Je me demande quelques fois si nous ne souffrions pas collectivement, comme société, de trouble du déficit de l’attention lorsqu’il est question de crises internationales.

La question mérite d’être soulevée après l’été que nous venons de passer.

On passe d’une crise à l’autre comme on change de chaïnes de télévision, assis dans nos fauteuils, la télécommande à la main.

Pendant des semaines, on ne parlait que de Gaza. Les images de l’enclave palestinienne ouvraient tous les téléjournaux, faisaient la une des quotidiens et les manchettes à la radio.

Puis, on passe à autre chose : l’Ukraine, les massacres de l’État islamique en Syrie et en Irak.

Mais se limiter ainsi aux images, cette difficulté à se concentrer sur l’avant et l’après-crise fait souvent en sorte que l’opinion publique est formée par une vision incomplète de la situation, trop souvent causée par un choc émotif qui, bien que compréhensif, ne peut donner un portrait complet et, pire, qui peut être manipulé.

Je prends ici le Hamas à Gaza comme exemple bien que j’aurais pu tout aussi bien traiter de son frère idéologique qu’est l’État islamique en Syrie et en Irak.

Depuis que la plupart des journalistes ont quitté Gaza et Israël, depuis que l’attention médiatique y est beaucoup moins importante, plusieurs éléments sont devenus publics sans que ceux-ci soient traités de façon sérieuse ici.

Or, s’ils l’avaient été, cela aurait pu changer de façon importante la compréhension des choses :

– Le Hamas a reconnu être responsable du kidnapping des trois adolescents israéliens qui a été un des éléments déclencheurs de cette crise.

Ceci en passant fait mentir ceux qui faisaient circuler une théorie conspirationniste selon laquelle Israël était responsable du kidnapping et du meurtre de ses propres enfants.

– Certains journalistes ont, en sortant de Gaza, bien montré que le Hamas tirait en effet de zones civiles (voir ici et ici). Non seulement ceci a été confirmé par des vidéos de l’armée israélienne mais le Hamas lui-même a confirmé tirer sur Israël à partir de zones civiles.

Ceci fait mentir tous ceux qui accusaient Israël de ne pas dire la vérité quand il accusait le Hamas de se servir de boucliers humains.

– Le nombre de civils morts repris sans vérifications par nos médias a été contesté par certains autres médias (voir ici et ici), mais sans avoir l’écho que cela méritait.

En d’autres mots, le nombre de morts civils est beaucoup plus bas, et représente un pourcentage beaucoup plus bas, que ce qui circulait.

– Certaines personnes qui étaient identifiées comme des civils étaient en fait des combattants, comme on peut le voir ici, ici et ici.

Chacun d’entre nous a la responsabilité de ne pas arrêter de s’informer quand ‘la chaîne est changée’. Chacun d’entre nous a l’obligation, pour comprendre, d’aller au-delà de l’image, aussi puissante soit elle.

Le Hamas a voulu le conflit avec Israël. Le Hamas a voulu des morts palestiniens pour noircir le nom d’Israël.

Le Hamas veut encore la destruction d’Israël.

On n’a qu’à lire sa Charte pour le savoir. Et si le Hamas sait qu’il n’obtiendra pas l’annihilation d’Israël sur le champ de bataille, il sait qu’il peut lui causer d’immenses dommages dans l’opinion publique internationale en mettant en danger sa propre population, en se cachant derrière des civils, en manipulant les faits.

La frivolité que nous démontrons collectivement semble lui donner raison.