Certes, la visite officielle du Président Rivlin à Paris est importante et marque une amitié de longue date entre Israël et la France mais elle s’inscrit jusqu’à ce jour dans des voyages à sens unique.

Depuis son installation à l’Elysée, le président Macron n’a toujours pas effectué de visite officielle à Jérusalem, comme non plus d’ailleurs son Premier ministre, et ce, malgré toutes les déclarations et les promesses.

Les prérogatives intérieures ne sont que prétextes puisque Macron a trouvé le temps de voyager à l’étranger. Il part bientôt pour le pays des Pharaons et était récemment au Tchad, suivi d’ailleurs par Benjamin Nétanyahou…

Macron, comme ses prédécesseurs, distingue les préoccupations de la communauté juive du conflit du Proche-Orient. Cette distinction se fait aussi entre le gouvernement et le peuple israélien.

La visite de Rivlin est surtout symbolique et protocolaire et a pour but d’apaiser les esprits dans la communauté juive. Elle se focalise sur les relations bilatérales, et non sur les grands dossiers du jour, sur lesquels la France ne partage pas la même vue avec Israël. Ni sur la solution du problème palestinien, ni sur la Syrie ou sur les menaces iraniennes.

Ce voyage est effectué avant les élections en Israël, et au moment où la France, selon les propos du président français, traverse « une période d’interrogations et d’incertitudes ». Il vient d’ailleurs d’envoyer une lettre à tous les Français et les Françaises dans le cadre d’un grand débat national en affirmant que « la France n’est pas un pays comme les autres, le sens des injustices y est plus vif qu’ailleurs. »

Nous ajoutons que depuis 1967, la politique française au Moyen-Orient, surtout concernant le conflit avec les Palestiniens, demeure aussi injuste et déséquilibrée.

La non reconnaissance de Jérusalem et les condamnations systématiques contre « la colonisation » sont permanentes. Il y a quelques semaines, le 26 décembre 2018, le Quai d’Orsay a affirmé : « La colonisation est contraire au droit international, comme l’a réaffirmé la résolution 2334 du Conseil de sécurité des Nations unies. Elle sape, sur le terrain et dans les esprits, les conditions de la solution des deux États, seule à même d’assurer une paix juste et durable entre Israéliens et Palestiniens, et contribue à attiser les tensions. »

Rappelons que les manifestations des Gilets jaunes, dont certains sont soutenus par des Islamistes, les attentats terroristes, l’islamisation et les actes antisémites, et notamment le mouvement BDS, sont toujours présents et vivaces en France, nous le constatons quotidiennement. Ces jours-ci nous avons eu un aperçu en direct à la télévision lors d’une émission sur l’Eurovision.

Quand la représentante officielle de la France publie, à la veille de la visite de Rivlin, un article dans le journal Israel Hayom avec le titre « 70 ans d’amitié », nous pouvons évidemment sourire… La reconnaissance de l’Etat d’Israël, le 24 janvier 1949, par Robert Schumann n’est pas un argument pour justifier une « amitié ». Nous avons entendu des diplomates français nous dire au fil des ans : « Vous savez, la France a été votre marraine ». Un langage de la mère ou du père rappelant à leur fils : « Je t’ai mis au monde, ne l’oublie jamais !… »

Comment s’accrocher à une reconnaissance lointaine sans évoquer toutes les disputes, les crises, les froideurs et les ruptures entre les deux pays depuis 1967.

Certes, les relations sont singulières et nous souhaitons tous qu’elles deviennent plus amicales, sincères et solides. Hélas elles sont encore marquées par l’hypocrisie et le double jeu.

Dans le cadre de la visite officielle du Président Rivlin à Paris, nous n’attendons de la part du gouvernement français que des actes, un véritable changement de politique.

Cet article a été publié le 22 janvier 2019 sur le site http://jcpa-lecape.org/