Sa forme la plus simple, la plus explicite, Etre, renvoie à l’image d’Adam, celui qui est sorti de Terre pour Exister, rempli du souffle, le Ruah. Loin de toute philosophie « Etre ou ne pas Etre », la Torah nous appelle à prendre conscience que l’Etre, l’humain, ne se dote pas de lui-même, du pouvoir et du faire, du savoir et du savoir Etre mais bel et bien de la Volonté du Créateur, de nous affranchir de l’esclavage d’un monde où le sens même d’Exister n’a de valeur que si l’on rentre dans un moule codifié, déifié…

Etre, appelle à la Vie, à l’Existence active, à la prise de position. En opposition à l’inaction, à la passivité, « qui ne dit mot consent »…

De beaucoup palabrent sur la notion de l’engagement, sans passer par la case départ, à savoir regarder, réfléchir sur leur existence, existent-ils seulement ? Où ne sont-ils pas l’ombre d’eux même, de quelque chose qui a dû prendre vie un jour lointain, pour s’effacer, tiédir, puis mourir …

Etre, bon nombre arborent un statut, une identité, se revendiquent même, mollement certes, mais tout de même, d’une forme de croyance, au plus près de la Parole oubliant que celle-ci a été faite Chair c’est-à-dire qu’elle a pris forme, puis vie, pour exister et donc Etre.

Comment « Etre » un représentant de celui qui mène à la Maison du Créateur ?

Etre, te voilà avec ton sang qui coule dans mes veines, ce sang adamique né il y a plus de 4 000 ans, en un seul jet de création par la Main d’ Adon-ai, Celui qui a le pouvoir de sortir de terre un liquide rouge à la fois noir et bleu, dans un mécanisme de nettoyage automatique sans que l’homme n’ai aucune intervention à faire. L’Oxygène la vie, toujours plus forte que le Carbone la mort, tous deux dès le début se sont côtoyés..

Dans mes artères jusqu’aux plus petits vaisseaux, coule ce miracle de la vie, reproduit depuis Ish et Isha, il est là, celui que les hommes tentent en vain de reproduire sans succès…

Etre, toi qui passe par mon cœur, à double section, placé au centre de mon corps, l’un de droite l’autre de gauche, comme cet ultime jugement qui séparera les justes des impies, les uns à droite les autres à gauche. Cœur de toutes les mouvances donc, tant du bien que du mal, là où prennent racines les pensées qui ne sont pas les nôtres sauf quand l’oeuvre d’ Adon-aï vient parachever notre destin accepté, en transformant notre cœur de pierre en cœur de chair, Parole faite Chair.

Etre, toi qui agit dans les pensées quand ma volonté a plié devant celle du Très-Haut, faisant de moi une esclave affranchie, librement servante du Chemin, la Délivrance Yah-shoua, menant à ce perron sur lequel se tient nuit et jour mon Aba, robe écarlate à la main, veau en attente de sacrifice, pour me recevoir, moi qui ai dilapidé mon Héritage ancestrale, me vautrant dans un monde de luxure.

Etre, cette vie réanimée un soir d’automne quand morte tu m’as prise dans ton plumage, inondant ton trône par mon torrent intarissable de regrets, de Techouva.

Etre cette action vibrante de tout mon corps, comme un réacteur en feu qui ne peut se consumer, qui ne peut vivre que par son essence même de cette brûlure d’amour pour toi, ne demandant qu’à actionner cette passion éternelle.

Etre, tout en moi crie à Toi, de Toi et pour Toi, m’amenant à la résistance de ce qui est vil, de ce qui te déplaît, de ce qui te fait mal, de ce qui te rend triste.

Etre, c’est l’amour de ton Amour, le désir de voir dans tes yeux la joie, cette simcha (joie) que tu affiches quand tes enfants te manifestent leur amour non pas par des mots, mais bel et bien par des actions constantes et sincères, par cet engagement qui fait de nous, de moi ton ambassadrice du véritable Amour.

Etre, marque sur mon front quand je pense, je décide, je parle, front de là où se jouent les victoires , terrain de toutes luttes sanguines, toujours ce sang, pour la victoire ou la défaite…

Etre, marque que je porte à mes mains, par mon vouloir de faire et de laisser faire ta Volonté. Mains que tu guides jour après jour veillant à ce qu’elles n’entachent pas ta Gloire, en signant le rouleau des Talents par des actes dignes de ta pureté.

Etre, à l’image de Celui qui a renvoyé à l’horreur de son époque, patience, amour et vie, pour finir cloué sur le poteau comme cet édit royal que l’on clouait sur les portes, histoire que tous soient informés de la décision en haut lieu.

Etre, c’est justement cette décision jusqu’au bout qu’a laissée clouée sur une certaine colline l’Amour du Créateur, réconciliant l’Etre devenu ténébreux avec son sang adamique de cet Eden perdu. Il en a fait un souvenir indélébile, menant jusqu’à nous, jusqu’à moi ce rouleau de la Vie pour faire de moi un Etre de chair animé plutôt qu’un arbre mort.

Etre, sans aucun doute le prophète Zacharie l’a décrit dans sa complainte, poussé par le Ruah, « mais sur la maison de David et sur les habitants de Jérusalem, je répandrai un esprit de bienveillance et de pitié, et ils porteront les regards vers moi à cause de celui qui aura été percé de leurs coups, ils le regretteront comme on regrette un [fils] unique, et le pleureront amèrement comme on pleure un premier-né.

Etre, je veux l’être dans tous les sens du terme, remplie de toi, de ton Amour, de ta force, de ta patience, de ta résistance, de ta constance, de ton action, parce qu’Etre sans être celle que tu veux que je sois, reviendrait à n’être qu’une feuille d’automne tournoyant dans un semblant de vie, pour mourir dans les couleurs adamiques, redevenir poussière sans porter de fruit qui te glorifie.

Etre, douce musique cristalline quand les notes jouent la partition de la Vie libérée, scellée par la cire du cachet royal, rouge sang, aux insignes de la Délivrance Yah-shoua , trompettes chantantes, marquant l’entrée dans le royaume à venir, recevant la couronne de Vie par la Main de Celui qui de tout temps, hors du temps, a toujours veillé sur moi, m’aimant avant même que je découvre son existence, avant même que je sache que tout mon être lui doit d’Etre ce que je suis aujourd’hui.

Etre de par cette Délivrance, tant de fois nommée dans les Ecritures, ce Yah-shoua , déchirant le voile des ténèbres, ouvrant la voie à mon emouna (foi), pour me réconcilier avec mon Aba (père).