Il y a deux manières de renforcer l’impact d’une liste aux élections.

La première, la plus forte, est de fusionner avec une autre liste. C’est ce que deux petits partis du sionisme religieux, Ihoud Leoumi (Union nationale) et Ha Baït ha Yéhoudi (Le Foyer juif) ont fait, parvenant ainsi dans les sondages à dépasser le seuil de représentativité (3,25 %) qu’aucun ne pouvait atteindre seul.

La seconde manière est de susciter des ralliements individuels. Hossen le Yisrael, le parti de Benny Gantz, vient ainsi d’enregistrer le concours d’Avi Nisenkorn, le président de la Histadrout, ce qui donne à la liste une caution sociale qui lui manquait. Il faut noter qu’une technique n’est pas exclusive de l’autre. Benny Gantz pourrait annoncer cette semaine la fusion de sa liste avec celle de Gesher, le parti d’Orly Lévy-Abécassis, ce qui conforterait l’aspect social de Hossen le Yisrael et corrigerait l’image trop masculine et trop ashkénaze du parti de l’ancien chef d’Etat-Major.

Le ralliement d’une personnalité comme Adina Bar Shalom, fille de l’ancien grand rabbin Ovadia Yossef, irait dans le même sens, en ajoutant une caution ultra-orthodoxe. Ces mini-fusions et ces ralliements n’auront pas l’impact qu’aurait une fusion entre cette liste et celle de Yesh Atid de Yaïr Lapid, seule à même de bouleverser le rapport de forces.

Si une telle fusion se produisait, ce serait la dernière grande surprise avant le dépôt définitif des listes le 21 février prochain. En effet, requinqués par leurs primaires, Avoda et Meretz ne sont plus incités à fusionner.

Dans les partis ultra-orthodoxes, les rabbins de Shas sont hostiles à une fusion avec leurs homologues ashkénazes de Yaadout ha Thora. Dans les partis arabes, la Liste unifiée ne semble pas craindre la concurrence de Taal, le parti d’Ahmed Tibi à qui les sondages promettent autant de sièges (6 pour chacun).

En somme, le 21 février au soir, au terme des fusions et des ralliements, on devrait avoir une image beaucoup plus nette de la compétition électorale. Mais un autre élément devrait influencer fortement le déroulement de la campagne : le calendrier judiciaire.