Dans la nuit du 3 au 4 avril 2017, à Paris, madame HALIMI-ATTAL a été dérangée à domicile au milieu de la nuit par un individu qui l’a insultée de « sale juive », violentée, torturée et finalement défenestrée.

Alertée, la police est arrivée sur les lieux. Prétextant attendre des services spécialisés, les agents ont patienté une heure quinze au rez-de-chaussée de l’immeuble dans lequel la victime subissait les sévices et le crime.

Les faits sont avérés, attestés, enregistrés. Un voisin se tenant sur son balcon, face à l’immeuble, observait la lente tuerie. Il demandait à la police les raisons pour lesquelles elle n’intervenait pas et obtenait comme réponse : « On va le faire ».

Les premiers éléments de l’enquête indiquent le caractère psychiatrique du criminel, du crime et des tortures pratiquées sur la victime.

Lors de l’instruction, il conviendra à la police présente sur les lieux au moment des faits de préciser les raisons de sa non-intervention.

A de rares exceptions d’ailleurs tardives, loin de susciter de légitimes expressions d’horreur (crime) et d’indignation (non-intervention) c’est le silence médiatique, politique et institutionnel qui a suivi ce nouvel épisode de tuerie antisémite que connaît la France.

Ce silence ne parvient pas à préserver la confiance envers la police et la sécurité publique passablement entamée et notamment s’agissant de celle des Français juifs. Ces derniers, mais aussi tous les républicains et démocrates solidaires ont de quoi se sentir isolés.

Les conclusions judiciaires et de polices relatives à ce nouveau crime antisémite sont attendues. Quelles qu’elles soient, il est inquiétant et stupéfiant de constater l’inefficacité patente des corps chargés de la sécurité civile, l’absence de réactivité médiatique et politique et surtout l’inexistence de signes forts et diffusés de la solidarité nationale par les voix institutionnelles de l’Etat.

Les violences orales et physiques, les tortures et la défenestration commises la nuit en proximité immédiate des forces de l’ordre sur la personne de madame HALIMI-ATTAL laissent apparaître la situation de la sécurité publique et celle des ravages de l’antisémitisme en France en 2017.

La latence et la médiocrité du niveau de réactivité médiatique, politique et institutionnel qui a suivi indique en France  l’état de la responsabilité et des libertés publiques.

Reste à espérer la pertinence du rapport d’instruction judiciaire et celui de l’Inspection générale de la police nationale.

C’est bien peu et bien triste en regard de la vie de madame HALIMI-ATTAL, coupable du seul « crime » d’avoir été juive.