« Le monde ne sera pas détruit par ceux qui font le mal, mais par ceux qui les regardent sans rien faire » Einstein, 1934.

Je ne pensais pas écrire de nouveau si vite, mais mes pensées en ont bousculé quelques uns. Je remercie d’ailleurs ceux et celles qui ont pris la peine de venir m’en parler, en privée ou par commentaire. Lors de mon précédent post, j’exprime un sentiment de tristesse vis-à-vis de mes amis musulmans qui ne s’engagent pas plus, j’aurais pu être plus clair, et je vais essayer de l’être un peu plus ci-dessous.

Lorsque je dis que les musulmans doivent agir ce n’est pas parce que je crois en leur responsabilité, culpabilité ou affiliation à ces terroristes, mais parce que je crois que c’est eux qui auront le plus d’impact.

L’engagement doit être général, c’est évident. Néanmoins, les terroristes étant musulmans, utilisant les textes de l’islam comme moteur, la réponse étatique, militaire, nécessaire à court et moyen terme, n’est pas suffisante.

Si l’on veut changer et gagner véritablement cette bataille, il faut se battre à la racine. Et la racine de cette arbre gigantesque est bel et bien au sein du monde musulman. Il n’y a pas un seul monde musulman me direz vous, et la Tunisie n’est pas le Maroc, qui n’a lui même rien à voir avec l’Algérie et encore moins avec l’Iran, la Turquie, l’Arabie Saoudite et le Qatar. Et pourtant. Pourtant outre les combats et divergences internes entre Sunites et Chiite, mes amis musulmans peuvent eux aussi réagir et agir. Les réactions peuvent se faire à différents niveaux.

Au niveau Etatique

Au niveau gouvernemental, la réponse doit être militaire, judiciaire, sociale comme l’a annoncé le président Hollande devant le congrès (avec quelques mois de retard).

La guerre doit être déclarée et effective parmi les forces alliées, sur les territoires nationaux comme à l’international. La fermeté doit être de mise, que ce soit aux contrôles des frontières ou dans les condamnations juridiques.

La politique extérieure doit être plus courageuse, et les alliances mieux choisie. Mais ces directives se concentrent exclusivement sur le combat du terrorisme, alors que nous devons non pas réagir mais agir en amont. Nous devons empêcher la création de terrains propices au terrorisme. Que ces voyous sans cervelle n’aient plus envie de donner un sens a leur vie en détruisant celles des autres. Agir pour diminiuer, et tenter de stopper la création de nouveaux candidats au jihad.

Au niveau individuel

Si je ne crois pas en une typologie unique du client potentiel de Daesh (appelons le candidat-terroriste), je crois en revanche qu’ils ont tous au moins un point commun: une idée a germé dans leur tête.

Une idée d’exclusion, et/ou de responsabilité de la France, et surtout une idée commune que l’islam radical peut rétablir l’ordre. Et c’est à ce niveau que nous devons tous agir, en amont, avant la transformation du candidat en terroriste, et en particulier les musulmans puisque l’idée motrice concerne l’islam.

L’engagement individuel peut prendre plusieurs formes, mais doit avoir comme objectif de combattre ces idées destructrices. Combien de fois ai-je moi-même laissé passer des idées que je savais foncièrement fausses pour éviter de « gâcher l’ambiance » ou parce que « bon il comprendra un jour »?

Puis, petit a petit les idées gagnent du terrain, s’installent et deviennent des vérités. Aujourd’hui ces « vérités » ont gagné du terrain, trop de terrain, et sont quasi-impossible à combattre une fois ancrées dans les cerveaux. Ces « vérités » transforment les idées en actes, et dans notre cas en action armée.

Et au niveau individuel, les musulmans ont plus d’impact en considérant que leur microcosme social, familial et amical rassemble plus de musulmans; qu’ils ont une meilleure connaissance des textes, et ne sont pas encore considérés comme mécréants auprès des candidats-terroristes.

Au niveau collectif

Le problème de l’engagement est global dans ma génération, et chacun étant occupé par ses tracas quotidiens, très peu nombreux sont ceux qui prennent le temps de s’engager dans la construction d’un monde meilleur.

Mais aujourd’hui, plus que jamais, l’engagement est nécessaire. Qu’il s’agisse d’association sociale qui vise à donner espoir et confiance à des jeunes pour combattre le sentiment d’exclusion; d’une action de « lobbying » ou politique pour mettre les prêcheurs de la haine hors d’état de nuire; ou tout autre action collective à l’échelle locale ou nationale est positive si elle a pour objectif de combattre ces fausses vérités qui sont le moteur des candidats-terroristes.

Si notre action a un impact positif ne serait ce que sur une seule personne, si elle permet ne serait ce qu’à une seule personne de s’ouvrir, de penser différemment ou simplement de ne pas haïr, elle vaut la peine d’y mettre toute notre énergie.

C’est en ce sens, chers amis, et chers amis musulmans en particulier, que je vous appelle à vous engager. Défendez vos valeurs, qu’elles puisent leurs sources dans la religion ou dans l’humanisme.

N’attendez pas simplement une réaction étatique ou des dirigeants. Ne restez pas dans la justification primaire du « l’action politique suit l’action populaire », et rare sont les réformes qui aboutissent contre l’opinion publique. C’est nous, le peuple, qui devons montrer l’exemple à l’action politique.