Lors d’un récent voyage en France, j’ai assisté à la convergence de plusieurs événements qui confirment la situation grave de l’antisémitisme en Europe. L’étau de ce que j’appelle l’antisémitisme eschatologique (concernant les temps de la fin) se resserre sur les Juifs. Cet étau a deux mâchoires : l’une est l’antisémitisme classique et l’autre le nouvel antisémitisme, aussi faussement appelé anti-israélisme ou antisionisme.

J’étais à Strasbourg, près de la frontière allemande, durant le week-end où les élections pour le Parlement européen ont eu lieu.Les résultats choquants ont montré que les partis d’extrême droite en Grèce, en Hongrie et en France ont encore progressé sur la scène politique.

Le Parlement européen est composé de 751 sièges répartis proportionnellement entre tous les pays participants, en fonction de leur population (la France dispose ainsi de 74 sièges). Notre pays compte environ 65 millions de personnes, dont seulement 40 % ont voté en mai.

Résultat, on a assisté à l’avancée du parti français d’extrême droite, le «Front National» (FN) de Marine Le Pen, recueillant 25 % des voix. La France enverra donc 23-25 ​​représentants du FN au Parlement Européen pour les cinq prochaines années.

Le parti d’extrême droite de Grèce a remporté trois sièges et le parti Jobbik de Hongrie a remporté quatre sièges. À l’heure actuelle, tous les partis d’extrême droite combinés auront 36 sièges au Parlement Européen. Ce n’est pas assez pour faire pencher la balance, mais c’est suffisant pour créer une voix de changement au sein de la communauté européenne. Cette voix ne sera évidemment pas en faveur de la communauté juive. Il s’agit là de la première mâchoire de l’étau.

Au cours de la même semaine, il y eu plusieurs meurtres au musée juif de Bruxelles (Belgique) : quatre personnes dont deux touristes israéliens et deux Belges ont été sauvagement assassinés. Alors que le gouvernent belge a pris un certain temps pour reconnaître que ces meurtres constituaient un acte antisémite, d’autres pays ont exprimé leur indignation. Benjamin Netanyahu l’a dit ainsi : « il y a ceux en Europe qui sont rapides à condamner toutes les constructions d’appartements à Jérusalem, mais qui ne se précipitent pas pour condamner, ou condamnent faiblement ceux qui assassinent les Juifs ici et là en Europe. »

Le président français François Hollande a également affirmé qu’il n’y avait aucun doute dans son esprit que l’attaque était antisémite. Beaucoup à travers l’Europe ont déjà établis des parallèles entre cet acte odieux et celui de Toulouse en 2012, connu sous le nom de « l’Affaire Merah ». Un suspect, nommé Medhi Nemmouche, a pourtant été appréhendé. Celui-ci a des liens djihadistes avec la Syrie et était en possession d’armes identiques à celle du meurtre de Bruxelles. Ce drame pourrait donc illustrer la deuxième mâchoire de l’étau de l’antisémitisme eschatologique.

D’autre part, quelques heures plus tard, ce même samedi 24 mai, une attaque s’est aussi produite devant une synagogue en banlieue parisienne, à Créteil. Deux hommes juifs portant la kippa ont été assaillis par deux hommes qui sont supposés être d’Afrique du Nord et sans doute musulmans. Les deux hommes juifs ont été brutalement attaqués par derrière, avant que les malfaiteurs ne prennent la fuite. Ce n’était pas la première ni la dernière fois qu’on attaque des Juifs français à la synagogue. Cet incident pourrait aussi représenter la deuxième mâchoire de l’étau.

Des actes antisémites se produisent presque tous les jours dans toute l’Europe, et continuent de croître non seulement en nombre mais aussi en intensité. L’étau de l’antisémitisme eschatologique continue à se resserrer sur la communauté juive, si bien que nous avons vu plus de juifs français faire leur Aliyah en Israël au cours du premier trimestre 2014 que sur l’ensemble de l’année 2013.

Mais que faire si l’Aliyah n’était pas la solution ?

Mon intention n’est pas de conseiller aux Juifs de ne pas faire leur l’Aliyah en Eretz Yisrael. Même si ce n’est pas pour tout le monde, Israël reste l’endroit le plus sûr pour les Juifs à travers la planète. Cependant, il y a un aspect de l’Aliyah qui me trouble un tant soit peu. La décision de quitter la France (ou tout autre pays) pour Israël peut être à double tranchant. D’une part, il peut être considéré comme très justifié de fuir un pays où, au mieux, on vous fait comprendre que vous êtes indésirable, et au pire, on cherche à vous persécuter ou vous tuer. Mais d’autre part, le fait de quitter le navire ou d’abandonner son pays peut aussi être une cause de réjouissance et de grande victoire du côté des ennemis d’Israël.

Ceci est tout à fait conforme avec la citation célèbre du pasteur allemand des années 40, Martin Niemöller, qui a dit :

D’abord ils sont venus pour les socialistes, et je n’ai rien dit,
Parce que je n’étais pas un socialiste.
Puis ils sont venus pour les syndicalistes, et je n’ai rien dit,
Parce que je n’étais pas syndicaliste.
Puis ils sont venus pour les Juifs, et je n’ai rien dit,
Parce que je n’étais pas un Juif.
Puis ils sont venus pour moi, et il n’y avait plus personne
pour parler pour moi.

L’antisémitisme eschatologique inclut le racisme islamiste, un genre de racisme qui ne s’arrêtera pas à la mort des Juifs. Nous savons pertinemment que les chrétiens sont aussi une cible, ainsi que tous ceux qui ne se soumettent pas à la charia. Bien que l’Aliyah puisse être pertinente pour certains, si le monde civilisé ne veut pas être oppressé par la croissance de l’islamisme, une certaine résistance est nécessaire.

Certains résisteront avec des actions, d’autres en passant des lois, alors que d’autres encore choisiront d’éduquer et de résister avec des mots (j’aspire à être un d’entre eux).

Pour que cette résistance réussisse, les gouvernements doivent démontrer une certaine chutzpah contre ceux qui veulent nous priver de nos libertés. Trop souvent, les mots ne sont pas suivis par des actions. De nombreux pays refusent même d’étiqueter les actes de violence contre les Juifs comme étant antisémites. Notre société moderne est en train de s’effondrer sous la pression de l’islamisme. Et dans de nombreux cas, nous réagissons déjà comme des dhimmis (sujets non-musulmans inférieurs sous la loi islamique).

Partir est peut-être une solution à court terme. Rester et combattre est certainement une option valable. Mais pour certains d’entre nous, rester et partager la Bonne Nouvelle de Yéchoua (afin de voir des vies changées pour l’éternité) est peut-être encore mieux. En définitive, c’est un choix personnel. Yéchoua a dit dans Jean 10:10 : « Moi, je suis venu afin que les hommes aient la vie, une vie abondante. » Alors que l’étau continue de se resserrer sur les communautés juives d’Europe, les Juifs doivent s’unir et être actifs pour aider à exposer les mensonges proférés au sujet d’Israël et du peuple juif. C’est quelque chose que nous pouvons faire dans nos propres communautés ainsi qu’avec tous ceux qui aiment et soutiennent Israël. Oui, ils existent encore !