On voudrait nous faire croire que la création d’un Etat palestinien serait la réponse adéquate aux attaques lancées contre Israël depuis l’enlèvement et le meurtre de trois yeshiva bochers au massacre des Juifs en prière dans une synagogue à Har Nof.

Or, l’Etat-palestinien dont on parle n’a rien à voir avec une entité politique située dans un espace géographique. « Etat-palestinien » est un mot valise, un mot de passe, une arme. L’appel à la création de cet Etat-là se situe du même côté de la ligne verte du jihad que les atrocités commises depuis le mois de juin. La façade innocente du mot « Etat » cache un projet génocidaire.

D’ardents défenseurs d’Israël soutiennent, eux aussi, comme preuve de bonne volonté la solution de deux Etats.

Il faudrait plutôt chercher à comprendre pourquoi on relance cette
« solution »  à l’heure où les « partenaires pour la paix » rivalisent en atrocités.

Le Fatah n’est pas seulement uni avec le Hamas, qui avoue sans vergogne sa volonté d’exterminer les Juifs, il a pris le relais en démarrant la bataille de Jérusalem au lendemain du cessez-le-feu à Gaza. Après les roquettes et les tunnels viennent les voitures assassines, les meurtres à l’arme blanche et la campagne de reconnaissance auprès de l’ONU et des Etats européens sous la bienveillance ambiguë du président américain.

18 novembre 2014, Kehilat Bnei Torah, Har Nof, Jérusalem : deux Musulmans armés de haches, de couteaux et d’un pistolet, criant allahou akhbar, massacrent des Juifs en prière.

Quatre sont morts sur le coup, d’autres sont blessés grièvement voire mutilés. Une nouvelle étape est franchie. Certains médias, déstabilisés, se ridiculisent. CNN nous donne un attentat dans une mosquée, 2 Palestiniens tués.

Sur BFM TV, le bien-nommé Emmanuel Faux, fils de Gisèle Halimi, glose sur la judaïsation de Jérusalem et les provocations des extrémistes juifs.

Si le conflit, au demeurant territorial et politique, est devenu religieux, dit-il, ça a commencé quand des Juifs voulaient prier sur l’esplanade des mosquées.

Alain Gresh (Monde diplomatique) rajoute la colonisation, l’Occupation, l’injustice, l’unification illégale de Jérusalem.

D’ailleurs, Har Nof se situe pour les uns à Jérusalem Est, alors que d’autres comptent les assassins parmi les victimes des attentats de cet automne, y compris les cousins qui ont fait couler le sang sur les livres de prière, fendu des crânes et découpé un bras enroulé de tfilin.

Du côté de SkyNews et de la BBC, on demande comment la destruction des maisons des criminels—morts de surcroît—pourrait mener à la réconciliation.

Des sympathisants offrent des sucreries en l’honneur des shahids Ghassan et Uday Abu-Jamal de Jabel Mukaber. Chez les gens polis, on sert le plat du jour : processus de paix, solution à deux Etats, fin de colonisation, division de Jérusalem.

Or, une vidéo diffusée par DAESH deux jours avant la tuerie dans la synagogue met en scène de fiers Européens à visage découvert tenant dans une main un couteau de boucher et dans l’autre le cou qui sera bientôt séparé de la tête d’une victime.

Maxime Hauchard, un converti français de 22 ans qui a abandonné ses vaches normandes pour les sables du Califat est identifié. Lui aussi, il crie avec ses camarades allahou akhbar.

A Jérusalem des Juifs d’origine canadienne, britannique, américaine sont sauvagement attaqués parce qu’ils priaient dans une synagogue alors que dans le Califat des décapiteurs de nationalité européenne et américaine invitent leurs compères à suivre leur exemple en Occident.

Ils soutiennent, eux aussi, une solution à deux Etats—dar al harb et dar al islam—en vue de la création d’un seul et unique Califat soumis à Allah et à sa loi, la sharia.

Ceux qui veulent se placer du bon côté de la ligne verte des atrocités jurent que couper des têtes n’a rien à voir avec l’islam. Le conflit israélo-palestinien non plus. Il n’est pas religieux ou ne le serait pas si les extrémistes juifs ne troublaient pas les Musulmans sur « l’esplanade des mosquées ».

Ainsi, des Juifs sur le Mont du Temple sont extrémistes et les Musulmans qui massacrent des Juifs en prière sont des victimes « abattues » par la police.

Quant à l’héroïsme du jeune policier druze, Zidan Saif, mort de ses blessures, les médias généralistes n’en ont pas fait grand cas ! Arrivé avec un collègue en premier sur les lieux, Saif a tiré sur l’un de tueurs qui est sorti de la synagogue et lui a tiré dessus à bout portant.

Des Juifs qui veulent vivre dans des quartiers de Jérusalem décrétés
« arabes » par l’opinion internationale sont des criminels.

Un gouvernement qui construit des logements pour résidents juifs dans des quartiers étiquetés « colonies » par les bien-pensants est d’extrême droite. Israël, avec 20 % de population non-juive, est un Etat d’apartheid mais la détermination — curieusement noble — de Mahmoud Abbas de construire un Etat palestinien libre de toute présence juive mérite le soutien des parlements européens. C’est une logique génocidaire !

Gérard Marx [loge hatikvah du B’nai B’rith] se demande pourquoi le Times of Israël omet de citer le rôle de la sénatrice écologiste Esther Benbassa, foudroyeur notoire des Juifs « complexés » et fière d’avoir déposé une proposition de résolution sur la reconnaissance de l’Etat de Palestine : « Reconnaître l’Etat de Palestine est une manière de dire clairement non à l’idéologie messianico-expansionniste qui anime une partie de la population israélienne ainsi que la coalition formée autour de Benyamin Netanyahu. ».

Plus d’une centaine de parlementaires annonçant leur intention de voter contre la résolution nous rassurent : ils soutiennent bel et bien la solution à deux Etats. Seulement il faudrait y arriver par la négociation.

On est tenté de citer une à une les énormités vues et entendues ces derniers jours. Tenez, par exemple, l’émission « On ne va pas se mentir » du 19 novembre.

Sous la houlette d’Audrey Pulvar, quatre intervenants d’une ignorance-arrogance éblouissante —Philippe Bilger, Anne Giudicelli, Claude Guibal et Myriam Benraad—montent une construction proche orientale dont chaque brique d’agression musulmane est jetée à la tête d’un Israël coupable.

Quelques perles : Le gouvernement israélien se radicalise depuis l’assassinat des trois adolescents au mois de juin. La population palestinienne voit les attentats comme une réaction normale aux crimes des colons. On assiste à un retour aux fondamentaux de part et d’autre : les attentats, le siège de Gaza ; les Palestiniens séduits par le débat sur l’Etat islamique, les Israéliens par le débat sur un Etat juif. Pour prévenir [ces attentats] mieux vaut ne pas provoquer. Israël instrumentalise ces actes isolés pour se dédouaner de sa politique…

Si on suivait jusqu’au bout la logique de ces spécialistes, le bain de sang à la synagogue de Har Nof est la faute des Juifs : ils n’avaient qu’à ne pas saigner.

C’est quoi le « end game » de ce discours ?  Quel est l’élément qui justifie la punition d’Israël ? C’est l’échec du processus de paix qui devrait aboutir à la solution à deux Etats.

Une solution totalement, absolument et résolument divorcée de toute réalité factuelle. Il ne s’agit ni d’un processus ni d’un Etat mais d’un écran de fumée destiné à cacher les horreurs qui se produisent devant nos yeux tout en les attribuant à l’Etat juif coupable du péché originel : ne pas être l’Etat islamique, ne pas se soumettre.

Tout comme le Mont du Temple est travesti en « esplanade des mosquées » l’Etat d’Israël devrait être, par une stratégie de Djihad déguisée en processus de paix, transformé en état soumis à la sharia.

Zvi Mazel, de passage à Paris, me montre une brève du Figaro où on annonce que les autorités israéliennes, pour la première fois depuis longtemps, autorisent sans restriction d’âge l’accès à l’esplanade des mosquées. « Notre ambassade ne fait rien, dit Zvi. Il faut dire au Figaro que c’est le Mont du Temple. »

En effet, quelques jours plus tard, Michal Philosoph, porte-parole de l’ambassade, laisse dire sans broncher [I Télé] « l’esplanade des mosquées » en assurant l’engagement ferme du gouvernement de respecter le statu quo. « Une toute petite mosquée de 600 mètres carrés au coin d’une étendue de 14,5 hectares, s’insurge Zvi, et il n’y a pas de place pour des Juifs ?  Et maintenant ils appellent toute l’étendue du Mont du Temple al Aqsa. »

Pas religieux, le conflit ? Et « l’Intifada al-Aqsa » déclenché en septembre 2000 par la visite dite provocatrice d’Ariel Sharon sur le Mont du Temple et la mise en scène de la « mort » du shahid Mohamed al Dura ? Ce n’est pas religieux, on insiste, c’est politique, c’est territorial. Et L’Islam ? N’est-il pas politique, territorial, djihadiste ?

On s’épuise à signaler l’aveuglement volontaire des spécialistes, dirigeants politiques et journalistes, à leur dire le mal qu’ils font.

Savent-ils seulement le mal qu’ils se font ? Ils baissent la tête devant le décapiteur, épousent la stratégie du djihad qui les condamne, mettent le couteau dans la main de leur compatriote à peine sorti de l’enfance et tout fier de devenir bourreau. Ils se radicalisent, nos commentateurs, ils se radicalisent tout seuls.

Aucun discours, aucune résolution parlementaire de reconnaissance ne changera la réalité du sang qui coule, de la main qui tient le couteau, de l’esprit qui la dirige et qui les vise, eux aussi.