1. Conversons

En Israël, lors d’une première rencontre, la façon dont l’étranger parle hébreu est déjà une curiosité pour l’interlocuteur et un indicateur sur l’origine de la personne en face de lui.

Les Israéliens sont très curieux et à la fois respectueux des étrangers, notamment ceux qui maîtrisent plus ou moins bien l’hébreu ou ceux qui essayent de le parler.

Généralement les discussions commencent par le lieu d’origine. Cela permet de mieux se familiariser avec la personne.

La famille tient également une place très importante dans la conversation.

Le travail ne vient qu’en dernier lieu pour connaître davantage la personne.

Il n’y a pas tellement de sujets tabous en Israël, la parole est libre et chacun peut avoir ses opinions si controversées soient-elles.

L’humour est très développé en Israël. Il s’agit d’un humour spontané que les gens utilisent parfois sans même s’en rendre compte. Mais il est parfois difficile de comprendre à moins de bien maîtriser la langue.

2. Communiquons

En hébreu le vouvoiement n’existe pas. On tutoie les gens, ce qui rend le contact plus facile. La barrière est vite levée et on se sent moins gêné de s’adresser aux gens.

La distance n’existe pas vraiment, l’Israélien met vite à l’aise les gens de par son attitude très décontractée. Si un Israélien vous sent embarrassé, il n’hésitera pas à vous mettre à l’aise en plaisantant, tout en essayant de vous comprendre.

On s’adressera à la personne par Monsieur ou Madame et son nom de famille pour la première fois mais très vite on pourra l’appeler par son prénom.

La gestuelle est plus importante que le toucher. On peut rencontrer parfois des Israéliens s’agitant dans tous les sens pour exprimer simplement une idée banale. On se sert la main entre hommes et parfois entre hommes et femmes.

Les baisers homme/femme sont très rares, sauf entre très bons amis. L’Israélien parle fort et vite. Il donne l’impression qu’il est pressé de parler ou presque contrarié. Il arrive souvent que les Israéliens crient comme s’ils étaient énervés alors qu’ils parlent tout à fait normalement.

Les Israéliens détestent l’hypocrisie et n’hésitent pas à la dénoncer ouvertement. Il faut parler directement et franchement. S’il y a un désaccord, il faut en parler et ne pas laisser de sous-entendu.

3. Démontrons

Les démonstrations d’affection sont très nombreuses et ce de 7 à 77 ans ! Les gens s’échauffent très vite, trop vite (impatience dans les files d’attente, mauvais service etc..). Les jurons partent vite aussi.

En général, si une dispute sérieuse éclate, le public aux alentours essaye de calmer la situation. Il y a toujours quelqu’un plus « grande gueule » qui arrive à calmer la situation.

4. Travaillons

Comme il a été dit précédemment, Israël est un pays chaud où les gens sont très décontractés.

Au travail (sauf en cas de demande expresse de l’employeur), on ne porte pas la cravate et le costume. Une simple chemise à manches courtes et un pantalon de ville suffiront.

Même parmi les cadres, de nombreux directeurs sont habillés ainsi. L’approche entre collègues est très simple, spontanée, presque familiale. Une entreprise est presque comme une seconde famille. On se fait vite des collègues amis, curieux de mieux vous connaître et de vous aider parfois même.

On sort ensemble dîner, boire un café lors d’une pause. La qualité de la langue n’est pas très importante du moment que l’on arrive à se faire comprendre. On s’appelle par le prénom en général, même à l’égard des supérieurs hiérarchiques.

La mentalité veut que l’on travaille tous pour faire évoluer l’entreprise dans une bonne ambiance d’équipe. Certains travaux nécessitent un respect des délais auquel les supérieurs accordent une grande importance.

La gestion du travail personnel est libre à partir du moment que l’on démontre qu’on produit le résultat attendu au moment demandé. La ponctualité et l’absentéisme sont aussi contrôlés dans la plupart des entreprises.

5. Gérons

En général, les qualités requises chez un gestionnaire sont les aptitudes personnelles, et les qualifications. À cela s’ajoutent l’esprit d’initiative, un dynamisme hors pair, un potentiel d’adaptation développé, un bon esprit d’équipe, le leadership, l’expérience professionnelle et des connaissances solides.

Israël est un pays d’immigrants où chacun est descendant d’une famille venant d’un des quatre coins du globe. La provenance du directeur n’a donc aucune incidence sur ses rapports avec ses employés.

On ne jugera pas la personne sur son lieu d’origine mais sur ses aptitudes professionnelles. En Israël il est très facile de comprendre si l’on est apprécié ou non par ses collègues ou employés.

Les Israéliens n’hésitent pas à exprimer leurs opinions sur les gens.

6. Décidons

En fonction de leur importance, les décisions sont prises toujours collectivement en réunions de personnel ou d’équipe de travail. Chacun a le droit d’émettre son avis sur telle ou telle question.

Si le superviseur est disponible, il est possible de lui soumettre spontanément une idée, une opinion et même parfois une doléance. La liberté de parole est très importante pour le bien être de l’entreprise.

7. La religion, la classe, l’ethnicité et le sexe

a) Égalité des sexes : En Israël, les relations hommes femmes sont égalitaires. La femme dispose des mêmes droits civiques que l’homme. Nous retrouvons des femmes au gouvernement qui ont les mêmes prérogatives politiques que leurs confrères masculins.

Dans l’armée israélienne les femmes ont le même statut que les hommes et peuvent accéder à des grades élevés (officiers de carrière, pilotes de chasse…). Ceci est aussi valable pour la police.

En dehors de la religion, la femme moderne israélienne peut accéder à n’importe quel poste de responsabilité pourvu qu’elle ait les compétences requises.

Au travail, les femmes ont le même pouvoir décisionnaire que les hommes et les rapports directrices/subordonnés et vice-versa sont en général respectés.

Il arrive qu’il y ait des différences de salaire entre hommes et femmes possédant les mêmes qualifications et compétences et qui sont souvent dénoncées par le syndicat national (Istadroute).

Concernant le statut de la femme religieuse, dans une famille orthodoxe juive (et comme dans d’autres religions), la femme ne travaille pas ou peu et doit élever les enfants alors que le mari passe le plus clair de son temps à l’étude de la Thora dans les écoles talmudiques.

Dans une famille orthodoxe, il est une « Mitsva » (bonne action divine) d’avoir de nombreux enfants, dont la mère aura la responsabilité. Il incombe au père de les éduquer dans le respect des traditions et des valeurs du judaïsme.

b) Religion : En Israël, les trois religions monothéistes sont présentes. Le judaïsme, le christianisme et l’islam. Beaucoup de chrétiens et de musulmans travaillent et sont bien intégrés dans la société israélienne.

On note cependant une préférence de chaque communauté religieuse à rester davantage entre elle. Cela se traduit par des quartiers ou des villages à forte dominante musulmane ou catholique.

Je ne parle pas des différentes branches de l’Islam (Chiites, Sunnites, Druzes) que l’on retrouve dans de nombreux villages et qui vivent intégrés dans le pays (certains villages ou villes à dominante arabe sont des escales touristiques importantes (Nazareth) mais les habitants de ces communautés préfèrent éviter les contacts avec les juifs israéliens et cela est parfois réciproque. il faut souligner aussi la présence des Bahaïs (secte) dont le siège mondial est à Haïfa

L’égalité des religions au travail est en général respectée mais on comprendra que vis-à-vis de la communauté musulmane arabe et vu le contexte actuel en Israël, de nombreux employeurs sont réticents à embaucher des travailleurs originaires de cette ethnie.

Depuis le début du conflit israélo-palestinien, beaucoup d’arabes israéliens qui travaillaient régulièrement en Israël ont souffert des conséquences de ce conflit.

Une grande méfiance règne en Israël à l’égard de toute personne arabe, car l’image du kamikaze est gravée dans la population israélienne littéralement traumatisée par les nombreux attentats palestiniens.

Israël vit au rythme du calendrier religieux juif concernant la célébration des fêtes mais se fonde sur le calendrier chrétien dans la vie quotidienne. Pour un religieux travaillant dans un milieu plus laïc, il n’y a aucune incidence du fait qu’il soit plus religieux que ses collègues.

c) Classes : Le fossé entre les classes riches et les classes plus modestes s’est considérablement agrandi depuis le début de la Seconde Intifada.

La récession économique grandissante, une grande partie du budget de l’État a été consacré à la sécurité intérieure et à l’armée au détriment des aides sociales.

Aujourd’hui, on assiste en Israël à un appauvrissement accéléré de la classe modeste qui a des moyens très limités, voire nuls, pour trouver d’autres ressources, alors que la classe riche s’enrichit davantage en allant en chercher à l’étranger.

Cela explique que beaucoup d’entreprises ont fermé ou se sont localisées à l’étranger. Il en résulte un affaiblissement considérable de l’économie israélienne et un marasme sans précédent. Il reste alors les classes moyenne et modeste qui luttent pour leur survie dans un contexte économique désastreux.

d) Origine ethnique : Nous comptons de nombreux groupes ethniques juifs depuis les grandes vagues d’immigration russe au début des années 90 et l’arrivée des juifs Noirs (juifs d’Ethiopie), des juifs fuyant l’Iran, l’Iraq, et même les nombreux juifs faisant leur « Aliyah » (trad. Montée en Israël = émigration ) de France et des Etats-Unis.

La société israélienne s’est considérablement diversifiée et le melting-pot israélien s’est davantage élargi.

Désireux d’augmenter sa population pour avoir plus de poids au regard de l’ensemble des pays arabes qui l’entourent, Israël a accueilli (et continue d’accueillir) à bras ouverts tous les juifs du monde quelle que soit leur origine.

De ce fait les Israéliens qui y vivent depuis plusieurs générations ont du s’adapter tant bien que mal à vivre avec ces nouvelles ethnies.

C’est pourquoi il n’est pas rare d’avoir dans les compagnies à Tel Aviv, des collègues russes, français, éthiopiens et venant de pays arabes.

Dans un même département d’une compagnie, il arrive souvent d’entendre parler 5 à 6 langues différentes, mais l’hébreu est bien sûr la langue commune. La règle du respect de la différence d’autrui est toujours de mise.

e) Religion : Les gens religieux sont considérés comme des citoyens de deuxième classe par les travailleurs cosmopolites, et les juifs séculaires (généralement cosmopolites) sont perçus comme des païens par les gens religieux.

C’est là le problème principal de la société israélienne, qui ne peut pas être résumé, même en plusieurs pages. S’il était possible de rapprocher les Israéliens religieux et séculaires, cela rendrait un grand service au peuple et au pays.

La plupart des Israéliens respectent ceux qui observent leur religion de façon non ostentatoire. La lutte entre les antireligieux et les ultra orthodoxes déchire le tissu social.

f) Classe : Comme le pays est très petit, des villes entières jouent le rôle de quartiers. Selon la ville dans laquelle vous dites résider, vous êtes (probablement), soit un Israélien « nouveau riche », et séculaire de troisième génération, soit en difficulté financière et un nouvel immigrant américain et religieux.

Ces deux types n’ont aucun rapport entre eux. Par conséquent, même si les membres de ces deux classes pourraient réaliser ensemble de bonnes possibilités d’affaires, ils n’ont jamais de contacts pour former la synergie nécessaire.

Les Israéliens de longue date ont souvent du ressentiment à l’égard des nouveaux immigrants parce qu’ils leur reprochent de miner l’économie.

De fait, le principe du « droit de retour » permet à tout étranger juif de s’installer en Israël et de profiter des nombreuses mesures subventionnées par le gouvernement, telles que le paiement des billets d’avion, des allègements hypothécaires, des réductions de taxe sur les voitures et les articles ménagers, et l’inscription gratuite dans les universités.

Même si des membres de ces deux classes étaient amenés à se rencontrer, ils trouveraient difficile de travailler ensemble, la religion pesant énormément dans la réalité.

g) Autres ethnies : À l’instar de nombreux autres pays, j’imagine que l’origine ethnique, la religion et la classe sont très étroitement liées en Israël.

En théorie, il ne devrait pas y avoir de problèmes ethniques, puisque la majorité des Israéliens sont juifs. Cela dit, Israël compte un nombre croissant d’immigrants non juifs, notamment des Russes, des Thaïlandais et des Philippins.

Un autre grand problème en Israël est la présence de Juifs éthiopiens qui sont les seuls Noirs dans le pays. À leur arrivée en Israël, ces Éthiopiens n’avaient pas un style de vie occidental et ne connaissaient pas grand chose de la culture juive, de la culture israélienne et de l’hébreu et, par conséquent, ils étaient très désavantagés.

Ils ont été placés dans des résidences temporaires et peu d’efforts ont été réalisés pour les intégrer réellement. C’est pourquoi seul un très petit nombre d’entre eux ont très bien réussi dans le monde des affaires israélien.

Le gros de la population israélienne accepte mal la dépendance de ce groupe ethnique à l’égard du système. Cette lutte de classe ou entre ethnies se poursuit aujourd’hui. À chaque nouvelle vague d’immigrants, les mêmes problèmes se posent.

Bien que la deuxième génération d’Éthiopiens soit maintenant en train de s’intégrer, les immigrants nouvellement arrivés de Russie rencontrent plusieurs des mêmes obstacles qui ont confronté les Éthiopiens.

De plus, il existe un évident problème ethnique et de classe en ce qui a trait aux Arabes qui se sentent privés de leurs droits, isolés et réprimés.

Toutefois, il y aujourd’hui très peu d’échanges commerciaux entre Arabes et Israéliens.