En ce 19 Mars 2014, la France commémorait le deuxième anniversaire des massacres racistes et antisémites de Toulouse et Montauban à Toulouse, Lyon, Bordeaux et Paris.

Le 19 Mars 2012 à Toulouse, Mohamed Merah, au nom du jihad, avait froidement tué Myriam Monsonego, 8 ans, Gabriel et Arieh Sandler, 4 et 5 ans, et leur père Jonathan.

Pendant la semaine précédente, il avait assassiné à Toulouse et Montauban les parachutistes Imad Ibn Ziaten, Abel Chennouf et Mohamed Legouad. Loïc Liber a survécu mais restera handicapé à vie.

Environ 3 000 personnes se sont réunies sur la Place du Trocadéro à Paris à l’appel du CRIF et des associations juives.

La Droite était representée notamment par Claude Goasguen, représentant Jean-François Copé et Nathalie Kosciusko-Morizet et Meyer Habib, député UDI des Français de l’Etranger.

Dans le public, on notait la présence de Bertrand Delanoé, maire de Paris, et d’Anne Hidalgo, candidate à sa succession, ainsi que de nombreux élus de gauche et de droite.

Le courageux Imam de Drancy, Hassen Chagoulmi, a appelé à lutter contre la haine raciste qui prolifère sur Internet. Il a souhaité qu’il n’y ait plus d’enfant comme Merah dans les familles musulmanes.

Joël Mergui, président des Consistoires de France et Paris, a prononcé des mots forts, avec sa verve habituelle en condamnant un antisémitisme installé comme un mal chronique, un mal qui a tué.

Quand on s’attaque à un Juif, on s’attaque à la République

Dans les yeux de Mme Sandler, il a vu la dignité du Peuple Juif, un peuple de Paix, d’Amour et de Fraternité.

Harlem Desir, secrétaire général du Parti Socialiste fut hué à son arrivée par une maigre frange de la foule.

Il a appelé à appliquer strictement et à amplifier si besoin l’arsenal législatif contre la racisme sur Internet.

Il a souhaité un travail d’éducation à l’école afin de transmettre la Mémoire de la Shoah.

Toute tentative de minimiser la Shoah doit être combattue avec la plus grande fermeté.

Le Président du CRIF, Roger Cukierman, demanda qui peut croire que l’antisémitisme est un mal bénin ?

Cette idéologie qui tue concentre 40 % des actes racistes de 2013 sur    1 % de la population juive Française.

Il évoqua la honteuse expulsion d’étudiants israéliens par les pros BDS de l’université Paris 8 tout récemment.

Cukierman a rappelé, si besoin en était, que les Français Juifs sont fiers de leur identité, sont ici en France chez eux, qu’ils ont le droit de vivre en sécurité et sérénité.

Il a appelé les pouvoirs publics, les enseignants, les médias et les responsables religieux à faire les plus grands efforts pour lutter contre l’antisémitisme.

En conclusion de son intervention, il a demandé à la foule de scander le trop classique slogan « La haine des Juifs ça suffit ».

Manifestation contre la montée de l'antisémitisme en France, 19 mars 2014, place du Trocadéro (Crédit : Bernard Musicant)

Manifestation contre la montée de l’antisémitisme en France, 19 mars 2014, place du Trocadéro (Crédit : Bernard Musicant)

Puis les jeunes de mouvements de jeunesse ont allumé 8 bougies, respectivement en mémoire d’ilan Halimi et DJ Sebastien Sellam, les soldats Ibn Zlaten, Chennouf et Legouad, le Rabbin Sandler et ses enfants Arié et Gabriel et la jeune Myriam Monsonégo.

Ces jeunes ont ensuite lu le texte si émouvant « Pourquoi je suis Juif d’Edmond Fleg ».

Samuel Sandler a récité le Kaddish en mémoire de son fils et de ses petits-enfants. Il y a associé les victimes de la Shoah et de « tous ceux qui sont morts depuis des siècles parce que Juifs ».

L’intellectuel préféré de la Communauté, Bernard-Henri Lévy, s’est interrogé sur l’antisémitisme qui progresse dans les rues et a dépassé un seuil qualitatif lors de la manifestation où on criait impunément            « Juifs, vous n’avez rien à faire en France ».

Il a trouvé ignoble de se demander s’il faut cesser de parler de l’antisémitisme pour le réduire.

Il a salué Manuel Valls et le gouvernement pour leur courage politique dans l’interdiction des spectacles-meetings racistes de Dieudonné.

Il a conclu en lançant un appel à ne pas laisser faire et dire la parole antisémite et a prédit la victoire contre cette bataille.

Lorsque Manuel Valls, Ministre de l’Intérieur, prit la parole, il s’exprima devant un auditoire conquis d’avance

Le ministre évoqua une journée de souvenir et de respect lors de l’inauguration quelques heures plus tôt, d’une stèle et d’une place à Sarcelles en mémoire des Sandler et Monsonégo.

Il rappela que des enfants juifs ont été tués parce que juifs, ce qui n’etait pas arrivé depuis la deuxième guerre mondiale. Il a plaidé la lucidité face aux actes antisémites en progression.

Dans un discours enflammé, Manuel Valls a décrit l’antisionisme comme une porte ouverte à l’antisémitisme.

Il a cité Israël, Etat ami, Etat frère de la France et dénoncé un antisémitisme qui se nourrit sur l’ambiguité des discours à propos d’Israël.

Il a salué le soutien du Président François Hollande dans sa détermination contre l’antisémtisme de Dieudonné, nourri par le néo-nazi Alain Soral.

Il s’est demandé pourquoi la société engendrait des millions de visiteurs sur le site Internet de Dieudonné et des milliers de personnes dans ses spectacles.

Sous de nombreux applaudissements, le ministre a continué en scandant « Résister, résister, résister face à l’antisémitisme ! Je m’adresse aux Juifs de France, aux Français Juifs : Juifs de France, sans vous, la France n’est plus la France. Soyons fiers de ce pays, des valeurs de la République, d’etre Juifs et Français, à l’avant-garde de nos valeurs ».

Enfin, le rassemblement fut conclu par la Marseillaise chantée par tous les participants qui se dispersèrent aux sonorités du Plaidoyer pour ma Terre, d’Herbert Pagani.