« Les juifs peuvent rester en France » a déclaré Hollande.

Une possibilité que Hollande a lancé comme une condescendance, sans souci de son impact sur les juifs français, parce que dire des mots pareils, c’est reconnaître que ce droit ne nous est pas acquis ainsi qu’à tous les citoyens français, et qu’il peut être remis en question.

Comme est-ce possible que 75 ans après la Shoah, l’étoile jaune et les multiples attentats contre les juifs depuis des années, un président puisse dire en France, comme un cadeau qu’il nous ferait « les Juifs peuvent rester en France. »  Mots terribles qui claquent comme une infamie et succèdent aux dérives verbales de Fabius, Cambadélis et Dumas pour ne citer qu’eux.

Jamais une telle phrase n’a été prononcée pour les protestants, les catholiques et les musulmans, jamais, et Hollande en prononçant ces mots, a entériné en tant que chef d’État, que le statut français des Juifs n’était pas souverain ni pérenne, mais toujours capable d’être suspendu ainsi qu’il le fut avec la loi Crémieux en 40 ; comme si la nationalité française n’était pas réellement la leur ; comme si les juifs français n’avaient pas participé à la notoriété et à la gloire de la France, n’avaient pas éclairé la nation par leur intelligence, leurs talents, leur créativité et cela dans tous les domaines de la vie, des hautes technologies à la musique, de la philosophie aux sciences, aux mathématiques…

La liste n’est pas exhaustive et bien trop longue pour la relater ici, mais les juifs français sont si nombreux à avoir été nobélisés pour leurs découvertes ou pour leurs talents, que parfois on a effectivement l’impression que sans eux la France serait moins éclairée, moins vive et étincelante aux yeux du monde.

Et pourtant Hollande a bien prononcé des mots qui sous leur apparente bienveillance « les juifs peuvent rester en France » démontrent parfaitement que si l’on peut nous concéder d’y vivre, c’est bien que nous n’y sommes pas inscrits naturellement comme tous les autres Français.

Nous sommes donc juifs d’abord aux yeux de Hollande, comme à ceux de Fabius, Cambadélis et Dumas, hélas peut-être aussi aux yeux de trop nombreux Français qui ne comprennent pas nos peurs ; la peur que nous pouvons avoir pour nos enfants et leur devenir, bien loin des paranoïas collectives nationales qui se succèdent et disparaissent au fur et à mesure des informations désastreuses de la planète, le rire et l’indifférence chassant rapidement les pleurs du jour, mais tout près d’une réalité meurtrière qui peut nous atteindre comme elle l’a fait au travers des siècles, seulement parce que nous sommes juifs, avec systématisation et détermination.

Être juif, un stigmate et une différence qui nous marquent comme on marque les bœufs, qui permit à d’autres Français de rafler et enfermer des milliers d’entre nous dans des camps avant de les envoyer brûler et mourir.

Oui la phrase et les mots de Hollande sont terribles et infâmes parce qu’ils disent simplement comment il nous voit : des êtres à jamais suspendus au bon vouloir des uns et des autres « assis, debout, couchés les juifs ! »

Ce qui se passe actuellement en France est pour les juifs, d’une injustice et d’une tristesse infinie.

Je sais ils ont l’habitude, mais la République c’est pas rien, elle fut si lumineuse parfois…

Par force et malgré leur peine, un jour par milliers les juifs quitteront cette France qu’ils auront tant aimée, à qui ils auront tant apporté pour s’installer en Israël.

Pas pour y être en sécurité, la sécurité là-bas c’est à l’arraché, mais parce que les juifs y sont debout, résistants et puissants de vie face aux guerres et à l’adversité.

Parce qu’être Juif en terre sainte c’est la possibilité d’une aube.