M. Ridley Scott, célèbre réalisateur Hollywoodien, prend part à une tradition de cinéma gravée dans la pierre, celle qui nie la place des Noirs dans l’Histoire.

Dans sa dernière production, appelée « dieux et rois », il n’hésite pas à faire un film sur l’Exode, l’histoire de l’Egypte ancienne, où il montre tous les personnages en européens blancs. Nous pouvons comprendre que dans les temps de Cecil B. De Mille, le public était encore suffisamment infantilisé pour accepter de telles distorsions.

Mais à notre époque, où des archéologues, des historiens, et surtout le public sont conscients de l’existence de l’Afrique comme un centre de civilisation noire depuis l’antiquité, une telle production devrait être impensable.

Un film est une représentation, une opinion. M. Ridley Scott montre que, à son avis, nier aux Noirs leur place dans l’histoire, est quelque chose qui vaut la peine de dépenser des efforts et des millions de dollars.
Perpétuer le mythe d’un Moïse blanc, un pharaon blanc c’est quelque chose qui nourrit des notions de supériorité raciale, et de politique internationale en fonction de la couleur de peau.

Cette fois-ci, il ne fait aucun doute qu’en Afrique, dans les communautés noires, en Amérique et de la diaspora africaine, un tel film va être vu avec déception.

Essayer de voler aux Africains leur place dans l’histoire, sur leur propre continent, n’est rien de moins que d’essayer de les affaiblir.

Nous pourrions faire un film sur une histoire basée en Chine, utiliser des acteurs blancs, et les appeler par des noms chinois. Mais nous aurions à rendre évident que l’histoire est chinoise, et nous devrions aussi l’expliquer comme une parodie.

Dans le cas de la dernière production de M. Ridley Scott, aucune de ces explications, aucune tentative de justifications. Il présente l’histoire de l’Exode dans l’Egypte ancienne comme une histoire de blancs, point barre.

Derrière tout le faste d’effets spéciaux, ce film crache au visage des Africains. Sans vergogne. Sans se soucier de l’Histoire ou de l’archéologie.

Est-ce fait volontairement? Eh bien, quand vous avez tous le budget dont vous avez besoin, pour faire une telle production sur un thème historique et culturel central comme l’Exode d’Egypte, le moins qu’on puisse attendre est un minimum de recherche, où et quand l’action a-t-elle eu lieu, qu’est-ce que la recherche actuelle dit etc.

Non seulement il n’y a pas une telle tentative de la part de M. Ridley Scott et ses partenaires de production, mais ils ont délibérément choisi d’ignorer ces éléments de base. Dieux et Rois n’est pas de l’art, c’est de l’argumentation raciale déguisée en art.

Les Africains, pour M. Scott et ses investisseurs, sont encore des gens dont la culture, dont l’Histoire, et l’existence pourraient être niés ridiculisés et pillés. Les bénéfices tirés de ces entreprises sont en ligne avec la pensée coloniale, et il n’y a aucun doute à ce sujet, Dieux et Rois sera ajouté à la liste de la propagande anti-africaine, afin d’être étudiée par les étudiants futurs, sur le thème de la représentation Hollywoodienne des Africains.

Non content de la négation de la perspective amérindienne dans leur narration, les scénaristes et les experts de Hollywood font la même chose aux Africains sur l’histoire de leur continent.

Cette mentalité conquérante des cultures des autres, montre une problématique de faiblesse et d’incrédulité dans son propre patrimoine culturel. Si M. Ridley Scott avait quelque chose dans sa propre culture dont il pourrait être fier, il n’aurait pas besoin d’aller sur une telle expédition coûteuse pour ridiculiser et nier l’histoire des autres.

Le message de l’histoire de l’Exode pour les Africains, est que finalement il arrive un moment où les gens qui sont exploités par ces stratagèmes de puissance sont libérés, et leurs oppresseurs laissés avec leur propre stupidité. M. Ridley Scott peut continuer à tenir le micro de la propagande coloniale consumériste et commerciale.

Des millions d’Africains ajouteront cette aventure à la liste des tentatives inutiles de ridiculiser et marginaliser leur culture. Cela n’a pas marche avec Mussolini contre l’Éthiopie, cela n’a pas fonctionné contre l’Afrique du Sud de Mandela, et cela ne réussira certainement pas avec Moïse et Pharaon.

L’histoire et la culture de l’Afrique est entre les mains des africains. En répétant un proverbe marocain, le célèbre musicien afro-américain, M. Jimi Hendrix remarque: «Tous les châteaux faits de de sable disparaissent dans la mer, à la fin. »