Le soutien à la démocratie israélienne est un combat de chaque instant pour les étudiants juifs de France. Depuis les émeutes antisémites commises cet été à Paris et à Sarcelles, nous, étudiants juifs de France, sommes pris pour cible.

A la fac de Paris 1, l’UEJF s’est opposée à la rentrée au rassemblement organisé par le NPA « contre la barbarie israélienne et la complicité du gouvernement français ». Rassemblement organisé, donc, par le parti d’Olivier Besancenot, qui défilait cet été aux côtés de ceux qui agitaient des drapeaux du Hamas en brandissant des fausses roquettes.

Ce rassemblement indigne a été maintenu de force par un groupe d’excités, malgré l’interdiction de la fac. Pire, face aux protestations, ces pseudo-étudiants se sont livrés à des cris de « Mort aux Juifs ! », au beau milieu d’une université française.

Il en fallait plus pour impressionner les militants de l’UEJF qui ont lancé une campagne d’affichage rappelant la phrase de Martin Luther King : « l’antisionisme est un antisémitisme par essence ».

La réponse des nervis antisionistes ne s’est pas faite attendre : quelques jours plus tard, le local de l’UEJF sur place était saccagé dans la nuit. Tables et poubelles renversées, détritus jetés, toit défoncé, et tags « Palestine vaincra »

Le message est clair : sous prétexte de dénoncer l’État d’Israël, on attaque collectivement les Juifs de France. Le venin antisémite contamine toute notre société.

Aujourd’hui, dans les campus jusque dans les grandes écoles, nous faisons face à des étudiants qui trouvent banal de chanter « Shoah-nanas », et de débiter des discours complotistes selon lesquels le Mossad a fomenté la tuerie de l’école juive de Toulouse ou celle du musée juif de Bruxelles.

Nous nous opposons à de plus en plus d’étudiants fans des vidéos de Dieudonné, qui se gargarisent de ses plaisanteries sur Mehdi Nemmouche, ou de sa dernière vidéo où il explique à son fils que les chambres à gaz, c’est comme le Père Noël.

Nous combattons la montée en puissance d’Alain Soral et de ses disciples. Le mois dernier, devant les tribunaux où nous l’attaquions pour antisémitisme, il nous menaçait et tentait d’intimider juges et gendarmes en ameutant une foule hostile. Nous ne faiblissons pas face à cet antisémite obsessionnel qui s’apprête à fonder avec Dieudonné son propre politique, cela promet …

Face à ces menaces, notre attachement au sionisme redouble de force, et nous ne manquons pas de l’exprimer. Etudiants juifs, nous rappelons au quotidien notre attachement à l’état d’Israël. Nous rappelons sans cesse qu’Israël est la seule démocratie mutli-culturelle du Proche-Orient, et que les Israéliens aspirent avant tout à vivre en paix avec leurs voisins.

Nous continuerons à exprimer notre solidarité avec le peuple israélien lorsque sa population est attaquée, aujourd’hui par les terroristes du Hamas, et demain, qui sait, par les fous de l’Etat Islamique.

Nous étions cet été sous les roquettes avec les cadres de l’UEJF, à Sderot et Ashkelon, pour exprimer notre soutien aux habitants. Nous avons vu le courage des familles, exposées à la menace des infiltrations par les tunnels, en proie aux tirs de mortier. Nous avons vu les batteries du Dôme de Fer en action, nous avons vu le nombre de vies qu’elles ont sauvées. Cette réalité, nous nous devons de la rapporter sur les campus français.

Nous continuerons à faire intervenir des étudiants israéliens dans les Universités françaises, pour faire entendre la réalité et la complexité de ce pays. Nous ne nous laisserons pas intimider par les partisans du boycott d’Israël, qui l’an dernier, à l’Universités Paris-8, nous ont attaqués en hurlant « UEJF, sioniste, casse-toi, Paris-8, n’est pas à toi » …

Pourtant, notre démarche a payé face à ces acharnés : nous avons réinvesti l’Université de Paris 8, nous avons fait reculer le camp de l’intolérance, et nous avons depuis réussi à faire intervenir avec succès un universitaire israélien pour y parler de sionisme et de paix.

Dans ce climat hostile, il est plus que jamais nécessaire de faire preuve d’unité. J’ai été abasourdi de voir mon nom jeté en pâture par un média communautaire qui n’a même pas pris la peine de demander ma version des faits, sur la base d’une rumeur colportée. J’ai eu droit aux pires anathèmes, parce que l’UEJF n’a pas organisé une conférence avec Naftali Bennett.

Nous rencontrons tout le monde en Israël, et surtout ceux avec qui nous ne sommes pas d’accord. Je n’ai jamais refusé de voir un ministre israélien, et je rencontrerai les politiques de droite comme de gauche lors de mon prochain déplacement en Israël en décembre. Nous n’avons de leçon de sionisme à recevoir de personne. Les juifs n’ont certainement pas besoin d’une police de la pensée dans cette période de crise. Je dénonce la violence qui a été exprimée contre mon organisation et nos militants qui mènent jour après jour une lutte sans merci sur le terrain contre le boycott d’Israël dans les campus.

A quoi jouent ceux qui font leurs choux gras de cette non-affaire, si ce n’est ajouter à la difficulté de la situation des juifs de France le malheur de la désunion ? Plus que jamais, nous devons nous retrouver autour de valeurs communes, et nous rassembler face aux menaces.

En commémorant la mort du Premier ministre Rabin, assassiné il y a 19 ans, nous devons nous rappeler que la haine intestine est funeste aux défenseurs d’Israël.

Je souhaite que chacun s’inspire du président actuel de l’Etat d’Israël, Reuven Rivlin, que j’ai rencontré la semaine dernière à Varsovie, et qui disait ces mots extrêmement touchants au sujet de Rabin : « Ce n’est un secret pour personne : j’étais très opposé aux accords d’Oslo. Mais pourtant, qu’est-ce que j’admirais Itshak ! Il était évident pour moi que nos désaccords méritaient un débat riche, entre deux personnes amoureuses d’une même terre. Certes, nous n’avions pas le même parcours, nous ne partagions pas les mêmes convictions politiques … mais nous étions membre de la même famille, une famille pour qui les règles de la démocratie sont sacrées et dont il ne faut dévier sous aucun prétexte. ».