Il y a encore un an et demi, je m’intéressais de loin à la politique, et n’avais absolument aucune attente vis-à-vis de l’élection présidentielle de 2017. Désespérée par l’offre politique à droite, et déçue par la gauche, je ne plaçais plus aucun espoir en nos partis traditionnels.

Puis ce 6 avril 2016, Emmanuel Macron a créé En Marche ! Voici la troisième voie progressiste que nombre d’entre nous attendions, espérions, et qui m’a poussée à m’engager. Certains diront que le terme « progressisme » est fourre-tout, dénué de sens, vain.

Mais qui est suffisamment aveugle pour ne pas voir les forces réactionnaires à l’œuvre dans notre société ?

Car tel est le propre de notre modernité politique, et ce, depuis la Révolution française : nous vivons dans une opposition permanente entre les tenants du progrès et ceux de la réaction, du recul.

Pourtant, quel est l’enseignement de Pessah sinon que la sortie d’Egypte est une émancipation politique constituant le renversement d’un ordre ancien ? Telle est l’histoire du peuple juif : savoir garder et transmettre nos traditions, mais toujours aller vers une forme de progrès.

Rappelons-nous du sens du mot halakha de la racine hébraïque halakh qui signifie « marcher ». La halakha est une loi qui gouverne la marche d’une société en mouvement. Toute pensée de l’homme et de la société comme figés dans le temps est une pensée fausse.

Voilà pourquoi, en tant que citoyenne française et juive, j’ai choisi de me mettre en marche : pour embrasser les changements de notre monde sans renoncer à l’optimisme. Non pas un optimisme béat mais un optimisme réaliste.

Oui, Emmanuel Macron est le candidat du réalisme et de l’humilité. Avec un programme qui ne comprend pas de promesses irréalisables, mais des réformes nécessaires et faisables : flexibilisation du marché du travail, accès à la formation professionnelle, relance de l’investissement et allègement de la fiscalité des entreprises.

Tandis que le programme d’Emmanuel Macron est réaliste et chiffré, le candidat de la droite prétend pouvoir associer cadeaux fiscaux et retour à l’équilibre des finances publiques en 2022, après avoir changé son cadrage budgétaire et fondé son programme entier sur des prévisions de croissance irréalistes.

Contre toute hystérisation du débat, Emmanuel Macron est le seul candidat de la cohésion nationale. À l’inverse d’une gauche aveugle et une droite proposant repli et division, il refuse ces deux extrêmes.

La lutte contre la menace terroriste passera notamment par le renforcement des moyens et la coordination nationale comme internationale des services de renseignement. Emmanuel Macron n’entend d’ailleurs pas revenir sur l’opération Sentinelle, si fondamentale pour la protection de nos lieux de culte.

Emmanuel Macron s’oppose à toute vision étroite et essentialiste de la Nation, tandis que d’autres candidats tiennent des propos douteux, présageant des mesures liberticides. Rappelons-nous que François Fillon déclarait que « les religions devraient réfléchir au maintien de traditions », estimant que l’abattage rituel était une pratique archaïque.

De la même façon, Marine le Pen propose aujourd’hui d’interdire l’abattage sans étourdissement préalable, manière dissimulée d’interdire l’abattage rituel. Pourquoi une telle ingérence dans le fait religieux ?

Emmanuel Macron à l’inverse, tient à une interprétation stricte de la loi de 1905, la laïcité est avant tout une liberté : celle de croire ou de ne pas croire.

Alors que certains lui reprochent son indécision, Emmanuel Macron a pourtant eu le courage, en visite à Beyrouth d’exprimer son rejet du mouvement BDS, affirmant que « le boycott d’Israël a été condamné par la France et il n’est pas question de revenir là-dessus ».

Voter Emmanuel Macron le 23 avril, c’est faire le choix de la raison et demeurer fidèle aux valeurs d’une France des Lumières, du progrès et de l’émancipation.

Cette même France qui fut la première nation européenne à émanciper les juifs, cette France fidèle à son héritage.

Notre France, ce n’est pas la France de Marine Le Pen qui falsifie l’histoire et voudrait faire croire que la France n’était « pas responsable du Vel d’Hiv ».

Notre France, c’est une nation républicaine qui sait regarder son passé en face, faire coexister en son sein des individus réunis autour de valeurs fondatrices : la liberté, l’égalité, et la fraternité.

Je voterai donc pour le seul candidat qui porte ces valeurs. Alors que nous commémorons la fin de Pessah et la sortie d’Égypte, nous devons nous souvenir que la liberté est une conquête, et qu’elle n’est jamais acquise.

Face aux incertitudes de notre temps, protégeons nos libertés individuelles et collectives, ces libertés qui nous permettent de faire société.