Monsieur le Premier ministre de la République d’Arménie Nikol Pashinyan,

Shalom,

A la veille de la commémoration du 24 Avril 1915, c’est pour moi, un grand honneur de m’adresser à vous en tant que citoyen franco-israélien. Cette lettre n’a d’autre dessein que de vous exprimer ma pleine et entière solidarité et de vous dire combien notre peuple Israël, héritier d’une antique Tradition spirituelle, considère la Mémoire arménienne également comme la sienne. Ma conscience, profondément bouleversée par les terribles images du génocide arménien, ne connaît point de repos. La non-reconnaissance officielle de la part de nos dirigeants politiques en Israël envers le génocide de vos frères qui, dès 1915, aboutira au crime d’un million et demi d’hommes, de femmes et d’enfants innocents, m’apparaît non seulement comme une grave injustice sur le plan moral mais aussi comme un déni inacceptable de l’Histoire, totalement contraire à notre vision universelle d’amour et de compassion à l’égard d’autrui. En vertu de notre longue Histoire diasporique au cours de laquelle notre peuple n’a eu de cesse de lutter contre l’humiliation et la mort, il eût été parfaitement naturel que nous soyons les premiers à reconnaître votre génocide-Aghet, le génocide arménien. Le devoir nous incombe donc, plus que jamais, en tant que Juifs et de surcroît israéliens ayant pour la plupart d’entre nous souffert de la Shoah, de réparer, au plus vite, cette injustice.

Cette lettre ne se veut être qu’une modeste contribution d’un citoyen qui, sans rien oublier de votre génocide, aspire et espère encore à une future et juste reconnaissance de la part de notre Etat.

J’émets le sincère espoir que nous aurons l’honneur et le privilège de vous recevoir, un jour prochain, à Jérusalem, la capitale Une et Indivisible de l’Etat d’Israël.

Puissent des liens d’amitié et de concorde relier nos deux peuples !

Avec toutes mes bénédictions de réussite et d’abondance pour votre pays et la République d’Arménie,

Shalom d’Israël,

Haïm Ouizemann