A Grenoble, la fête annuelle des Tuiles rend hommage à la ville, ses quartiers, son agglomération.

Lors du défilé du mois de juin 2017, douze chars y ont participé. Neuf étaient aux couleurs des quartiers de Grenoble et agglomération (Saint-Martin-d’Hères, Echirolles et Pont-de-Claix), trois autres représentaient les causes de l’esclavage, des migrants et de la Palestine.

A l’image du conflit israélo-palestinien, le char destiné à la Palestine, assorti d’une personne vêtue d’un tee-shirt favorable au boycott d’Israël, a provoqué diverses réprobations et gêne municipales. La mairie a décliné sa responsabilité quant au port privé d’un tee-shirt appelant à la violation de la loi (le boycott est interdit en France) sur un sujet aussi électrique.

Sur la base de ces faits, la mairie de Grenoble ne peut s’exonérer de plusieurs questions administratives.

1- Sur quels critères sélectifs la municipalité grenobloise autorise-t-elle dans un défilé à vocation municipale et locale la participation offensive d’un char destiné aux partisans de la Palestine et non des autres partisans de conflits de même type pourtant représentés et connus sur le territoire de Grenoble et de son agglomération ?

2- Pourquoi l’autorisation municipale du char contesté n’a-t’elle pas été assortie de l’obligation de ne représenter que des aspirations pacifiques ? L’intérêt que semble porter le maire de Grenoble aux questions du conflit israélo-palestinien n’aurait-il pas dû l’inciter au respect des règlements des Nations unies prohibant la résolution des conflits par voies offensives et agressives?

3- Pour quelle raison, compte tenu du devoir de neutralité municipale, la participation au défilé d’un char dévolu aux partisans de la cause israélienne n’a pas été prévue ?

4- La ville de Grenoble qui comprend de nombreux partisans des causes palestinienne et israélienne ne déplore-t-elle pas-même après coup-la représentation unique de l’une des deux causes ? Ne craint-elle pas la stigmatisation de la cause israélienne absente du défilé ? La solidarité de Grenoblois et Français juifs et non juifs envers l’existence d’Israël et hostiles à son boycott a déjà donné lieu à de légitimes protestations locales et nationales. Ne s’agit-il pas de la mise à l’écart municipal de ces grenoblois offensés et non représentés lors du défilé ?

En sortant de ses compétences municipales, en choisissant le conflit israélo-palestinien parmi les conflits internationaux de même âge et de même intensité, en ignorant les conflits d’intensité supérieure, en risquant au nom de sujets internationaux la sécurité civile du défilé à vocation locale, en laissant l’une des deux parties du conflit et non l’autre s’associer au défilé municipal, le maire de Grenoble et son équipe ont engagé leurs responsabilités politiques, éthiques, administratives et de sécurité publique.

Le meilleur moyen de n’avoir pas à répondre à de difficiles questions, c’est de ne pas les provoquer. Les réactions de la mairie à cet endroit sont en l’espèce parfaitement évocatoires.