En France, et à nouveau, un crime antisémite a été commis le 23 mars 2018 par des individus se réclamant de l’islam. Deux hommes ont été mis en examen et écroués pour homicide volontaire avec circonstance aggravante d’antisémitisme. La victime, « coupable » aux yeux des assassins d’être née juive, feue Mireille Knoll, 85 ans, lardée de onze coups de couteau dans son modeste appartement incendié par les criminels.

Ce nouveau crime antisémite mobilise cette fois l’ensemble des corps constitués, le monde des medias et celui des politiques en une manifestation silencieuse et une indignation nationale.

Rien ni personne ne saurait justifier de tels crimes. Le développement en France de propagandes anti-israéliennes et antisémites, la passivité et les complicités qui les entourent et les encouragent, l’absence de désignation idéologique et confessionnelles qui les absout, constituent autant d’éléments probants et patents d’aide aux violences, délits et crimes à l’encontre des biens et des personnes françaises de religion juive.

Le modus operandi des criminels antisémites est toujours le même. Il consiste à s’attaquer en nombre à des personnes seules, à agresser armé des victimes désarmées, à utiliser des agresseurs jeunes et vigoureux contre des victimes enfants, femmes ou personnes âgées.

Agressés et offensés dans leur identité, dans leurs intimités, dans leurs citoyennetés, les Français juifs semblent partagés entre douleur, colère et crainte. Devant la réitération de tels crimes et en dépit des mesures prophylactiques prises par l’Etat et ses institutions, de tels sentiments sont légitimes.

Cette situation est inadmissible et inacceptable. Ces violences, ces délits, ces crimes sont commis sur ces citoyens français pris pour cible au nom d’un islam politique dont les soutiens affichent, diffusent, publient, revendiquent et justifient de tels actes.

Face aux violences qu’ils subissent dans leur propre pays depuis de nombreuses années, les Français juifs montrent une patience et un civisme infinis, apparemment improductifs.

L’accoutumance aux mesures hélas nécessaires de sécurité sensées protégées leurs lieux culturels, cultuels, privés ou publics d’une part, l’habitude de se sentir insécurisé dans l’espace public comme dans leurs lieux privés d’autre part tend à isoler les Français juifs des libertés publiques garanties par la constitution.

Dans ce climat délétère, il reste leur reste à se rappeler l’illégalité de l’antisémitisme et la fierté de leur identité. C’est beaucoup et peu à la fois.

Nulle personne, nul citoyen français ne saurait être astreint à vivre phagocyté par la peur et entravé dans ses libertés fondamentales en raison de son appartenance philosophique ou religieuse. L’Etat doit continuer d’assumer ses responsabilités en matière de sécurité publique et privée à l’égard de ses citoyens pris pour cibles en raison de leur naissance.

L’antisémitisme est un problème national qui doit être réglé toutes affaires cessantes par l’Etat. Il y va du respect des institutions nationales et des Droits fondamentaux inscrits au répertoire des Droits humains européens et des Nations Unies.

Dans l’inquiétante hypothèse où il ne serait pas mis un terme rapidement et dans l’urgence à ces crimes et violences, il n’est pas difficile d’envisager le pire, en terme de vies humaines, de mouvements de populations et de libertés publiques et fondamentales.