Le couperet est tombé, par la menace de la France de reconnaître un Etat palestinien, Fabius vient de briser la glace, il a pris derechef a rebrousse-poil la diplomatie israélienne pour aborder le processus de paix entre Israéliens et Palestiniens, initiative vouée donc a l’échec d’emblée, elle n’est ni crédible, ni sérieuse.

Son projet n’a l’assentiment ni des USA, ni de Mme Merkel qui préconisent, pour ne citer qu’eux, des négociations directes entre les deux parties, Mme Merkel vient de se désolidariser de la France en recevant M. Netanyahu hier, mettant du même coup à mal l’entente franco-allemande, ce qui n’est pas bon signe, et peu courant.

Quand on sait que ce conflit est un des plus puissants vecteurs du ressentiment parmi la population arabo-musulmane de France, Hollande et Fabius pensent que c’est le moment de montrer que pour régler ce problème, la France doit plutôt défendre les exigences des Palestiniens, les voix de ces musulmans français seront décisives si la Gauche veut rester au pouvoir, le scrutin sera très serré en 2017.

A quelques jours de son départ Fabius s’est senti obligé de remettre sur le tapis cette initiative que je croyais enterrée tellement elle est tendancieuse et intempestive, peut-être a-t-il voulu rendre un ultime et habile service à celui qui l’a tant soutenu, voir piloté, je veux parler de M. Hollande…

Il a déposé hier un projet en trois parties, il est tellement incohérent et difficile à mettre en œuvre qu’à mon avis il ne sera jamais mis en application.

Fin 2014 il avait déjà lancé cette idée, il avait donné une échéance de deux ans pour arriver à une solution à deux états et que si aucun accord ne serait intervenu, la France aurait reconnu officiellement l’Etat palestinien, je vous laisse juge du procès d’intention fait aux Israéliens, rendus par anticipation, responsables d’un éventuel échec.

Quand Fabius fait allusion à une échéance de deux ans, il faut comprendre que celle-ci est fixée à fin 2016, soit quelques semaines avant le premier tour des élections présidentielles de 2017, ce faisant Fabius a rendu cet ultime service à Hollande qui lui offrait la Présidence du Conseil Constitutionnel, une des meilleures « situations » de la 5ème République.

Je ne vois pas d’autres raisons pour lesquelles Fabius s’est senti obligé de sortir de son chapeau au dernier moment de son mandat au Quai d’Orsay, cette initiative qu’il avait abandonnée dans un premier temps, alors que rien ne le laissait présager, surtout à trois jours de sa démission du gouvernement aux Affaires Étrangères.

Pour terminer je me demande bien pourquoi dans ces conditions et en ce moment très inopportun, M. Herzog, le chef de l’opposition en Israël, a rencontré les dirigeants français, MM Hollande et Valls, pour leur dire que la solution à deux états devait être mise en veilleuse, et préconiser une séparation entre les deux parties, M. Herzog se devait de rester solidaire des dirigeants de son pays dont il sait qu’ils sont tout à fait opposés à cette initiative.

Je m’entends, si M. Herzog et c’est tout à fait son rôle, préconise une autre voie pour arriver à une solution avec M. Abbas, qu’il se batte en Israël même pour faire triompher sa position, mais ce n’est pas sérieux de la part d’un Homme d’Etat qu’il entend devenir, d’aller la défendre à l’étranger, et surtout pas face aux dirigeants d’un pays qui prend le plus souvent des positions pour le règlement de ce conflit, opposées en tout point à celles que préconisent les Israéliens.

Je pense que l’opposition israélienne n’aurait pas dû faire les déclarations qu’elle a faites, en disant que la solution à deux états est obsolète pour le moment et qu’il fallait opter pour une séparation entre les deux peuples, elle a relancé les dirigeants français qui n’en attendaient pas tant, pour qu’ils accélèrent la mise en œuvre de leur projet.

Cela ne pouvait que causer du tort à la position officielle d’Israël, il eût été plus judicieux à l’instar de beaucoup de dirigeants juifs israéliens, français et américains, de faire savoir aux dirigeants français qu’il valait mieux, pour avancer vers une négociation, éviter, par leurs initiatives intempestives et tendancieuses, de faire miroiter aux Palestiniens qu’ils pourraient arriver à leurs fins, sans avoir à négocier avec les Israéliens.

Grâce à l’appui que leur fournit la diplomatie française, les Palestiniens resteront sourds à tous les appels des dirigeants Israéliens de reprendre des négociations directes, sans condition préalable, seule solution, comme tout le monde le sait, de reprendre les pourparlers de paix avec M. Netanyahu.

Les dirigeants du Parti Socialiste israélien, devraient savoir qu’il n’est pas bon d’étaler des divergences de vues qui peuvent avoir une utilité dans des débats internes en Israël, mais c’est néfaste et préjudiciable quand on prétend vouloir défendre son pays, surtout en terre étrangère, de plus à Paris, capitale d’où sont lancées les initiatives (aberrantes selon M. Netanyahu)  les plus éloignées des positions israéliennes.

Quel gâchis !!! Pourquoi les dirigeants de l’opposition en Israël laissent entendre que ceux qui dirigent Israël en ce moment ne seraient peut-être pas si honnêtes dans leur façon d’envisager l’avenir.

Je ne peux décidément que prier pour que s’installe à la tête de cette opposition, de véritables Hommes d’Etat, responsables, courageux, qui laisseraient enfin leur ego de côté !

Si cette opposition ne faisait pas preuve de responsabilité, je ne vois pour l’avenir, qu’une droitisation encore plus prononcée de la société israélienne, elle s’affirmera inexorablement, de scrutins en scrutins.