Essayons d’imaginer un instant un scénario utopique : Le nord de la France est attaqué par des dizaines de roquettes en provenance de Belgique forçant les habitants à se réfugier dans des abris; des avions français ayant riposté en bombardant des sites des responsables, à savoir une organisation terroriste flamande ; le Pays Bas condamne la France ainsi que la communauté internationale.

Utopique ? Pas évident si l’on tire des parallèles : Remplacer la France par Israël, la Belgique par Gaza, l’organisation flamande par le Jihad Islamique, les Pays Bas par l’Autorité Palestinienne, et la communauté internationale est toujours la communauté internationale.

Or, c’est exactement ce qui s’est passé dans le sud d’Israël le weekend précédent. En 48 heures plus de 70 roquettes avaient menacé la vie des habitants, forcés de passer la fête de Pourim (parallèle à Mardi Gras) dans les abris, les enfants empêchés d’aller à l’école, les hommes craignant de se rendre au travail.

Les avions israéliens ayant bombardé les sites de lancement, et l’Autorité Palestinienne, pourtant rivale du Hamas de Gaza, de condamner aussitôt Jérusalem, imitée par la communauté internationale.

Donc, le scénario est bien réel et la comparaison s’imposait pour faire imaginer à l’étranger la tension que connaissent les habitants de cette région. Or, ce scénario n’est pas nouveau et plus ça change plus c’est la même chose.

A l’heure actuelle tout est calme, sans doute provisoirement, jusqu’à la prochaine fois.

En revanche les choses semblent s’enflammer au nord du pays. Au cours des derniers jours plusieurs incidents ont eu lieu le long de la frontière avec la Syrie, des charges explosives posées sur le trajet des patrouilles de routine de Tsahal ayant fait des blessés parmi les soldats israéliens.

Or, cette fois, contrairement au passé, ces attentats sont la responsabilité du Hezbollah, donc tolérés par le régime syrien.Une fois de plus Israël a riposté, et Damas ainsi que le Hezbollah de menacer à leurs tour. Ainsi, la tension est montée d’un cran, ce qui pourrait expliquer des grandes manœuvres organisées par Tsahal aux environs du Golan.

A cette ambiance d’escalade s’ajoutent des préoccupations d’un autre ordre. Certes, l’inconnue concernant l’issue des négociations avec les palestiniens, auxquelles d’ailleurs personne n’y croit, est reléguée au deuxième plan par rapport à l’inquiétude face aux divergences avec Washington, aggravées en raison d’un chat noir passé entre le Ministre israëlien de la defense Yaalon et le Secrétaire d’Etat John Kerry, ayant manifesté de part et d’autre une mauvaise humeur, à la suite de certaines déclarations du Ministre israëlien, mal appréciées à la Maison Blanche.

Sans oublier une paralysie totale de la diplomatie israélienne due à la grève proclamée par le personnel du Ministère des Affaires Etrangères, et notamment les diplomates. C’est un contentieux face au Trésor concernant les salaires et les prestations sociales “honteuses“ selon les diplomates. Ainsi toutes les ambassades et représentations d’Israël à travers le monde sont fermées ; des voyages officielles annulés; des passeports diplomatiques retires. En somme, c’est l’isolement politique, et pour une fois cause par les israéliens.

Or, le ministre des Affaires Etrangères Avigdor Libermann ne soutient pas ses subordonnés face au Trésor mais plutôt les blâment.

Sans ignorer non plus des théories de conspiration qui vont bon train même parmi certains milieux chargés de la sécurité, se joignant ainsi au grand dilemme de l’avion malaisien disparu.

Selon certaines spéculations l’avion, pourrait servir à des terroristes comme bombe géante visée contre des objectifs importants ou peuplés en Israël, voire aux Etats Unis, à l’exemple du précédent du 11 septembre.

Les experts israéliens affirment qu’Israël est paré contre une telle éventualité, mais sans pour autant calmer tous les craintifs.