Les manifestations à Gaza sont couvertes dans différentes tribunes médiatiques qui recourent le plus souvent du temps à des clichés éculés.

Il est intéressant de noter que l’on n’arrête pas de faire état d’un blocus israélien en omettant que Gaza a une frontière commune avec l’Égypte. Pourquoi ce silence ? Qui plus est, l’Égypte a déplacé plus de 1000 familles et détruit plus de 800 maisons pour créer une zone tampon avec Gaza. Pourquoi le silence des médias ?

Cela intéresse fort peu les bonnes consciences et les commentateurs… En outre, les informations du Hamas sont reprises, oubliant qu’elles émanent d’une entité qui fait la promotion des assassinats suicide par le truchement des enfants et qui a un intérêt délibéré à qu’il y ait des victimes et des fatalités (1).

Ceci porte à une réflexion : comme beaucoup de journalistes ont décidé que les Gazaouis sont les faibles, on ignore – ce qui revient à exonérer- les crimes et meurtres du Hamas, y compris ceux qui sont commis contre les Palestiniens du Fatah. Les Palestiniens souffrent de l’occupation par le Hamas, mouvement radical islamique alimenté par l’Iran et la Turquie. Ces deux pays aux ambitions hégémoniques se livrent à une concurrence pour faire preuve de « résistance à Israël » en déstabilisant toujours plus la région au détriment du bien-être des Gazaouis.

Israël s’est retiré de Gaza en 2005. Et pourtant, l’aberrance du slogan de l’occupation israélienne est reprise au détriment de toute réalité. Israël a laissé à Gaza une infrastructure agricole qui a été sauvagement démolie. 1500 à 2500 tonnes d’aide humanitaire passent chaque jour par la frontière israélienne. Le Hamas détourne les fonds de cette aide pour investir dans des tunnels et des roquettes plutôt que de s’occuper des Gazaouis. Tout ce qui l’intéresse est un bain de sang pour propager sa propagande victimaire ; il est encouragé par de nombreux médias qui ignorent les réalités de façon crasse et encouragent l’enchâssement des Gazaouis par cette mouvance aussi radicale qu’irresponsable.

Tant que cela durera, les Israéliens seront poussés à penser que la paix est illusoire…

Gaza continue de bénéficier du soutien international et l’Organisation des Nations unies pour l’aide aux réfugiés palestiniens (l’UNRWA) (2). Cette organisation s’occupe exclusivement de réfugiés palestiniens dont le statut se propage de père en fils ad vitam aeternam, alors que les dizaines de millions de réfugiés de par le monde perdent leur statut sitôt qu’ils ont trouvé du travail. La préservation de cet état de choses fait l’affaire de bien des belligérants… Quant aux réfugiés juifs des pays arabes, ils sont royalement ignorés par les institutions internationales.

Gaza – Wikimedia Commons

L’aveuglement médiatique dévoile plusieurs courants sous-jacents : la volonté de stigmatiser Israël d’une part (il y a plus de journalistes en Israël que dans toute l’Afrique et l’Asie) en scrutant à la loupe les défauts d’Israël.

De l’autre celle du racisme qui consiste à ne pas faire cas des exactions commises dans certains pays arabes, considérant apparemment qu’elles ne méritent pas même qu’on en fasse mention, car elles relèveraient de la sauvagerie et non de l’humanité. Il aura fallu des centaines de milliers de morts en Syrie pour que les médias cessent d’ignorer des crimes que l’on ne pouvait plus taire.
Quant aux instances internationales, elles sont bâillonnées, car noyautées par des votes automatiques qui ont complètement terni la mission de l’ONU. La Syrie préside le Bureau des affaires du désarmement des Nations Unies qui est en charge de la non-prolifération des armes chimiques. Et c’est tout dire.

Cette nouvelle guerre médiatique à Gaza fait pousser le poil de la bête des médias sunnites qui avaient finalement compris lors du printemps arabe que leurs malheurs avaient des raisons endogènes et n’étaient pas dus à Israël. Ces médias moyen-orientaux qui ont longtemps abreuvé leurs ouailles de crimes imaginaires d’Israël jubilent à l’idée de participer à la curée médiatique sanctifiée par l’étiquetage simplificateur des médias occidentaux au détriment de toute nuance et par une vision libérale qui se refuse à reconnaître des réalités flagrantes.

Au Moyen-Orient, le conflit n’est pas un conflit israélo-palestinien ni même un conflit israélo-arabe. Il y a un conflit dont les antécédents remontent à un passé lourd en symboles. Derrière le drame actuel plane l’approche séculaire qui a consisté durant des siècles à battre des Juifs sans que ces derniers n’aient le droit de se défendre, que ce soit dans les pays dits chrétiens ou musulmans.

Les injustices et les massacres jalonnent l’histoire des Juifs dans ces pays. À titre d’exemple, il faut être aveugle pour ne pas voir combien les mouvances de l’extrême-gauche française aiguisent leurs crocs pour « nazifier » Israël tant ils sont avides de distiller une encre sanguinaire et s’absoudre du passé antisémite et colonial. Elles jubilent à l’idée d’un Israël acculé au mur et rêvent de sonner l’hallali. Comment comprendre la hurlée de l’extrême-gauche française qui nie jusqu’à l’existence même d’un antisémitisme arabo-musulman en France alors que 300 personnalités françaises dont deux présidents et quatre ministres ont signé une pétition déplorant exactement cette réalité. On l’impression d’un remake du tango funèbre de Jacques Brel : « Ah, je les vois déjà… »

Lorsque l’Égypte et la Jordanie ont signé un accord de paix avec Israël, tous les points de contention ont été aplanis. Bien des médias se refusent de nuancer la couverture du conflit ou reproduisent telles quelles des analyses toutes faites de l’Agence France-Presse qui dépassent la couverture factuelle. Les images de Palestiniens présentées dans les médias sont souvent « interprétées » lorsqu’elles ne sont pas convaincantes et l’on ne rapporte que des propos qui entretiennent une vision simplificatrice et erronée du conflit. Et l’on se refuse d’émettre tout commentaire sur les exactions du Hamas à Gaza même, y compris le fait de se mettre en arrière-plan derrière des enfants lors d’émeutes déchaînées.

Cette incitation quasi directe des médias est lourde de conséquences. Si l’on se fie à l’historique des attentats, les actes terroristes qui ciblaient des groupes bien définis(3) ont dégénéré dans une violence terroriste qui n’a épargné personne, toutes affiliations confondues. Il arrive que les loups finissent par s’entredévorer lorsqu’ils se trouvent dans un état de surexcitation…

Les instances gouvernementales d’Europe et d’ailleurs doivent d’ores et déjà se préparer contre un style d’émeutes à l’identique.

(1) L’épithète de Pallywood a été attribuée aux nombreuses mises en scène de cortèges avec des blessés ou des morts qui se rétablissent ou ressuscitent un peu plus loin…

(2)Bien des manuels d’éducation financés par l’UNRWA sont des manuels d’enseignement de la haine; certaines écoles de l’UNRWA ont servi de dépôts d’armes.

(3)L’exemple de la France est significatif lorsque l’on considère l’assassinat d’Ilan Halimi, les attentats de Toulouse, Montauban, Charly Hebdo, Montrouge, Hyper Casher, stade de France, St-Denis, Bataclan, Nice, l’assassinat de Sarah Halimi et de la survivante de l’holocauste Mireille Knoll brûlée à son domicile.