France: quand le Conseil d’Etat traite de port d’uniforme

Le Conseil d’Etat (plus haute juridiction administrative française) invalide ce 26 août l’arrêté rendu au titre de maintien de la paix civile par le conseil municipal de Villeneuve-Loubet prohibant le port du «burkini» sur les plages du territoire de la commune.

Le «burkini» est un néologisme paroxystique composé de la «burka» islamiste et du «bikini» occidental des années soixante. En vogue notamment sur les plages de l’Europe méditerranéenne, le «burkini» est condamné par les autorités religieuses musulmanes sunnites et chiites de Ryiad à Téhéran & de Beyrouth à Jakarta au motif qu’il moule les corps des femmes mouillées au sortir de l’eau.

Quant aux femmes qui les portent, ces mêmes autorités religieuses les condamnent au titre qu’elles violent l’interdiction faite aux femmes de se baigner en public et a fortiori au milieu de publics masculins.

Villeneuve-Loubet et les vingt-neuf autres communes françaises dont les conseils municipaux ont interdit le port du «burkini» sur leurs plages se sont fait piégés. Leur marge de manœuvre résidait entre la nécessité de maintenir ou restaurer l’ordre public et les impératifs de Droit humain national et international garantissant la liberté de conscience vestimentaire dans le cadre déterminé par la Loi. Or et en l’occurrence, si l’ordre public n’était pas remis en cause, le droit de conscience était quelque peu abîmé par les mesures municipales.

Reste que ni la réalité ni la nécessité de police générale des décisions municipales ne sauraient être remises en cause.

Le soutien du Premier ministre Valls aux maires concernés tenu au micro de RTL le 25 août a été contredit par plusieurs des ministres de son gouvernement, précisément Vallaud-Belkacem sur Europe 1 le même jour. Quant au Chef de l’Etat, il a appelé la Nation à ne provoquer ni stigmatiser….De quoi s’y perdre.

C’est sans doute parce que le problème est ailleurs.

Traiter d’un vêtement paradoxal et certainement pernicieux, c’est bien, mais traiter de la source de la difficulté, c’est mieux. S’il est tentant pour l’Exécutif et le Législatif de laisser les conseils municipaux et les juridictions judiciaires en première ligne, il lui est manifestement plus difficile d’assumer ses responsabilités.

En l’espèce, elles sont nombreuses à être délaissées. En effet…

Quid du partenariat officiel de l’UOIF (union des organisations islamiques de France) avec l’Etat français, alors même que cette union se réclame des «frères musulmans» (organisation islamiste intégriste) et représente des associations qui s’en réclament ?

Quid de la prolifération législative & règlementaire sensée lutter contre l’intégrisme religieux alors qu’elle est inexorablement assortie de l’inexécution des lois y afférentes ?

L’ordre public est une obligation statutaire et institutionnelle relevant de l’autorité publique.

Ni les tergiversations de l’Exécutif, ni les désordres législatifs du parlement, ni les inexécutions attestées des décisions de justice, ni même les décisions judiciaires  souvent contradictoires ne concourent à la restauration de la confiance générale à laquelle la Nation et le pays ont droit.

Aux corps constitués d’assumer leurs responsabilités relatives à l’ordre public, à la sécurité de l’Etat, aux violences racistes et antisémites, au terrorisme et à l’intégrisme islamiste.

Force est de constater que pour l’heure la France n’y est pas.

Pierre SABA
26 août 2016

 

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