Dans quelques jours, les parlementaires français vont voter pour la reconnaissance de l’Etat de Palestine. Ça se fera le 28 novembre pour les députés, le 11 décembre pour les sénateurs.

Ce vote n’engage pas le gouvernement, mais d’ores et déjà Laurent Fabius a déclaré qu’Il y aura « à un moment – c’est une évidence – reconnaissance de l’Etat palestinien par la France». Il a ajouté « La question, c’est quand et comment ? Car il faut que cette reconnaissance soit utile aux efforts pour sortir de l’impasse et contribuer à un règlement définitif du conflit ».

Cette volonté de la France fait écho à celle de nombreux pays européens de s’imposer dans les relations israélo-arabes.

Que ce soit le 28 novembre, le 11 décembre ou d’ici quelques mois ou quelques années, la France finira par reconnaitre cet État sans frontières ni gouvernement uni. C’est hélas inéluctable et m’amène à quelques réflexions.

La France a, depuis 1967, adopté une politique pro-arabe malgré des relations plus ou moins amicales avec Israël : « Je t’aime moi non plus ».

Le temps béni où la France avait aidé Israël à se construire est de la préhistoire. Aucun des successeurs de Shimon Peres n’a plus jamais eu  de bureau à l’Elysée. La France ne s’alliera plus jamais à Israël dans une opération militaire comme la guerre de Suez en 1956.

La rupture est intervenue peu avant la guerre des 6 jours en juin 1967 avec l’embargo de De Gaulle sur les armes à destination d’Israël. En novembre 1967, le Général déclara sa fameuse tirade : « les Juifs, jusqu’alors dispersés, mais qui étaient restés ce qu’ils avaient été de tout temps, c’est-à-dire un peuple d’élite, sûr de lui-même et dominateur, n’en viennent, une fois rassemblés dans le site de leur ancienne grandeur, à changer en ambition ardente et conquérante les souhaits très émouvants qu’ils formaient depuis dix-neuf siècles »

Dès 1967, la real politik fit orienter la France vers les juteux marchés arabes. Tous les présidents et Premiers ministres ont gardé cette manne au coin de leur cerveau, d’autant plus que la France subit une grave crise économique.

Lionel Jospin, caillassé au Moyen-Orient pour avoir critiqué le Hezbollah, fut villipendé à son retour en France.

Le « meilleur ami d’Israël » Nicolas Sarkozy fut celui qui fit entrer la Palestine à l’ONU et à l’UNESCO.

En octobre 2011, à Paris, la France vota en faveur de l’entrée de la Palestine à l’UNESCO.

Le 29 novembre 2012, la France a voté pour l’admission de la Palestine à l’ONU en tant qu’État observateur non-membre.

Il s’agit là d’une continuité dans la politique de la France puisque l’idée d’une Palestine État observateur non-membre a été formulée pour la première fois par le précédent président de la République, M. Sarkozy. Il s’agissait aussi d’une promesse électorale du candidat Hollande à la présidence française.

Aujourd’hui, pourquoi la France voterait-elle à l’encontre de ses orientations officielles des dernières années ? Les pouvoirs de Droite ou de Gauche sont tous allés dans le même sens, au nom d’une avancée vers la Paix que les Palestiniens refusent de choisir.

Israël s’est engagé depuis des années dans le dialogue avec les Palestiniens.

Si ceux-ci avaient accepté de discuter en 1947, le Moyen-Orient aurait-il connu tant de guerres et de morts ?

L’OLP a été fondée en 1964, à une époque où Gaza était sous souveraineté Egyptienne, la Cisjordanie sous tutelle de la Jordanie. Et Jérusalem-Est était « libre » et jordanienne. Ce sont les mêmes territoires qu’aujourd’hui, le Fatah réclame. Israël a crée ce nationisme
Palestinien … en 1967.

La Charte de l’OLP, si mal lue, appelait déjà à jeter les Juifs à la mer, et à récupérer l’ensemble de la Palestine. Au passage, il aurait fallu ajouter les 3/4 de la Palestine mandataire, à savoir la Jordanie. Mais cela ne figure ni dans la Charte de l’OLP, ni dans celle du Hamas.

Rappellons-nous Arafat en 1974 avec son rameau d’olivier et son arme à la ceinture à la Tribune de l’ONU, promettant la Paix au Moyen-Orient. Sur son uniforme, il avait l’écusson du Fatah, avec la Palestine sur les cendres du territoire israélien.

Et d’ailleurs, quelle Paix ? Le Fatah est incapable d’organiser des festivités pour Arafat à Gaza car il ne se sent pas en sécurité avec le Hamas. Mais il pourrait garantir la sécurité d’Israël ?

La France associe les implantations aux colonies. Un transfert de responsabilité sur Israël dû aux remords de la Colonisation de l’Algérie et de l’Afrique ?  Les Juifs ne sont pas venus s’approprier des terres pour lesquelles ils n’ont aucune attache. Nos ancêtres les Gaulois ?

Les Juifs sont revenus sur les terres de nos ancêtres les Patriarches, les prêtres du Temple, les compilateurs du Talmud. Ils sont revenus fonder un état sur les lieux où le judaïsme est né, depuis 5000 ans.

Pour un pays qui a moins de 2000 ans d’histoire, c’est difficile à comprendre. Et d’autant plus qu’elle compte en son sein 10 % d’une population arabo-maghrébine qui constitue 10 % l’électorat d’aujourd’hui et de demain. Alors que les Juifs n’en font que 1%.

Cette future reconnaissance est l’échec de la France. Elle a toujours en elle le mythe de la France Coloniale, de l’Empire Français qui rayonne sur le Monde.

Cette reconnaissance démontre aussi la faiblesse des institutions Juives de France, démontant le mythe du vote Juif une fois de plus.

Le diner du CRIF est un oral mondain dans lequel les gouvernements de droite et de gauche se succèdent pour affirmer leur amour d’Israël et des Juifs. Sitôt quitté la salle, le pragmatisme revient. Qui se souvient encore de Sarkozy demandant aux Israéliens du courage pour rendre le Golan ?

Les politiciens ont surement des amitiés pour Israël, mais ils ont surtout en tête le maintien à leur poste. Et l’examen des noms sur les listes électorales, des populations administrées, sont plus fort que les sentiments affichés plus ou moins réels.

N’ajoutons pas cela la surenchère du « toujours plus Français » par rapport au Front National, car Marine le Pen est en première place aux sondages.

Le CRIF n’est pas l’AIPAC, le « lobby juif » Français est un mythe, par les structures légales du lobbying, par l’influence, par les réseaux, par le contexte.

Enfin, nous sommes forcés de conclure par l’influence israélienne dont la hasbara, longtemps négligée, est malheureusement inaudible.

Pendant des années, Israël ne faisait pas de hasbara (explication au sens littéral), il n’était pas nécessaire d’informer car 1/ Israël est dans son droit légitime, 2/ quoiqu’il dise, Israël a tort, 3/ ça coute cher de parler en Français, 4/ mieux vaut concentrer ses forces sur les USA, où siège l’ONU.

Cet été, Tsahal a pourtant déployé de réels efforts de communication sur les réseaux sociaux, et en Français ce qui est assez récent.

Hélas, que ces messages viennent de la diplomatie israélienne ou de l’armée, force est de constater que la communication reste judéo-juive.

Bref, bientôt, d’ici quelques semaines, quelques mois ou quelques années, la Palestine sera officiellement reconnue par la France. Dans quelles frontières ? Quel gouvernement ? Peu importe.

La reconnaissance de la Palestine sera un échec pour nous tous, car elle ne favorisera pas la Paix, mais au contraire, elle incitera à plus de violence.

Qui sera le leader Palestinien, capable d’imposer à son peuple d’arrêter la diffusion de la haine anti-juive dans les écoles, les médias ? de stopper les terroristes du Hamas et du Jihad Islamique ? de s’asseoir enfin à une table de négociation pour arriver sincèrement à une paix juste et durable ?

Ça serait là le succès de la reconnaissance de la Palestine ! I had a dream…