Relevons le défi ! Mobilisons-nous face à l’urgence !

C’était l’appel républicain et laïque, lancé sous l’impulsion de SIONA et de la fédération des Juifs de France,mardi 30 septembre par de nombreux représentants associatifs réunis à la salle des mariages de la mairie du XVIIème arrondissement de Paris.

Militants, journalistes, simples citoyens de tous bords, tous conscients des enjeux, avaient répondu présents.

Autour de Richard C.Abitbol (président de la Confédération des Juifs de France et Amis d’Israël), se sont exprimés Sammy Ghozlan (président de l’Union des Conseils des Communautés Juives d’Ile-de-France), moi-même (président de Siona), Jean-Marc Moskowitz (président de Europe-Israël), Edouard Amiach (président de l’UPJF), Fred Rothenberg (secrétaire-Général de France-Israël).

Brigitte Kuster, maire UMP du 17ème arrondissement depuis 2008, a tenu un beau discours introductif, fort et réconfortant. Elle a souhaité à la communauté juive tous ses vœux de bonne année malgré « ces moments difficiles de violence antisémite et de barbarie. » De tels encouragements, rares et bien venus, ont été vivement applaudis. « Travaillez bien (…) Place aux débats et aux solutions » a-t-elle conclu avant de s’éclipser.

Si l’importance de créer une « dynamique nouvelle » a été abordée « pour promouvoir la culture juive en France et faire perdurer la flamme juive dans notre beau pays », l’accent a rapidement été mis sur l’actualité préoccupante et les attaques agressives dont les Juifs sont la cible.

Chacun a très vite reconnu les efforts mais aussi les limites des pouvoirs publics, et regretté les décisions décevantes ou insuffisantes du CRIF. Il a été convenu à l’unanimité qu’après l’inquiétude doit venir l’action.

J’ai dis d’emblée que « les Juifs n’ont pas peur mais ont conscience du danger qui les menace. (…) Le calme est revenu, mais pour combien de temps ? ». « Plus on parle du ‘’vivre ensemble’’ et moins le voit au quotidien ! »

Au-delà des discours et des soutiens sans cesse renouvelés et solennels, où se trouve la répression efficace et exemplaire contre l’antisémitisme ? ». « Je réclamé la tolérance zéro ». Il faut de la part des pouvoirs publics, une répression impitoyable avec une justice sans indulgence et sans concessions vis-à-vis des manifestations antisémites de quelques natures qu’elles soient.

« La situation a empiré » a confirmé Samy Ghozlan, président du BNVCA, car « ce sont des dizaines de plaintes pour insultes et menaces que nous recevons chaque jour ». Si la sécurité est « du domaine exclusif de l’Etat », il est essentiel d’agir sur la propagande pro-palestinienne » a-t-il précisé, car c’est elle, bien entendu, qui est responsable de ce danger.

Edouard Amiach a proposé de renouer rapidement le contact avec le monde politique, et d’alerter au mieux les autorités publiques. « Chacun à son niveau peut le faire. Solliciter son maire, ses élus, ses propres responsables locaux, est déjà une initiative individuelle qui peut servir l’ensemble de la communauté. »

Il faut aussi agir auprès des médias pour en finir avec une campagne de désinformation à propos du conflit au Proche-Orient car « Israël et les Juifs de France ont un destin commun » a-t-il souligné. « Défendons l’idée d’une future commission permanente sur l’Antisémitisme. Nous avons besoin qu’un tel observatoire soit créé au sein du Parlement pour lutter contre l’antisémitisme. Ça existe déjà et ça marche bien aux Etats-Unis et au Royaume-Uni, faisons pareil ! »

Jean-Marc Moskowitz a dénoncé l’islam radical et appelé à le combattre « de toutes nos forces et nos convictions». Il faut « faire confiance à nos propres capacités à reprendre l’initiative » car, a-t-il dit avec une fermeté admirable, « l’action ne viendra que d’une prise de conscience participative et responsable, où chacun a un rôle déterminant à jouer. »

Dans le cadre justement, d’un échange animé, la parole a ensuite été donnée au public. Le micro s’est beaucoup promené dans l’assistance, crépitant d’idées, riches et variées, intéressantes et généreuses.

Très vite, les discussions libres et sans tabou, ont porté sur « le respect de la loi de la République», les façons de « se défendre », d’encourager la communauté à « réagir et parler d’une seule voix », les moyens d’ « interpeller les médias », d’inviter tous les Français à prendre part à « une rébellion citoyenne » contre la violence qui ne peut être ni un langage acceptable, ni une fatalité.

Enfin, la synthèse de Richard Abitbol a récapitulé les éléments suivants : il existe une grande inquiétude dans la communauté. Il s’agit donc de travailler ensemble et de parler un même langage commun et cohérent. Initions un schéma directeur qui évalue les enjeux, qui cherche des partenariats, qui produit des synergies, a-t-il dit en substance.

« Sortons de l’isolement où l’on veut nous mettre » a poursuivi monsieur Abitbol. Faisons connaître nos sentiments et nos convictions, partageons nos préoccupations dans nos quartiers, auprès de nos voisins, chez nos commerçants, avec nos collègues, amis et connaissances. Ne passons pas pour des victimes ! Abandonnons nos dissensions internes, nos conflits d’égos et nos sempiternelles contradictions entre fierté mal placée d’un côté et modestie exagérée de l’autre.

Agissons ! Dénonçons, accusons, attaquons ! »

Des propositions ont été faites. Des pistes ont été retenues. Des projets sont à l’étude. Beaucoup méritent d’être approfondis et concrétisés.

C’est pourquoi, les représentants associatifs présents ont décidé solennellement de créer dans les meilleurs délais un collectif de travail chargé de mettre en place prochainement une plateforme opérationnelle et efficace.

Les événements dramatiques de l’été dernier ne doivent plus se reproduire.

Avec courage, énergie et détermination, nous saurons, nous devons, relever le défi !