israël (c’est ainsi qu’on l’appelait de mon temps) voit sa place reconnue dans le concert des nations (l’orchestre joue souvent faux). ובכל זאת אני מאמין , et malgré cela, je crois, j’espère.

Bien sûr que nous ne baissons pas les bras et ne cesserons pas d’en entourer nos frères et sœurs d’Israël. Bien sûr que nous travaillerons à corriger la pathologique désinformation de nos médias occidentaux sitôt qu’il s’agit de condamner Israël. Il y a hélas fort à faire en la matière comme en témoigne la situation à la frontière avec Gaza.

Le timbre des 70 ans d’Israël

Ah oui, me direz-vous, vous n’avez pas évoqué le « massacre » perpétré par Tsahal contre de pacifiques manifestants palestiniens venus célébrer une des grandes fêtes de leur calendrier liturgique, la nakba, la catastrophe. Quelques dizaines de milliers d’hommes, de femmes, de vieillards, d’enfants et de bébés venus en famille pour saluer leurs voisins de l’autre côté de la frontière.

Bon, des mauvais esprits diront que certains d’entre eux étaient armés, mais si peu : des jouets, des lance-pierres, des cerfs-volants. Peut-être même que certains appartenaient au hamas et qu’ils voulaient franchir la frontière pour aller saluer pacifiquement les membres des kibboutzim voisins et s’informer sur leurs méthodes d’agriculture ? Face à ce déploiement débonnaire, Tsahal a répondu de manière disproportionnée.

L’armée israélienne s’est complètement trompée sur les intentions amicales des Gazaouis venus sans arrière-pensée. – J’emploie volontairement un ton ironique pour essayer de faire contrepoids au déchaînement médiatique qui s’est emparé de nos journalistes, les aveuglant au point de ne pas prendre en compte que 50 des soixante morts palestiniens appartenaient, du propre aveu des dirigeants du hamas, à leurs rangs.

Au point de sembler ignorer les centaines de roquettes tirées quotidiennement contre des civils israéliens, y compris un jardin d’enfants. Au point de ne pas tenir compte des innombrables incendies provoqués dans les moissons d’agriculteurs de la région. – Oui, Gaza existe ; oui ses habitants sont au pouvoir du hamas qui les oblige à des conduites belliqueuses, qui les met en avant comme boucliers humains, qui sacrifie leurs enfants et payent pour chaque mort.

Oui, cette terre pourrait être prospère, florissante, opulente si les énormes sommes versées par la Communauté européenne pour son développement et son enseignement n’étaient pas employées au creusement de tunnels pour aller attaquer Israël, à l’acquisition d’armes lourdes de plus en plus meurtrières, à l’endoctrinement de la jeunesse, à la vie de luxe menée par les dirigeants du Hamas.

Écusson de la Fédération du football argentin

Certes, la population gazaouie est à plaindre, mais personne ne m’obligera à pleurer sur son sort du fait que celui-ci est dû à des hommes sans foi ni loi auxquels aucun responsable politique occidental n’ose s’en prendre. Au lieu de nommer citoyens d’honneur de leurs villes des terroristes avérés, les édiles de municipalités de gauche ou d’extrême gauche feraient mieux de se demander si les populations qu’ils sont censés soutenir vivent selon les critères qu’eux-mêmes revendiquent haut et fort pour leurs concitoyens.

Il paraît que lorsqu’on se réveille avec la « gueule bois », il faut boire beaucoup d’eau, prendre un café bien serré et attaquer la journée. C’est ce que je m’en vais faire sans tarder !