Michel Onfray est sous attaque pour avoir exprimé un des mécontentements les plus appropriés quant à la question d’accueil des réfugiés en provenance d’Afrique et du Moyen-Orient.

Déjà il semble assez évident qu’un tri est nécessaire afin de déterminer qui ressort de l’asile et qui ressort de l’immigration. Mais Mr. Onfray est sous attaque pour avoir fait le parallèle entre les familles dans le besoin en France depuis des années et les arrivants dans l’urgence.

Il n’est pas le seul à s’étonner d’un élan de générosité envers des populations étrangères dans l’urgence contre l’absence de main tendue vers ceux dans le besoin au quotidien.

Cela n’est pas faire le jeu du FN c’est un constat sur notre société et notre perception de la souffrance, du message qui est véhiculé et qui cadre nos réactions vis-à-vis des sans abris chez nous, les roms dans nos villes, et les réfugies syriens aujourd’hui.

Cela se reflète autant au niveau de l’individu que de la société, nous donnons aux nouveaux arrivants mais tournons le dos au sans abri qui est ivre. Certainement un clochard bourré est moins attirant qu’un enfant aux yeux clairs typiques du Cham, mais sans connaitre son histoire nous jugeons cette personne de déchet, peut être a t’il vécu quelque chose d’atroce, nous n’en savons rien, mais il est dans la masse des gens qui “n’ont qu’à se démerder après tout, je m’en sors très bien moi même.”

Ce que fait Michel Onfray n’est absolument pas le jeu du FN, mais il met en évidence ce que nous refusons d’admettre au quotidien: toutes les familles françaises pourraient être logées, si ça n’est dans des logements sociaux, alors dans des centres, mais personne n’a besoin d’être dans la rue.

Quand Robert Ménard, Maire de Beziers, vient déloger des migrants et/ou demandeurs d’asile d’un logement social, on est en droit de lui répondre: certes ils sont là illégalement, mais Mr. le Maire, comment se fait-il que ce logement social soit vide? N’avez vous pas de familles dans le besoin? C’est ce que vous avez rabâché au Grand Journal.

C’est dans ces moments d’urgence que l’on se rend compte des possibilités que nous nions exister tous les jours. Si nous le voulions, une mère célibataire n’aurait pas à vivre avec cinq enfants chez sa belle soeur à une heure du travail et de l’école dans deux directions opposées.

Mais cette mère on lui dit d’attendre, que les listes sont longues, pendant que nos élus logent leurs familles et leurs maitresses dans ces mêmes endroits et se plaignent de ne rien pouvoir faire face à la pauvreté, face à ces nouveaux arrivants.

Les gens dans le besoin vont certes en vouloir au gouvernement, mais ils en voudront d’abord aux étrangers, ces gens qui leur volent ce qu’on leur doit en tant que citoyen. Ça n’est pas les nouveaux arrivants qui vous volent, ce sont vos administrations qui vous mentent.

Cette crise montre bien que ce qui manque à nos sociétés ça ne sont pas des moyens, mais de la morale.