Pendant plus d’un mois, le Hamas et le Djihad islamique ont lancé tout ce qu’ils ont pu comme missiles sur Israël, en prouvant leurs progrès technologiques. Les fusées les plus sophistiquées venaient d’Iran, et certains tirs ont atteint le Carmel, et la Cisjordanie au delà de Jérusalem. Le Hamas avait aussi fabriqué sur place des armes, montrant une progression remarquable de son savoir faire.

Toutefois, l’organisation islamique qui avait prévu des réseaux souterrains pour acheminer armes et soldats, n’avait rien prévu pour protéger sa population. L’aviation militaire israélienne, les tirs de la marine, et les combats ont fait d’énormes ravages dans la ville. On a dénombré, selon les sources palestiniennes plus de 2150 victimes, et parmi elles un très grand nombre de civils. En se fiant sur la pyramide des âges, on peut penser que la moitié environ étaient des militaires, mais selon le Hamas, ils ne seraient que 20 % .

Après avoir pilonné les endroits stratégiques du Hamas, Israël a été contraint de lancer une opérations terrestre, qui lui a été coûteuse en hommes, soixante six soldats sont morts surtout dans les tunnels. La population israélienne a eu des sueurs froides à retardement devant le danger auquel elle a échappé, le Hamas avait construit tout un réseau de tunnels très denses, très bien construits, ils pouvaient conduire des dizaines de commandos simultanément loin à l’intérieur d’Israël pour mener des attaques contre des objectifs civils ou militaires.

La trêve est signée

Le 26 août 2014, le Hamas accepte enfin un cessez le feu illimité, le même qu’il avait refusé plusieurs fois auparavant, les gains sont maigres pour les deux belligérants. Israël s’engage à doubler la zone de pêche de Gaza, a augmenter le nombre de points de passage, à laisser passer le nécessaire (c’était déjà le cas avant la guerre), et le Hamas ne tirera plus sur son voisin, c’est promis !

On a envie de dire tout ça pour ça ! !

Cette trêve a été fêtée à Gaza où les leaders du Hamas, ne craignant plus d’être visés par l’aviation israélienne, ont repris leurs discours habituels triomphalistes. Ils annoncent de prochaines batailles décisives, et les israéliens, s’ils sont contents de voir la fin des hostilités sont très amères, Le Hamas a accepté la trêve car il croulait sous les bombes et la population n’en pouvait plus, mais rien n’annonce la paix, et si rien ne change, dans deux ou trois ans, il faudra recommencer. Des négociations doivent s’ouvrir dans le mois pour trouver les termes d’un accord plus prometteur, le Hamas souhaite faire libérer les prisonniers, la création d’un aéroport, l’ouverture de son port et Israël veut désarmer le territoire.

La suite s’annonce mal 

Mais les choses s’annoncent mal, au lieu de profiter de l’affaiblissement du Hamas pour se montrer généreux avec l’Autorité Palestinienne et séduire les palestiniens qui aspirent à la paix, Netanyahu s’accapare de nouvelles terres palestinienne «En représailles pour l’assassinat des trois jeunes»,  maigre prétexte pour un vol qualifié.

Les mauvaises langues disaient déjà dès le début des hostilités que Netanyahu ne chercherait pas à déstabiliser le Hamas, mais à l’affaiblir pour lui retirer l’envie de s’attaquer à Israël, en maintenant les palestiniens divisés, il pourrait brandir l’ extrémisme du Hamas, et pourrait mieux faire avaler sa politique rampante d’annexion des territoires de Judée Samarie.

Côté arabe ce n’est pas mieux, l’autorité palestinienne annonce marcher la main dans la main avec le Hamas, qui lui même affirme par la bouche de M Zahar dans un article publié par ISM et repris d’Al Manar :

« « Nous allons construire notre port et notre aéroport », a promis M. Zahar à la foule, alors que son mouvement a déjà revendiqué la « victoire » après cette guerre, la troisième en six ans à Gaza. L’une des exigences des négociateurs palestiniens était la réouverture de l’aéroport de Gaza et la possibilité de réutiliser le port maritime.
Ces points épineux « devront être discutés durant les négociations » prévues sous un mois, selon la proposition du médiateur égyptien. « Celui qui attaquera notre port, nous attaquerons son port et celui qui attaquera notre aéroport, nous attaquerons de nouveau son aéroport », a toutefois promis M. Zahar, faisant référence aux tirs de roquettes du Hamas sur l’aéroport de Tel-Aviv, qui ont provoqué des annulations de vols et une brève fermeture du terminal aéroportuaire durant le conflit.

Il a ensuite assuré que se poursuivrait à Gaza « l’armement et le développement des capacités de la résistance ». « L’avenir est à nous, pas à l’occupant » israélien, a encore lancé M. Zahar, promettant de « reconstruire toutes les maisons » détruites durant la guerre.

« Nous voulons renforcer notre union avec le Jihad islamique et tous les mouvements de la résistance pour libérer toute la Palestine », a encore ajouté M. Zahar, alors que pour la première fois pour ces négociations indirectes avec les Israéliens, les Palestiniens ont envoyé au Caire une délégation représentant le Hamas, le Jihad islamique et l’Organisation de libération de la Palestine (OLP) qui chapeaute l’Autorité palestinienne.

De son côté, le vice-président du Parlement, Ahmed Bahr, dirigeant du Hamas, a ajouté : « nous célébrons aujourd’hui la fête de la victoire sur l’occupant dans cette épopée légendaire (…) qui dure depuis plus de soixante ans ». »

60 ans, il est clair qu’il ne s’agit pas des territoires occupés en 1967, mais bien de toute la Palestine comme M Zahar le précise plus haut.

Devant les interrogations de l’opinion, qui se demande pourquoi Nethanyahu a signé avant l’effondrement du Hamas, il évoque d’une part les problèmes budgétaires : la guerre coûte cher et imposera des coupes budgétaires, et surtout l’évolution inquiétante des rapports de force en Syrie et en Irak.

Les armées islamistes ont atteint la frontière israélo-syrienne, les troupes du Président Assad sont en difficultés, et les démocrates syriens, ont de plus en plus de mal à exister militairement. Les mauvaises langues,  disaient bien avant la guerre que que Nethayahu préférerait maintenir un Hamas faible mais vivant, afin de compliquer la tâche de l’autorité Palestinienne, et de trouver des prétextes pour refuser la création d’un état palestinien. Mais ce sont de mauvaises langues, vous l’aviez bien compris.

Peut-être aussi, que l’opération s’est arrêtée, par ce qu’on a pas trouvé de leadership crédible à Gaza pour diriger le territoire; sans le Hamas, on risquerait d’avoir une situation à la Somalienne, une anarchie encore plus dangereuse.

L’exemple Irakien n’est pas très réjouissant non plus.