En règle générale : Il y a le film et il y a le sujet.

Le film, c’est au spectateur d’apprécier si ce qui se déroule a l’écran lui apporte, l’information, les émotions, la révolte, ou l’ennui…

Le sujet quant à lui, est réalisé dans un but : soit distraire, faire rêver, prouver, démontrer, etc… et la forme qui le soutient participe à cette intention.

Et pour ce film-là, il y a je crois, comme un arrière-gout de partialité.

Amos Guitaï, dont on a pu apprécier depuis 1995 son premier sujet à l’international « Devarim » opérait déjà depuis 10 ans. Ont suivis entre autre : Yom Yom, Kadosh, Kippour … jusqu’à ce « Dernier Jour d’Yitzhak Rabin » que j’ai vu dès sa sortie mi-décembre 2016.

Qu’en dire ? – Malgré un sentiment partagé, il nous emballe dans son ensemble. Dans le sens où il nous transporte en Israël (que nous aimons retrouver, même au cinéma, lorsque les souvenirs du dernier voyage dans ce pays –et en attendant le prochain- s’estompent.)

Il nous lâche parfois, pour ne pas dire nous « fâche », tant l’insistance à vouloir démontrer que tout est la faute d’un seul homme (Netanyahu) et de la pratique d’une religion (juive) obscurantiste et moyenâgeuse… Un peu « too much », n’est-ce pas ?

De quoi vous dégouter –presque- de cette religion dans son ensemble.

Quel message Amos Guitaï semble nous délivrer ? Jetez les bébés (la pratique religieuse, tellement diverse et variée, et Netanyahu) avec l’eau du bain… mais pas les bobines du film. Certains peut être franchiront le pas, à cause peut être de ce film, du contexte, des médias qui associent les extrémistes de tous bords, qu’ils soient juifs, musulmans ou chrétiens … Je pense qu’il y a comme un trouble, si ce n’est un danger !

Si, techniquement, j’ai trouvé le film bon. On « croit » que ce sont les vrais protagonistes du moment (les heures et jours après l’assassinat), ceux qu’on voit à l’écran, comploter, juger, construire ces fameuses «colonies illégales». Car l’astuce, est comme dans ces «représentations» à la TV d’affaires criminelles. Le faux (joué par des comédiens) est mélangé au vrai (documents d’archives). Et bon sang la plupart d’entre eux jouent bien leurs rôles.

Il y a quelques longueurs, que je qualifierais plutôt « d’insistances » du cinéaste à démontrer, vouloir absolument nous convaincre, qui desservent en partie son projet.

Je pense pour finir, qu’il faut aller voir le film. Bien sûr, pour s’en faire sa propre idée. Qu’on adhère ou pas à la démonstration proposée. A peine sorti du cinéma, le film nous invite à consulter les archives, au regard de l’actualité d’hier et d’aujourd’hui. Le film nous somme presque de prendre parti sur les divers sujets traités. Et rien que pour ça… et pour le débat qu’il suscitera immanquablement autour de nous, avec ceux qui ont vu ou verront le film, ça vaut le coup.

Je vous souhaite donc une bonne séance et une non moins bonne « prise de tête » dans les discussions à venir que vous devrez affronter.

Amicalement, Ary TOLEDANO