La guerre est laide. La guerre est cruelle. La guerre est horrible.

Personne ne peut rester insensible aux images de victimes diffusées à la télévision (à moins que ce ne soient des victimes des conflits en Syrie, en Irak, en Libye, à propos desquelles les agitateurs actifs pendant le conflit de Gaza ont été/sont silencieux, mais c’est une autre histoire…)

On souhaiterait que la guerre n’existe plus. Plusieurs font le souhait – irréalisable, malheureusement – que si guerre il y a, elle soit aseptisée, sans victimes collatérales, sans effusion de sang.

Chaque victime civile est une tragédie, qu’elle soit palestinienne ou israélienne. Chaque innocent tué est une mort de trop.

État vs milice armée

Qu’il y ait des victimes innocentes est inévitable lors de conflits mettant en scène d’un côté les forces armées d’un État et de l’autre, des acteurs non-étatiques (non-State actors) dont le modus operandi est justement de se fondre dans la population civile, d’éviter les confrontations ouvertes (comme le font les armées régulières), de mener des guérillas urbaines afin d’attirer les armées dans les sables mouvements des batailles qui ne peuvent qu’être coûteuses en vies humaines – civiles comme militaires.

Le Hamas transforme les installations civiles en cibles militaires

Prenons le cas de Gaza. Il y a maintenant trois cas documentés (et il y en a d’autres) où des armes du Hamas ont été trouvées dans des écoles de l’organisation onusienne de l’UNRWA. Où pensez-vous se trouvent les écoles, sinon dans des quartiers habités par des civils? Les écoles à Gaza sont comme les écoles chez nous, au Québec comme en Europe : elles sont proches des maisons, des appartements, elles font partie du tissu urbain. (Que l’UNRWA ait remis les roquettes trouvées dans ses écoles au Hamas est inexplicable, mais ce n’est pas l’objet de cette chronique).

Même chose pour les mosquées. Elles sont utilisées comme dépôt d’armes et de roquettes de même que points d’accès aux tunnels souterrains du Hamas (comme le montre par exemple ce vidéo). Les mosquées à Gaza sont comme les églises urbaines chez nous : dans les quartiers civils, près des habitants.

Je résume : les écoles de l’UNRWA et les mosquées, toutes dans des quartiers civils, sont utilisées par le Hamas pour attaquer Israël.

Vous n’avez pas à me croire. John Ging, un très haut responsable de l’ONU a confirmé, sur les ondes de la télévision publique canadienne CBC (Radio-Canada anglophone), que le Hamas tiraient des missiles à partir d’endroits très près d’installations de l’ONU, afin d’utiliser ces dernières comme boucliers.

« Il faut un cessez-le-feu immédiatement! », entendons-nous constamment. Avec raison! Il faut que cela cesse! Or, jusqu’à ce jour, le Hamas a refusé six cessez-le-feu humanitaires. On fait quoi à partir de là? On demande à Israël de se laisser attaquer sans réagir? On demande aux citoyens israéliens de se laisser bombarder sans vouloir mettre fin aux attaques qu’ils subissent, qui les forcent à courir aux abris à toutes heures du jour et de la nuit? Vous accepteriez cela?

Il ne peut y avoir de trêve, humanitaire ou autre, unilatérale de la part d’Israël sans arrêt des missiles du Hamas sur Israël – arrêt qui amènera la fin de la réplique israélienne s’il est accompagné de la destruction des tunnels construits vers et sous Israël.

Impossible de comprendre le Hamas sans l’islamisme

Le Hamas ne peut être compris en vacuum.

Le Hamas fait partie de la même famille idéologique que l’État islamiste en Irak et au Levant (EIIL) qui massacre allégrement ses opposants (voir ici, mais les images sont épouvantables) et en est fier, comme l’indique sa propension à publiciser lui-même ses atrocités. C’est le même EIIL qui vide les territoires qu’il contrôle de sa population chrétienne, commettant ainsi un véritable nettoyage religieux.

Le Hamas fait partie de la même famille idéologique islamiste que Boko Haram, qui tue allégrement au Nigéria et a soulevé l’indignation du monde en enlèvement des jeunes filles d’une école chrétienne, les forçant à se convertir à l’islam.

L’islamisme – je ne parle pas de l’islam – est une idéologie qui ne cherche pas à négocier, mais qui souhaite imposer, par la force si nécessaire, son idéologie rétrograde. Un coup d’œil sur la Charte du Hamas confirme cela, en commençant par l’article premier.

Ce que cherche le Hamas est non pas créer un État palestinien à côté d’Israël sur les lignes d’armistice de 1949 mais bien d’imposer un État islamiste, basé sur la charia, sur l’ensemble du territoire palestinien ET israélien. Un coup d’œil sur la Charte du Hamas confirme cela (en particulier les articles 6 et 11)

Négocier avec une organisation souhaitant votre destruction?

Quant à une solution diplomatique à long terme, que tous souhaitent et recherchent, la question à se poser – et qui est trop souvent occultée par les médias – est comment quiconque peut négocier avec une organisation comme le Hamas dont le but premier est la destruction de l’État d’Israël.

L’article 13 de la Charte du Hamas se lit ainsi :

Les initiatives, les prétendues solutions de paix et les conférences internationales préconisées pour régler la question palestinienne vont à l’encontre de la profession de foi du Mouvement de la Résistance Islamique. Renoncer à quelque partie de la Palestine que ce soit, c’est renoncer à une partie de la religion. Ainsi, le patriotisme du Mouvement de la Résistance Islamique fait-il partie de sa religion. C’est sur cette base que ses membres ont été éduqués et c’est pour déployer l’étendard de Dieu sur leur patrie qu’ils mènent le jihad, « Dieu est souverain en son commandement mais la plupart des hommes ne savent rien » [Coran, 12, 21].

C’est assez clair comme refus de négocier ou d’absence de volonté de trouver une solution pacifique. Pourquoi ne pas prendre le Hamas au mot sur ses propres objectifs?

Ce n’est pas comparable avec l’antagonisme historique centenaire qui a existé entre la France et l’Allemagne (ni l’une, ni l’autre ne souhaitait la destruction de l’autre, cherchant plutôt à être la puissance dominante en Europe) ni avec la situation en Irlande du Nord (les nationalistes irlandais souhaitant la réunification de l’île, pas la destruction de la Grande-Bretagne).

Le Hamas ne veut pas la paix avec Israël. Le Hamas veut la paix sans Israël.